Nantes

Réseaux économiques

Les start-up nantaises se mobilisent pour les exilés

Par Amandine Dubiez, le 22 mai 2018

De l'aide à la création de CV jusqu'à la prise en charge de stagiaires, la démarche Startups Nantes & Exilés lancée par les entrepreneurs Simon Robic et Adrien Poggetti recense toutes les actions que peuvent engager les entreprises nantaises qui veulent aider les exilés à s'intégrer.  

Photo : JDE

Et si les start-up nantaises aidaient les migrants à s’intégrer ? C’est ce que propose l’initiative Startups Nantes & Exilés lancée par l'entrepreneur nantais Simon Robic en collaboration avec Adrien Poggetti, directeur de La Cantine, le 16 mai.

« Nous avions des retours de la part de start-up qui avaient envie de s'engager pour aider les migrants mais qui ne savaient pas comment faire, nous avons donc créé un site pour les inciter », explique le collaborateur d'iAdvize très impliqué dans l'écosystème numérique nantais, qui n'oublie pas que les entreprises nantaises savent se montrer solidaires. Il y a 18 mois, après l'incendie qui avait ravagé les locaux de La Cantine, elles avaient été 250 à proposer immédiatement leur aide

Animer un atelier d'aide à la création de CV

La première action possible pour aider ces exilés, celle qui demande le moins de temps et d'engagement, consiste à consacrer 2h à 3h en soirée, pour animer un atelier de création de CV avec des migrants. 

« Avec Adrien Poggetti, nous avons organisé un premier atelier au sein de La Cantine qui a réuni 8 personnes. On a passé 1h30 à discuter de leurs parcours, et 30 minutes à créer le CV », raconte Simon Robic. Bien plus qu'une démarche administrative, la rencontre a permis de sortir de l'isolement et de créer du lien, première étape vers l'intégration.  

« Ces exilés tournent en rond, restent entre eux, ne connaissent pas Nantes. »

Aider ces centaines de personnes, souvent des mineurs africains fuyant leur pays en conflit, à s'intégrer, c'est l'objectif premier de l'initiative lancée par Simon Robic. « J'y ai pensé en mars dernier en voyant ces centaines d'exilés expulsés du Campus du Tertre. Je ne comprenais pas pourquoi on les expulsait d'un lieu pourtant inoccupé », se souvient-il. Depuis, les exilés ont retrouvé un hébergement provisoire. « Mais ils tournent en rond, restent entre eux, ne connaissent pas Nantes », constate l'entrepreneur. 

Donner des cours de français ou prendre des stagiaires

Après avoir échangé avec les associations d'aide aux migrants et notamment la Prépa solidaire des enfants nantais, la plateforme d'associations et de citoyens qui accompagne les enfants de moins de 18 ans en difficulté sur la région nantaise, il décide de créer un site dédié aux start-up qui veulent s'engager. 

Depuis, une collaboratrice d'iAdvize a proposé de donner des cours de français en juin à des exilés. C'est le deuxième type d'engagement possible : accorder une demi-journée ou une journée à l'un de ses salariés pour qu'il s'engage au sein d'association (dispositif "skills". Enfin, les start-up qui le souhaitent peuvent aussi s'engager à prendre en stage un ou deux exilés ("onboarding"). « Nous pouvons les aider pour les formalités », explique Simon Robic. 

Il incite aussi les entreprises qui auraient d'autres idées d'actions possibles à les partager sur le site web de Startups Nantes & Exilés (rubrique "Vos idées").

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