Vendée

Management

Témoignage « Les patrons sont devenus plus revendicatifs que les syndicalistes »

Par Caroline Scribe, le 01 décembre 2017

Avec 20 ans de syndicalisme à son actif, Emmanuel Landreau, délégué syndical central CFDT au sein du groupe Beneteau en Vendée, témoigne de son expérience de la négociation annuelle obligatoire (NAO).

Emmanuel Landreau, délégué syndical CFDT au sein du groupe Jeanneau-Bénéteau.
Emmanuel Landreau, délégué syndical CFDT au sein du groupe Jeanneau-Bénéteau. — Photo : Caroline Scribe - Le Journal des Entreprises

« Ces dernières années, je constate une évolution dans les négociations. Avant, les syndicats étaient les plus revendicatifs, aujourd’hui ce sont les patrons. Ils demandent beaucoup de choses concernant le temps de travail, les mutuelles, l’harmonisation des règles entre les différentes sociétés du groupe… Pour nous, les points principaux portent sur les salaires et les problématiques de temps de travail. Les salaires constituent le point d’achoppement. C’est toujours compliqué. En période de crise, on comprend bien que ce n’est pas possible de les augmenter. Mais, quand ça va mieux, on nous répond qu’il faut rester compétitif. La plupart du temps, on obtient des contreparties : une participation plus forte, des primes… Mais c’est moins récurrent que les salaires. Au cours des négociations (une bonne douzaine de réunions), si les désaccords sont trop marqués, on envisage des mesures comme des débrayages… Les employeurs sont malins, ils mêlent des choses positives et négatives, ils font des « package ».

Maintenir la pression

En général, arrivés au bout du bout, nous signons car nous sommes assez représentatifs pour être majoritaires seuls et que nous voulons être un syndicat responsable. Mais on subit une sacrée pression, car il existe un grand fossé entre ce que demandent les salariés et ce que la direction est disposée à accorder. Par ailleurs, on est attendu au tournant par une certaine organisation syndicale qui s’oppose à tout et excite les salariés contre nous. Il faut donc être vigilant car un échec peut rester gravé dans le temps. Notre stratégie, c’est de communiquer tout au long des négociations pour donner une information régulière et maintenir la pression. Et ensuite de continuer à communiquer pour valoriser nos actions auprès des adhérents et des salariés. »

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