Pays de la Loire

Santé

Port obligatoire du masque : les interrogations des chefs d'entreprise des Pays de la Loire

Par Cyril Raineau, le 24 août 2020

Alors que la ministre du Travail a annoncé le port du masque obligatoire en entreprise au 1er septembre, les chefs d’entreprise des Pays de la Loire s’interrogent sur l’application de la mesure et d’éventuelles dérogations.

L'usine de Sulky Burel, spécialisée dans la fabrication de matériel agricole.
Le port du masque deviendra obligatoire au 1er septembre, sous réserve de dérogations connues au plus tard... la veille. — Photo : © Sulky Burel

La crise sanitaire persiste et le flou demeure sur le port du masque. Mardi 18 août, la ministre du Travail annonçait qu’il deviendra obligatoire à compter du 1er septembre dans tous les lieux clos et partagés des entreprises. Lundi 24 août, légère inflexion : Élisabeth Borne indiquait que des dérogations étaient à l’étude. Et que le nouveau protocole sanitaire sera mis en ligne le 31 août soit… la veille de l’application de la mesure. Ces tergiversations nourrissent les interrogations des acteurs économiques locaux.

« Le masque, une question de bon sens », selon la présidente du Medef 85

Sophie Georger-Ménereau, présidente du Medef 85 : « À partir du moment où le port du masque est une obligation, nous allons la respecter, mais il est dommage qu’on ne laisse pas davantage de latitudes aux entreprises et aux partenaires sociaux de juger du besoin du port de masque, lequel est assez contraignant. Je pense à titre d’illustration aux commerciaux : au téléphone, la conversation devient compliquée pour eux, le masque est gênant pour parler. On déresponsabilise, on infantilise, alors que le port du masque est une question de bon sens. Quant au télétravail, qui a été mis en place à partir de mi-mars en urgence, ce n’est pas la panacée, il faut garder un lien social, des moments d’échange au sein de l’entreprise. Que l’entreprise fournisse les masques, d’accord, je le conçois. Mais que le lavage des masques textiles lui revienne, non. Déjà, ce n’est pas notre métier. De plus, nous ignorons la fréquence d’utilisation du masque par le salarié, et n’ayant pas d’information sur cette utilisation, quelle est la garantie sanitaire ? ».

CPME Pays de la Loire : « Il y a un coût pour l’entreprise »

Olivier Morin, président régional de la CPME et vice-président de la CPME Vendée : « Protéger les salariés, c’est une mesure que nous accueillons avec beaucoup de bienveillance. Mais il faut être pragmatique et prendre en considération la configuration des entreprises et des postes de travail. Ce n’est par exemple pas la même chose de travailler en extérieur où les distanciations peuvent être respectées que dans un open space confiné. Il faut mettre du bon sens dans tout cela. Est-il par exemple nécessaire de porter un masque lorsqu’on est seul devant son PC ? Et derrière cette question, il y a un coût pour l’entreprise. Pour des petites PME, c’est parfois difficile à supporter financièrement, après l’arrêt ou le ralentissement de l’activité dû au Covid. Toutes ces remarques et recommandations, nous en avons fait part au gouvernement et espérons que d’ici le 1er septembre, elles soient prises en compte. »

Jean-Luc Cadio (CPME 44) : « Facultatif quand on est seul ! »

Jean-Luc Cadio, président de la CPME 44 : « Lorsqu’un salarié est seul dans un endroit isolé, le port du masque doit être facultatif ! Je rappelle qu’une personne qui travaille seule, c’est le cas pour beaucoup d’artisans ou de commerçants. En revanche, dès qu’elle côtoie un tiers, il est nécessaire de mettre le masque. »

« Une charge supplémentaire pour l’entreprise », observe le gérant d’Umea

Jérôme Marguet, gérant d’Umea à Mortagne-sur-Sèvre en Vendée (usinage et assemblage de pièces en aluminium, 49 salariés) : « Depuis le 1er avril, nous avons maintenu le port du masque. Dès qu’il y a plus d’une personne en présence, il est indispensable de le mettre. La mesure est bien acceptée. J’en discutais ce lundi 24 août avec le responsable de production et dans les faits pour nous, l’obligation à partir du 1er septembre ne change rien. En revanche, le masque est et restera une charge supplémentaire pour l’entreprise, il faut y penser. J’espère qu’il n’y aura pas de problème d’approvisionnement comme nous l’avons connu au début de la crise sanitaire. »

Arnaud Guillet, (A5sys) : « Des difficultés à trouver des consignes claires »

Arnaud Guillet, dirigeant d’A5sys, entreprise de services numériques de 85 salariés basée à Saint-Herblain : « Ce sujet du port du masque a fait justement l’objet de discussions ce lundi matin 24 août. Nous éprouvons des difficultés à trouver des consignes officielles claires. En moyenne, les salariés à A5sys disposent d’un espace de travail d’environ 5 m2 chacun (NDLR, les locaux d’A5sys s’étendent sur 1 200 m² ). Est-il alors nécessaire de porter un masque ou bien les distanciations sont-elles respectées ? Nous ne parvenons pas à trouver d’information à ce sujet. Entre mi-mars et mi-mai, nous étions à 100 % en télétravail. Aujourd’hui, il est possible d’être chez nous en télétravail jusqu’à trois jours par semaine. Faudra-t-il évoluer, sachant que la majorité des salariés souhaite être en entreprise pour maintenir du lien social ? »

L'usine de Sulky Burel, spécialisée dans la fabrication de matériel agricole.
Le port du masque deviendra obligatoire au 1er septembre, sous réserve de dérogations connues au plus tard... la veille. — Photo : © Sulky Burel

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