Loire-Atlantique

Conjoncture

Une année 2020 sombre pour l'emploi sauf dans le numérique

Par Cyril Raineau, le 07 juin 2021

Baisse de l’emploi salarié privé, recrutements en berne, secteur de l’aéronautique en zone de turbulence : l’étude sur l’année 2020 de l’Agence d’Urbanisme de la Région Nantaise (Auran) pointe les conséquences de l’épidémie sur l’économie de la Loire-Atlantique.

Le secteur de l’aéronautique (ici le fuselage d’un A350 XWB, assemblé sur le site Airbus de Saint-Nazaire) a été particulièrement touché par la crise.
Le secteur de l’aéronautique (ici le fuselage d’un A350 XWB, assemblé sur le site Airbus de Saint-Nazaire) a été particulièrement touché par la crise. — Photo : Airbus

Quels ont été les effets de la crise pandémique doublée d’une crise économique pour le territoire de la Loire-Atlantique ? Le baromètre de l’Auran (Agence d’Urbanisme de la Région Nantaise) apporte un éclairage sur l’année 2020 marquée par deux confinements.

Les premiers enseignements tirés ont trait à l’emploi. 234 240 salariés (soit la moitié des effectifs) ont bénéficié du dispositif de chômage partiel en avril 2020, au plus fort de la crise. En décembre 2020, 42 600 étaient encore concernés. Plus globalement, au quatrième trimestre 2020, la Loire-Atlantique enregistrait un repli de 1,7 % du nombre d’emplois. Les bassins de Saint-Nazaire (-4,5 %) et d’Ancenis (-4 %) fortement industrialisés, étaient les plus affectés au nord de la Loire. Au sud de la Loire, Grand-lieu (-5,7 %) et Clisson (-2,7 %) connaissaient également les plus fortes pertes d’effectifs. Dans les autres territoires, l’emploi progressait, mais faiblement. Au quatrième trimestre toujours, la métropole nantaise comptabilisait 37 810 demandeurs d’emploi en catégorie A, soit une hausse de 11 % par rapport au dernier trimestre 2019.

Chute des recrutements

L’année 2020 a, sans surprise, été marquée par une chute des recrutements. Dans la métropole nantaise, celle-ci est vertigineuse : - 31 % sur un an (288 337 recrutements cumulés sur l’année). Le secteur des services a été fortement touché (-33 % sur Nantes Métropole) tout comme le BTP (-15,5 %). Selon une enquête menée fin 2020 par Pôle Emploi, une entreprise du département sur trois recrutera en 2021, soit 76 000 projets recensés. Une baisse de 7 % par rapport à 2020.

Les vols commerciaux et de tourisme en berne depuis l’aéroport

S’appuyant sur les données de la Banque de France, l’Auran rappelle que les chiffres d’affaires dans l’industrie ont diminué de 8,8 % en moyenne en 2020 en Pays de la Loire. Tous les secteurs ont été touchés mais le recul est plus important pour les industries du transport (-18 % de chiffres d’affaires) et plus particulièrement dans la construction aéronautique et spatiale (-27 %).

Dans le BTP, et toujours pour les Pays de la Loire, la production a reculé de 7,9 % en 2020. Selon l’Auran, "cette baisse résulte très directement du confinement au printemps avec l’arrêt de la plupart des chantiers. Au déconfinement de mai, les entreprises du BTP se sont mises en ordre de marche pour rattraper les retards, en modifiant parfois fortement les cadences habituelles durant la période estivale. L’activité a donc été très dense au deuxième trimestre 2020, en particulier sur les chantiers de particuliers."

Autre secteur durement touché par la crise, l’hôtellerie-café-restauration dont l’emploi s’est contracté de 9,2 % dans la métropole nantaise, soit une baisse de 1 180 emplois salariés privés en 2020. Selon le cabinet In Extenso et la CCI Nantes Saint-Nazaire, les taux d’occupation dans l’hôtellerie ont chuté de 49 % en 2020 dans la métropole nantaise, soit autant que le nombre de nuitées (-45 % selon les données de taxe de séjour de Nantes Métropole). L’Aéroport Nantes Atlantique a connu de son côté une division par trois de son activité, avec -68 % de passagers et -63 % de vols commerciaux par rapport à 2019.

Le numérique tire son épingle du jeu

Le secteur du numérique a su, lui, bénéficier des effets de la crise puisque son chiffre d’affaires progresse, en moyenne, de 5,8 % dans la région en 2020. "Il dispose d’une plus forte adaptabilité au contexte (télétravail, usages et outils de travail à distance déjà déployés) et a connu une demande accrue sur certains marchés (solutions, sécurité)", souligne l’Auran. Avant d’observer que les recrutements ont malgré tout baissé de 52 %. Explication : "L’année a été marquée par des processus d’embauches ralentis ou reportés, et surtout par l’interruption de la forte inflation sur les salaires qui s’était installée depuis quelques mois avec la chasse effrénée aux talents".

Enfin, un dernier chiffre qui, de prime abord, pourrait sembler paradoxal au regard du contexte de crise, le tribunal de commerce de Nantes a enregistré une chute de 42 % des procédures collectives comparativement à 2019. À ceci, deux explications : d’une part la juridiction n’a pas fonctionné une partie de l’année, d’autre part les aides de l’État ont permis à certaines entreprises en sursis d’être toujours en vie.

Le secteur de l’aéronautique (ici le fuselage d’un A350 XWB, assemblé sur le site Airbus de Saint-Nazaire) a été particulièrement touché par la crise.
Le secteur de l’aéronautique (ici le fuselage d’un A350 XWB, assemblé sur le site Airbus de Saint-Nazaire) a été particulièrement touché par la crise. — Photo : Airbus

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