Loire-Atlantique

Industrie

Les simulateurs Alsim à la conquête du ciel américain

Par Didier San Martin, le 12 décembre 2018

Basée près de Nantes et concevant des simulateurs de vol, Alsim vient de remporter deux appels d’offres d’envergure en Chine et aux États-Unis où elle a ouvert une filiale au Texas. Elle compte, d’ici 2022, produire 50 machines par an contre 30 aujourd’hui.

Jean-Paul Monnin est au commande d'Alsim depuis 1994. En fonction des modèles, leurs simulateurs de vol sont vendus entre 150 et 600 000 euros.
Jean-Paul Monnin est aux commandes d'Alsim depuis 1994. En fonction des modèles, les simulateurs de vol sont vendus entre 150 et 600 000 euros. — Photo : Didier San Martin

Basée au Loroux-Bottereau, Alsim (50 salariés) conçoit depuis 1994 des simulateurs de vol comprenant cockpit et système visuel panoramique. Plus de 350 de ses machines sont utilisées, par des écoles de pilotage, dans une cinquantaine de pays. Et le programme de livraison des simulateurs suit une très jolie courbe : 28 en 2017, 32 en 2018, 52 prévus en 2019… Une progression qui résulte d’un changement total de stratégie…

« Nous avons livré nos toutes premières machines en 1997, raconte Jean-Paul Monnin, cogérant et cofondateur de la société avec Jérôme Binachon. Elles sont arrivées sur le marché alors que les nouvelles normes européennes validaient les heures passées en simulateur : sur les 200 heures de vol obligatoires pour devenir pilote on pouvait en passer désormais 50 en simulateur. Ce fut pour nous une opportunité formidable, nous avons beaucoup recruté, en 2000, nous étions 70 personnes ! ».

Turbulences

Et puis les twin towers se sont effondrées. Le marché aussi. « Former des pilotes n’était plus d’actualité, nous avons dû licencier 40 personnes, regrette Jean-Paul Monnin. En 2008, le secteur ayant repris des couleurs, notre effectif est remonté à 35 salariés… avant que la crise des subprimes nous fasse retomber à 25… ».

Alsim s’engage alors dans une vaste stratégie de diversification. À commencer par le rachat, en 2012, d’Airways Collège, l’école de pilotes d’Agen dont Jérôme Binachon devient le directeur. Deux ans plus tard, l’entreprise part à la conquête des États-Unis. « Dans l’aérien, ils représentent 50 % du business mondial, précise Jean-Paul Monnin. Par contre, la réglementation pour la formation des pilotes n’étant pas la même qu’en Europe, il nous a fallu inventer des simulateurs spécifiques ». Et pour asseoir leur développement, Alsim ouvre en 2017 une filiale au Texas employant trois personnes. Une stratégie qui s’avère payante puisqu’en mai 2018, l’entreprise remporte un appel d’offres et vend quatre machines à la prestigieuse Kent University. « C’est un excellent signal d’autant que nous avons gagné parce que notre technologie est plus avancée que la concurrence », se réjouit Jean-Paul Monnin.

Marché chinois

À l’autre bout du globe, c’est la Chine qui intéresse l’entreprise. « Le pays a besoin de 5 000 pilotes par an et n’en forme que la moitié, le potentiel de croissance est énorme, commente Jean-Paul Monnin qui emploie depuis deux ans une commerciale à Shanghai. En octobre 2018, nous avons remporté un appel d’offres pour cinq simulateurs auprès de la plus grosse école aéronautique chinoise ».

Enfin, autre stratégie, la société sortira fin 2019 un nouveau simulateur, plus complexe, spécialement adapté aux futurs pilotes de Boeing et d’Airbus. « Un projet d’1,5 M€ pour lequel nous sommes en négociation avec des fonds d’investissement, commente Jean-Paul Monnin. Et pour mieux structurer notre production, nous avons fait appel au dispositif Dinamic Entreprises de la CCI ». L’enjeu est de taille : Alsim compte recruter 20 personnes d’ici 2022, produire 50 machines par an contre 30 aujourd’hui et passer, en 5 ans, de 8,5 à 20 M€ de chiffre d’affaires.

Jean-Paul Monnin est au commande d'Alsim depuis 1994. En fonction des modèles, leurs simulateurs de vol sont vendus entre 150 et 600 000 euros.
Jean-Paul Monnin est aux commandes d'Alsim depuis 1994. En fonction des modèles, les simulateurs de vol sont vendus entre 150 et 600 000 euros. — Photo : Didier San Martin