Loire-Atlantique

Nautisme

Temo lève 1,5 million d’euros pour élargir sa gamme de moteurs électriques

Par Thibault Dumas, le 20 mai 2022

L’entreprise nantaise Temo veut "électrifier et décarboner la plaisance".  Elle vise le doublement de son chiffre d'affaires en 2022 avec la conception d'un nouveau moteur électrique. Une levée de fonds d’1,5 million d'euros est en cours ainsi qu’un déploiement en Amérique du Nord.

Justine Perussel et Alexandre Seux ont cofondé l'entreprise Temo à Nantes en 2018.
Justine Perussel et Alexandre Seux ont cofondé l'entreprise Temo à Nantes en 2018. — Photo : Temo

Un moteur de bateau "ergonomique, qui ne nécessite ni nettoyage ni vidange, fabriqué en France et qui ne pollue pas à l’utilisation". Au moment de défendre son produit, on sent poindre l’expérience du marin chez Alexandre Seux, 35 ans, cofondateur de l’entreprise Temo, en 2018, à Nantes. Ambitieuse, la jeune entreprise de 15 salariés, qui veut "électrifier et décarboner la plaisance", prévoit de doubler son chiffre d'affaires (1,3 million d'euros aujourd'hui) pour atteindre 2 à 2,5 millions en 2022.

Une seconde levée de fonds

Le Temo 1000, moteur électrique pour bateau, prévu pour fin 2023.
Le Temo 1000, moteur électrique pour bateau, prévu pour fin 2023. - Photo : benjamin sellier

Temo vient de boucler une levée de fonds de 1,5 million d'euros (après 600 000 euros levés en 2020) auprès de business angels, du fonds d'investissement Octave, à Lorient (Morbihan), de professionnels du nautisme et de banques. Principalement pour financer le lancement du nouveau moteur de la gamme, développé pendant deux ans. Pré-vendu en ligne, le Temo-1000 sera distribué à partir de février 2023. "C'est un modèle plus puissant, plus autonome que notre premier produit, à destination des grandes annexes de six personnes et des voiliers jusqu'à 8 mètres, il s'adressera au marché de l'Amérique du Nord", décrit Alexandre Seux.

Inspiration venue d'Asie

Normand d’origine, l'entrepreneur a passé trois décennies sur des voiliers. Il y a dix ans, il effectue même avec un ami un tour du monde en Mini 6.50. "J’ai vu beaucoup de gens galérer avec leur moteur et j’ai aussi trouvé beaucoup d’inspiration technique, en Asie notamment", rembobine-t-il. D’où l’idée de créer en 2018 une gamme de moteurs électriques pour l’appoint de la navigation à voile, en s’associant avec Justine Perussel, 35 ans également, rencontrée en études.

Premier modèle primé et commercialisé, le Temo-450 (soit sa puissance en watts), une sorte de godille électrique de 1,2 mètre de long présentée sur le papier comme "le moteur hors-bord le plus léger du monde". Il affiche une heure d’autonomie et peut propulser une annexe (petit bateau qui permet d’aller d’un mouillage à la terre) avec deux ou trois passagers à son bord ou un voilier jusqu’à 500 kg.

Concurrence internationale

Quelque 2 500 unités ont déjà été produites par les quatre employés dédiés de son sous-traitant Sercel, fabricant électronique basé à Carquefou (Loire-Atlantique). Temo compte 94 revendeurs en France, principalement dans le Grand Ouest, et 72 à l’étranger, surtout au Royaume-Uni et en Espagne. Ses principaux concurrents sur le marché émergent de la propulsion électrique nautique sont internationaux : l’allemand Torqeedo ou le finlandais Oceanvolt, ainsi que le français Epropulsion. "La France est un champion mondial de la plaisance avec Beneteau [basée à Saint-Gilles-Croix-de-Vie, en Vendée, NDLR], Catana, Dufour, ou Fountaine-Pajot. Demain les bateaux, à voile du moins, seront tous électriques. Aux acteurs français de s'imposer sur ce marché", plaide Alexandre Seux.

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