Pays de la Loire

Conjoncture

Interview Urssaf Pays de la Loire : "Nous faisons partie des régions qui ont un peu moins souffert de la crise"

Entretien avec Justine Bergère, directrice adjointe de l’Urssaf Pays de la Loire

Propos recueillis par Amandine Dubiez - 21 juillet 2021

Justine Bergère, directrice adjointe de l’Urssaf Pays de la Loire, fait un point d’étape sur les effets de la crise sanitaire sur la santé des entreprises régionales. L'Urssaf participera en septembre aux réunions des comités départementaux de sortie de crise afin d’aider les entreprises en difficulté à rebondir.

Justine Bergère, directrice régionale adjointe de l’Urssaf en Pays de la Loire.
Justine Bergère, directrice régionale adjointe de l’Urssaf en Pays de la Loire. — Photo : Urssaf

Quel est l’impact de la crise sanitaire sur la santé des entreprises des Pays de la Loire ?

Depuis le début de la crise sanitaire, nous avons déployé des mesures exceptionnelles comme le report de paiement et, dans le même temps, nous avons continué à garantir le financement de la protection sociale, jouant ainsi un rôle d’amortisseur social. Nous avons comptabilisé près de 2,9 milliards d’euros de reports de cotisations entre avril 2020 et avril 2021. Nous avons récolté 97,3 % des montants, contre 96,2 % au niveau national. L’impact économique n’est pas neutre mais nous faisons partie des régions qui ont un peu moins souffert. On constate par ailleurs que la crise n’a pas freiné les créations d’entreprises dans la région.

Comment s’annoncent les prochaines semaines ? Faut-il craindre des défaillances d’entreprises ?

Aujourd’hui, le plan de sortie de crise du gouvernement cible les entreprises qui peuvent rencontrer des difficultés. Au sein de l'Urssaf, nous sommes sur une reprise progressive du recouvrement. Sans surprise, les secteurs les plus fragiles sont ceux qui accueillent du public, comme les cafés-hôtels-restaurants. Pour chaque entreprise, on propose un échéancier de paiement renégociable. Elle a la possibilité de renégocier ce plan dans la limite de 36 mois.

Vous travaillez au niveau local avec d’autres services du gouvernement pour préparer la sortie de crise. Comment fonctionne ce groupe de travail ?

Nous échangions déjà ensemble depuis un moment, étant signataire de la charte régionale pour la prévention des entreprises en difficulté signée par 44 organismes privés et publics. Avec la crise, la relation s’est intensifiée pour prévenir les difficultés des entreprises. Nous partageons nos données dans un tableau de bord qui nous permet, grâce à l’intelligence artificielle, de détecter les signaux faibles et prévenir les difficultés. Nous testons le dispositif en Pays de la Loire depuis 2017. Il est désormais utilisé au niveau national. Au niveau local, nous allons commencer en septembre les réunions des comités départementaux de sortie de crise. Ces réunions sont présidées par le Préfet, qui réunit les représentants locaux des partenaires du plan d’action. Il assure un rôle de suivi du dispositif de soutien apporté aux entreprises en phase de reprise ou en situation de fragilité.

Cette crise vous a-t-elle fait évoluer en interne ?

L’Urssaf compte 714 collaborateurs en Pays de la Loire. Nous avons, depuis le début de la crise sanitaire, développé des offres en ligne pour cibler aux mieux les besoins et les attentes. Nous n’avions jamais fait de webinars auparavant. Nous en avons finalement organisé 320 pour 11 000 participants. Nous allons continuer, en espérant que l’on pourra aussi bientôt se voir en présentiel. Cette crise nous a rapprochés de nos publics.

Justine Bergère, directrice régionale adjointe de l’Urssaf en Pays de la Loire.
Justine Bergère, directrice régionale adjointe de l’Urssaf en Pays de la Loire. — Photo : Urssaf

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