Nancy

Numérique

Abby rêve de grandeur avec son application d'aide à la gestion de microentreprises

Par Lucas Valdenaire, le 04 octobre 2021

Avec son application destinée à faciliter les tâches administratives et comptables de ses clients, la start-up nancéienne Abby ne cache pas ses grandes ambitions : viser les 3 000 utilisateurs avant la fin octobre et lever 2 millions d’euros dès l’an prochain.

La start-up Abby, lancée en avril 2021, a déjà levé 200 000 euros auprès de fonds d’investissement franco-américains. Elle en espère dix fois plus dès l’an prochain.
La start-up Abby, lancée en avril 2021, a déjà levé 200 000 euros auprès de fonds d’investissement franco-américains. Elle en espère dix fois plus dès l’an prochain. — Photo : Lucas Valdenaire

C’est une histoire de copains. L’aventure de quatre étudiants de l’école d’ingénieurs Cesi à Nancy. Tous cofondateurs en mars 2020 d’un cabinet d’ingénierie informatique intitulé Delia Solutions. "Notre métier était de développer des applications web et mobile pour nos clients, raconte le CEO de 25 ans Nicolas Lespinasse. En septembre 2020, nous étions déjà une douzaine." En janvier 2021, le cabinet est racheté mais les nouvelles orientations managériales rebutent les membres de l’équipe. "Nous avons tout arrêté pour reprendre les choses en main et le 15 avril 2021, nous avons lancé notre marque Abby."

En trois mois, le produit est créé. "Une application pour accompagner les autoentrepreneurs dans leurs démarches administratives, avance la responsable marketing Lou Sernaglia. Parmi les outils proposés : un échéancier rappelant les obligations de déclarations de cotisations, une aide à la gestion de la TVA, un mémo sur les aides financières disponibles ou encore des conseils pour changer de domiciliation. "Nous voulons révolutionner la façon dont on gère les entreprises en France, résume Nicolas Lespinasse. Environ 60 % de l’activité des cabinets, c’est de la saisie, de la notation de transactions et de la génération de bilans. Tout cela aurait dû être automatisé depuis plus de dix ans." Au risque de tuer le métier d’expert-comptable ? "Pas du tout, réplique le président. Nous voulons seulement leur simplifier la vie."

Viser une levée à 2 millions d’euros

Première étape : viser les microentrepreneurs. "L’État a créé un statut censé faciliter l’entreprenariat. Mais il ne dissipe pas les peurs fondamentales du risque. Quand on se lance, il faut rester concentré sur son métier, sa passion. En ce sens, l’administratif devrait être un détail. Or, ce n’est pas le cas. Abby est là pour ça." Mais comment générer du chiffre d’affaires avec une application gratuite ? "Nous n’avons pas de publicité et nous ne vendons pas de données personnelles, tient à préciser le dirigeant originaire de la Meuse. Mais nous testons des fonctionnalités payantes. Par exemple, nous pouvons proposer un dispositif de factures en ligne. Soit nous prenons une petite marge à chaque paiement, soit nous nous rémunérerons via un abonnement mensuel. Autre exemple, à plus long terme, nous serons en capacité de vendre des microcrédits." Et le succès semble au rendez-vous car, à ce jour, Abby compte plus de 2 500 abonnés. Au vu des dizaines de nouvelles inscriptions quotidiennes depuis la rentrée, l’objectif des 3 000 devrait être atteint sans encombre avant la fin octobre.

Un modèle et des utilisateurs qui intéressent déjà les investisseurs. Pour preuve, Abby vient de lever 200 000 euros auprès de fonds franco-américains. Une enveloppe supplémentaire de 350 000 euros est annoncée avant la fin de cette année. "Et je travaille sur une série A pour lever 2 millions dès l’an prochain", lâche Nicolas Lespinasse. Sans oublier d’éventuels business angels locaux qui pourraient bientôt mettre au pot. Abby compte entrer en relation avec les accélérateurs locaux comme Grand Nancy Innovation, chose qui n’était pas à l’ordre du jour dans les premiers mois de l’aventure : "Nous ne voulions pas perdre de temps. Nous savions ce que nous avions à faire. Mais aujourd’hui, nous avons besoin de mettre le pied dans l’écosystème local pour décrocher des investissements non dilutifs. Nous recherchons aussi des conseils et des retours d’expérience. Cette fois, cela devrait nous faire gagner du temps." Après trois recrutements effectués cet été, Abby compte désormais 14 salariés. Un développeur est également attendu pour novembre. "En décembre 2022, nous voulons être 50". Si le pari est réussi, un déménagement sera nécessaire. Mais toujours en plein cœur de Nancy.

La start-up Abby, lancée en avril 2021, a déjà levé 200 000 euros auprès de fonds d’investissement franco-américains. Elle en espère dix fois plus dès l’an prochain.
La start-up Abby, lancée en avril 2021, a déjà levé 200 000 euros auprès de fonds d’investissement franco-américains. Elle en espère dix fois plus dès l’an prochain. — Photo : Lucas Valdenaire

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