Pays de la Loire

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L’Iran, le nouvel Eldorado pour les entreprises des Pays de la Loire ?

Par Amandine Dubiez, le 24 octobre 2016

Un an, à peine, après la levée de l’embargo sur l’Iran, une dizaine d’entreprises des Pays de la Loire a déjà fait le déplacement à Téhéran, accompagnée par la CCI de Nantes-Saint Nazaire. Un voyage « découverte » qui a permis aux PME de revenir avec deux contrats et de belles promesses dans leurs valises.

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Le Journal des Entreprises — Photo : Le Journal des Entreprises

Elles font de l’hydraulique industriel, des tribunes, des télécommandes nouvelle génération mais aussi du matériel médical et des adhésifs industriels. Près d’une dizaine d’entreprises de la région ont fait pour la première fois un aller-retour à Téhéran, en Iran, le 28 septembre dernier. Le voyage était organisé par la CCI de Nantes Saint Nazaire et financé en partie par le conseil régional. « Le déplacement avait été organisé à l’origine par la CCI de Dubai qui nous a demandé si cela nous intéressait de partir avec eux, explique Armelle Rebuffet, directrice du pôle international pour la CCI Pays de la Loire. Etonnamment, les places ont été réservées très rapidement. Plus étonnant encore, alors que l’on s’attendait à un voyage de découverte, on a été surpris de constater que des contrats avaient déjà été signés. C’est rare de revenir avec des opportunités aussi bien identifiées pour un premier voyage, » remarque la responsable du pôle International de la CCI Pays de la Loire.

Les Iraniens ont une bonne image des produits français

C’est le cas pour le groupe Exago. La PME nantaise spécialisée dans la construction et installation d’équipements hydrauliques est revenue avec un contrat signé et des opportunités. « Nous avons eu un bon contact avec des partenaires de Total en Iran, nous les recevons dans notre usine de Troyes la semaine prochaine », précise Thierry Vernay, export manager du groupe Exago. L’Iran est, pour le groupe déjà présent en Indonésie, Chili, Allemagne ou Brésil, une cible prioritaire. « Il y a énormément de choses à faire. Ils ont de l’argent, des gros besoins en terme d’éducation que nous pouvons leur apporter», note Thierry Vernay. L’avantage, selon l’export manager, c’est que les Iraniens ont une très bonne image des produits français : « ils ont déjà travaillé avec des Chinois mais ils ont fini par trouver que le matériel n’était pas si solide. Ils préfèrent acheter désormais des produits européens. Les produits français bénéficient d’une bonne image.»

Un pays encore vierge

Même enthousiasme chez le fabricant de tribunes modulaires Alcor Equipements. « On y revient avec notre PDG dans un mois », raconte Armel Kerjean, un des responsables du groupe. « C’est encore un pays vierge où il y a beaucoup de choses à faire. Pour nous c’est une belle opportunité. En étant les premiers sur ce marché on marque un bon point par rapport à nos concurrents », estime le responsable.

Projets d'aéroports, d'hôpitaux etc.

Les besoins en Iran sont énormes et très concrets. « Il y a des gros projets d’infrastructures, d’aéroports, d’hôpitaux, des projets d’assainissement de l’eau aussi », observe Armelle Rebuffet. Les Iraniens sont prêts à accueillir à bras ouverts des investisseurs étrangers qui voudraient s’implanter sur place.

Gare au boycott des produits américains

Seul bémol : les Iraniens boycottent toujours les produits américains. Les investisseurs doivent donc bien faire attention aux catalogues de produits qu’ils présentent. Deuxième problème de taille : seules deux banques françaises indépendantes travaillent avec l’Iran. Les autres refusent pour le moment, de crainte de sanctions de la part de leurs partenaires américains. Mais les Iraniens ont trouvé la parade : beaucoup facturent les commandes via des filiales qu’ils détiennent à l’étranger.

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