La Roche-sur-Yon

Santé

Patrick Biron (Equip’Santé Biron) : « Je reviens pour remettre l'entreprise sur les rails »

Par Jéromine Doux, le 24 février 2020

Parti à la retraite, Patrick Biron a été contraint de reprendre les rênes de sa société Equip’Santé Biron après les avoir confiées pendant deux ans à Philippe Chauvet. Ce dernier a démissionné cet été, à la suite d’investissements un peu trop ambitieux pour la société de prothèses et de chaussures orthopédiques.

Patrick Biron a repris les rênes de sa société Equip'Santé Biron après la démission de son directeur général.
Patrick Biron a repris les rênes de sa société Equip'Santé Biron après la démission de son directeur général. — Photo : Jéromine Doux - Le Journal des Entreprises

Philippe Chauvet, le directeur général que vous aviez nommé il y a deux ans pour vous succéder à la tête d’Equip’Santé Biron (120 salariés, 9 M€ de CA), a démissionné cet été. Vous avez été contraint de reprendre les rênes de votre société alors que vous étiez parti à la retraite. Comment se passe ce retour dans la vie active ?

Patrick Biron : C’est toujours un peu difficile, on s’habitue vite à l’oisiveté. Mais le retour se passe bien. Philippe Chauvet avait engagé des investissements un peu trop ambitieux. Il souhaitait changer le système informatique de l’entreprise et avait, pour cela, beaucoup investi dans la formation. Dans le même temps, une dizaine de salariés ont été embauchés pour remplacer les personnes formées. Le tout sans que le chiffre d’affaires n’augmente. Philippe Chauvet a donc démissionné car il s’est rendu compte que la société allait dans le mur. Aujourd’hui, on remet en place les anciens outils, on restructure la société, l’équilibre financier revient et on tente de redonner confiance à nos équipes.

Vous pensez nommer un nouveau directeur général ?

P. B. : Oui, il arrivera début 2020 mais il ne me remplacera pas. Nous travaillerons ensemble. Je vais rester président du conseil d’administration, comme c’était le cas auparavant, et l’entreprise restera familiale dans l’immédiat. J’ai quatre enfants, dont trois qui travaillent déjà au sein de la société. L’idée est de leur laisser deux ou trois ans pour regarder comment évoluent les marchés et savoir s’ils veulent reprendre ou non les rênes. Si ce n’est pas le cas, nous envisagerons une autre transmission.

Quelle est votre vision pour les années à venir ?

P. B. : Notre principal objectif est de remettre l’entreprise sur les rails. Mais le marché est plutôt porteur. Nos clients sont surtout des personnes âgées et nous sommes présents de La Rochelle à Saint-Nazaire, en passant par La Roche-sur-Yon et Les Sables d’Olonne, qui sont des territoires plutôt vieillissants.

Il y a deux ans, nous avons repris le fabricant de chaussures, Acerti (9 salariés) à la barre du tribunal de commerce. Avec cette société basée à Cholet, notre objectif est de proposer à nos clients une gamme plus proche de la mode et de rationaliser nos fabrications en mutualisant nos coûts. Nous avons également innové dans l’impression 3D. Grâce à cela, nous commençons à industrialiser nos process, en imprimant des formes et en créant des patrons déclinables en fonction des modèles. Cela nous fait gagner beaucoup de temps et d’argent mais nous permet aussi de proposer plus de choix. Cette acquisition est un peu un pied de nez à l’histoire car mon grand-père, artisan cordonnier, a créé la société en 1919. Puis la chaussure sur-mesure artisanale a vu son déclin avec le développement de l’industrie. Mais aujourd’hui, c’est l’industrie qui est mal en point face à la concurrence internationale. Et l’orthopédie vient à son secours.

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