Vendée

BTP

Pourquoi LG Béton a recruté dans le Nord

Par Adrien Borga, le 26 septembre 2017

L'entreprise vendéenne LG Béton qui fabrique des éléments en béton pour le BTP peinait à recruter localement. Résultat, la direction générale estime avoir perdu plusieurs millions d'euros de chiffre d'affaires. Elle a fait appel à un cabinet de recrutement pour aller chercher des travailleurs dans le Nord. Les trois premiers salariés ont démarré leur contrat mi-septembre.

Le Journal des Entreprises
Le Journal des Entreprises — Photo : Le Journal des Entreprises

Alain Jouy, directeur général de l'entreprise LG Béton, basée à Sèvremont, dans le bocage vendéen ne décolère pas : « Depuis début septembre nous avons dû refuser près d'un million d'euros de commande faut de main d'œuvre suffisante. Et nous avons même dû annuler sensiblement la même somme sur des commandes déjà passée ! » L'entreprise qui fabrique des éléments préfabriqués en béton comme des balcons, escaliers, murs, notamment pour les majors du BTP (Vinci, Bouygues, Eiffage...) a connu une croissance de son activité de 50 % par rapport à 2016 entre juin et août 2017.

1 100 emails, un recrutement

LG Béton qui compte 177 salariés (dont 17 membres de l'encadrement) aurait besoin de 30 postes supplémentaires en production. L'entreprise a alors lancé une campagne de recrutement avec Pôle emploi. « Nous avons envoyé plus de 1 100 emails à de potentiels candidats locaux pour finir par ne recruter que trois personnes sur les six qui se sont présentées. Une seule est restée, déplore le directeur général de l'entreprise. Nous assurons pourtant la formation des salariés et ne demandons qu'une adhésion à la charte des valeurs de l'entreprise pour valider le recrutement ! »

Recruter les agents de production comme des cadres

Face à ces problèmes, « nous avons décidé de recruter nos agents de production comme nos cadres : en passant par notre cabinet habituel de recrutement. Nous sommes allés chercher de la main d'œuvre là où il y en a, dans une région plus touchée par le chômage que la Vendée.» Carole Hannard, du cabinet Agissez plus, s'est chargé du recrutement.

Après avoir mis une annonce sur un site internet, elle a sélectionné trente candidats « pour un projet de vie ». « L'annonce était très claire et pour ceux qui vivent en couple, nous nous chargions également de trouver du travail pour le conjoint. Après trois entretiens réalisés dans un intervalle de temps permettant la réflexion, Alain Jouy est venu valider les recrutements.» Bilan : trois personnes ont été embauchées en CDI. « Et ce n'est pas un coup. L'idée est de pérenniser ce mode de recrutement jusqu'à avoir nos trente postes nécessaires », annonce Laurent Guicheteau, président de LG Béton. 

Combien ça coûte ?

Coût de l'opération : 11 % du salaire brut annuel pour chaque personne recrutée. « Si un salarié quitte l'entreprise avant la fin de la période d'essai, nous nous engageons à en trouver un autre », indique Carole Hannard. Côté organisation, l'entreprise a mis en place un système de tutorat de salariés expérimentés et locaux pour accompagner ces nouveaux venus « pour des moments conviviaux en dehors du travail », précise le directeur général.

L'entreprise avait déjà investi 30 000 euros dans un centre de formation ce printemps où une cinquantaine de salariés sont déjà passés, sans compter l’utilisation de personnel expérimenté pour accompagner les stagiaires.

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