Vendée

BTP

L'innovation porte le constructeur de maisons Privat

Par Jéromine Doux, le 28 juin 2019

Fondé il y a 100 ans, le groupe immobilier vendéen Privat ne cesse d'innover pour tenter de se différencier dans un marché où la concurrence est rude. Un pari qui porte ses fruits, même s'il n'est pas toujours gagnant. 

Pascal Jeannes, président du groupe Privat, a fait de l'innovation sa priorité.
Pascal Jeannes, président du groupe Privat, a fait de l'innovation sa priorité. — Photo : Privat

En 2017, Maisons Privat était la première entreprise à décrocher le label E + C- pour une maison individuelle. Une distinction qui signifie que le bâtiment est à énergie positive et que son empreinte carbone est réduite. Lancé en novembre 2016, ce label devrait servir de socle à la future réglementation thermique pour les nouvelles constructions à l’horizon 2020. C’est en tout cas sur des expérimentations de ce genre sur lesquelles mise Maisons Privat pour continuer à se développer. Et cela semble fonctionner. Filiale du groupe Privat (90 salariés, 25 M€ de CA), qui détient également l'aménageur Terrimmo Atlantique et le promoteur Immobilier du Soleil, le constructeur de maisons de 80 salariés affiche une jolie croissance. De 10 M€ en 2016, son chiffre d'affaires est passé à 18,3 M€ en 2018. Et lorsque l’on demande à son président Pascal Jeannes le secret du groupe vendéen pour perdurer après 100 ans d’existence, la réponse est sans conteste : l’innovation. « Nous avons parfois l’image d’un secteur vieillissant. Ce n’est pas du tout le cas, les industriels développent sans cesse de nouveaux matériaux et de nouveaux produits. »

Pas toujours de retour sur investissement

La dernière invention en date : une maison biosourcée, en matière d’origine biologique, faite de bois et de ouate de cellulose. « La maison en bois s’adresse à une clientèle de niche. Mais nous voulons aussi répondre à ce type de demandes », confie le président qui commercialise des maisons de 100 000 à 500 000 € et s’adresse à tous types de clients. Un pari pas toujours gagnant, car ces innovations ne permettent pas forcément un retour sur investissement. Plus chères que des maisons classiques, elles sont parfois difficilement commercialisables. « Nous n’avons vendu que des parties de la maison E + C- », explique ainsi le président. Comme la VMC double flux qui permet de faire des économies de chauffage ou le puits canadien qui rafraîchit ou réchauffe l’air ventilé d’un bâtiment. « Les consommateurs sont encore un peu timides, poursuit Pascal Jeannes. Pourtant, il y aura de moins en moins d’énergie fossile, on y viendra par la force des choses. »

« Nous avons souffert des crises et des normes »

Maisons Privat continue donc d’innover. Notamment pour son image. Une stratégie mise en place pour survivre aux différents à-coups que peut subir le marché. « La concurrence est rude et le secteur a connu des périodes difficiles », précise le dirigeant. La crise de 2008 a durement frappé l’entreprise puis les normes parasismiques de 2010 ont pénalisé à nouveau le secteur. Aujourd’hui, l’entreprise a quasiment retrouvé son niveau d’avant crise : en 2007, elle employait dix salariés de plus. « Les mesures comme le prêt à taux zéro ou la loi Pinel nous ont profité en 2016. Puis 2017 et 2018 ont été de très belles années », confie le président qui espère désormais rester dans cette dynamique et construire entre 180 et 200 maisons chaque année.

Pascal Jeannes, président du groupe Privat, a fait de l'innovation sa priorité.
Pascal Jeannes, président du groupe Privat, a fait de l'innovation sa priorité. — Photo : Privat

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