La Roche-sur-Yon

Technologies

Témoignage Sepro : « L’impression 3D n’est pas adaptée à la production »

Par Adrien Borga, le 14 février 2018

Pour Jean-Michel Renaudeau, directeur général de Sepro, une entreprise qui conçoit et fabrique des robots pour les presses en plasturgie implantée à La Roche-sur-Yon, les technologies nouvelles ne trouvent pas toujours leur place. 

Photo : FLORENT GODARD / LE JOURNAL DES ENTREPRISES

« C’est peut-être paradoxal, mais dans une entreprise comme la nôtre, très tournée vers la technologie, nous utilisons peu l’impression 3D. Les robots que nous fabriquons sont un peu comme des bras. Nous nous servons de l’impression 3D pour élaborer la partie en contact avec les pièces déplacées par le robot. Elles constituent en quelque sorte les doigts ou les mains du robot. Nous avons recours à l’impression 3D pour réaliser les prototypes de ces pièces, pour tester rapidement une idée complexe ou lorsque nous avons des hésitations techniques. Quand nous sommes face à des solutions plus classiques, nous n’utilisons pas la technologie de l’impression 3D. Et nous l’utilisons jamais pour réaliser des pièces que nous adressons à nos clients. Notre usine aux Etats-Unis est équipée d’une imprimante 3D pour réaliser des prototypes de pièces métalliques depuis environ trois ans. En France, nous y avons recours depuis cette année en sous-traitance, mais nous n’avons pas programmé d’achat d’un tel outil dans le budget 2018. »

« L’ère de la fin des illusions sur cet outil »

« Aux Etats-Unis, il y a une habitude à tester les solutions par ce biais et ce sont souvent les clients qui en font la demande. C’est aussi une forme d’argument commercial. Quant à utiliser les imprimantes 3D pour la production, ce n’est pas à l’ordre du jour. Nos machines sont utilisées principalement dans l’industrie automobile qui est très exigeante, avec des chaînes de production qui tournent 24 heures sur 24. Les pièces montées finalement sur nos robots sont usinées pour que le niveau de qualité soit maximal. Je pense dès lors que l’impression 3D est un outil qui reste adapté aux besoins des bureaux d’études. Nous l’utilisons que ponctuellement. En production, ce n’est pas une technologie adaptée à nos besoins. Quand on me demande si cette technologie est mûre ou pas, je réponds qu’on est peut-être plutôt dans l’ère de la fin des illusions sur cet outil. Les technologies nouvelles ne remplacent pas toutes les technologies anciennes. »

Photo : FLORENT GODARD / LE JOURNAL DES ENTREPRISES

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