Terrena : La coopérative affiche un appétit d'ogre

Par la rédaction, le 07 mai 2010

Avec plus de 11.000 salariés, 25.000 agriculteurs adhérents et 3,5 Md€ de CA, le groupe ancenien Terrena fait figure de poids lourd de l'économie régionale. Depuis quelques années, la coopérative agroalimentaire s'est engagée dans une course à la taille critique, en particulier sur les marchés de la viande bovine et de la volaille. Elle vient de nouer sur ce front un énième accord commercial avec son alter ego landais Maïsadour et s'apprête à reprendre quatre sites industriels du groupe Bigard. Et malgré un dernier exercice difficile, Terrena n'entend pas calmer un appétit d'ogre en matière d'acquisitions. Dossier réalisé par Simon Janvier
Le Journal des Entreprises, l'économie en régions — Photo : Le Journal des Entreprises

L'heure est aux grandes manoeuvres dans l'agroalimentaire. Et Terrena, fort de ses 11.264 salariés et de ses 3,5 Md€ de CA en 2009, entend bien prendre toute sa place dans le mouvement de concentration que connaît le secteur. Le groupe coopératif ancenien né en 2004 s'est d'abord appuyé sur de la croissance interne en investissant massivement dans son outil industriel. L'urgence est aujourd'hui à la croissance externe et aux alliances capitalistiques afin d'atteindre la taille critique requise pour être compétitif et figurer parmi les ténors du marché. En l'espace de deux ans, la coopérative, qui a gagné 500M€ de chiffre d'affaires depuis sa constitution en 2004, a ainsi mené l'offensive en reprenant notamment les activités volailles d'Unicopa, en s'alliant à Even et Coopagri Bretagne pour les produits laitiers ou en nouant le mois dernier une alliance avec les Landais de Maïsadour pour les volailles du Sud-Ouest. Après l'Ouest et le Sud-Ouest, Terrena s'apprête même à élargir son périmètre d'influence en reprenant quatre abattoirs du groupe Bigard dans le Nord et l'Est de la France.




Filières viande et volailles

Si la bataille fait rage pour prendre des parts de marché au niveau national, elle est plus particulièrement vive pour le pôle industriel de Terrena, dont les filiales Gastronome et Elivia sont numéro2 sur les marchés de la volaille et de la viande bovine. C'est d'ailleurs pour se concentrer sur ces deux activités stratégiques que Terrena a créé Laïta avec Even et Coopagri dans le domaine laitier. «En s'associant à des partenaires concentrés à 100% sur le lait, cela nous permet d'être focalisés sur la structuration des filières volailles et bovines», indique ainsi Christophe Couroussé, directeur de la communication du groupe. Et en matière d'alliances ou de rachats, Terrena semble en connaître un rayon à en croire ce journaliste spécialisé dans le secteur agroalimentaire. Souhaitant conserver l'anonymat, il estime que la coopérative d'Ancenis «a su très bien profiter de la déconfiture du groupe Bourgoin puis de celle d'Unicopa pour faire de Gastronome le challenger de LDC. En général, ses partenaires ne sont pas toujours gagnantsdans les alliances». Reste que l'enjeu aujourd'hui pour Terrena est aussi de concilier sa soif de croissance, en maintenant le service aux agriculteurs adhérents. Une équation pas toujours facile à résoudre.




Au service des adhérents

Pourtant, le président de la coopérative, Hubert Garaud, le martèle à l'envi, «nous sommes une société de personnes, pas une société de capitaux». Dans ce sens, Terrena a décidé de redistribuer sur 2009-2010 plus de 15M€ à des adhérents confrontés à de sérieuses difficultés. «L'objectif de Terrena est de vendre la production des adhérents. Je trouve qu'elle réussit assez bien à jongler entre son modèle coopératif et ses impératifs industriels grâce à une organisation par filières», explique Jean-Louis Ruatti, président du directoire d'Agro Invest, une filiale de la CDC spécialisée dans l'investissement dans le secteur agroalimentaire. Pour poursuivre sa course à la taille, Terrena peut compter sur un sacré trésor de guerre avec 515M€ de fonds propres et un faible niveau d'endettement. Une course à la croissance externe qui devrait se poursuivre sur le territoire national, en tout cas dans un premier temps. L'international? «Ce n'est pas un sujet tabou, on ne s'interdit rien. Mais la priorité est de consolider nos positions en France», assure Alain Guillemin, directeur général du groupe.

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