Nantes

Numérique

Les outils d'apprentissage de Mobidys mettent le cap à l'international

Par David Pouilloux, le 29 avril 2022

La start-up nantaise Mobidys développe des outils numériques pour améliorer l’apprentissage de la lecture des enfants dyslexiques. Elle prépare une levée de fonds de 3 à 5 millions d’euros et se déploie au Canada.

Jérôme Terrien et Marion Berthaut, cofondateurs de Mobidys.
Jérôme Terrien et Marion Berthaut, cofondateurs de Mobidys. — Photo : David Pouilloux

Au sein de l’IMT Atlantique, à Nantes, les bureaux de Mobidys sont organisés en trois espaces séparés. C’est un peu la métaphore du savoir-faire de cette société qui découpe les phrases en petits morceaux afin de faciliter l’acquisition de la lecture par les enfants dyslexiques. "Nous sommes en train de passer un cap important, rapporte Marion Berthaut, la directrice générale de cette start-up nantaise, tout juste de retour du Québec. Tous les voyants sont au vert pour notre développement à l’international, en commençant par le Canada."

En France, Mobidys est une entreprise reconnue d’utilité sociale, répondant à l’un des 17 objectifs de l’Onu fixé dans le cadre du développement durable : proposer une éducation équitable et inclusive. "Mais nous ne sommes pas une association, nous sommes une entreprise, et nous avons besoin de moyens importants pour innover, soutenir notre recherche et notre développement, précise la dirigeante. Nous sommes sur la brèche sur les travaux en intelligence artificielle et notre déploiement à l’étranger demande des investissements." Pour se financer, après avoir levé 2 millions d'euros en 2021, Mobidys prépare donc une levée de fonds pour 2023, qui se situera entre 3 et 5 millions d’euros.

Aujourd’hui, la start-up compte 16 salariés et fait travailler une vingtaine d’indépendants. Son chiffre d’affaires pour 2022 devrait se situer autour d’un million d’euros. Soit une croissance d’environ 30 % par rapport à 2021. Sept recrutements sont déjà en cours.

Bibliothèques numériques

Bibliothèque numérique de Mobidys pour les enfants dyslexiques.
Bibliothèque numérique de Mobidys pour les enfants dyslexiques. - Photo : David Pouilloux

Les spécialistes de l’éducation estiment que 5 à 8 % des élèves sont dyslexiques. Mobidys propose trois plateformes numériques, pour les primaires, les collèges et les lycées. Il s’agit pour l’essentiel de bibliothèques numériques accessibles en classe ou à la maison, à disposition de l’élève via son environnement numérique de travail (ENT). Par ailleurs, Mobidys propose des livres comparables mais imprimés.

Les bibliothèques numériques comportent plusieurs centaines de références, devenues accessibles grâce à un traitement du texte et un graphisme qui facilitent la lecture. Les clients de Mobidys sont les collectivités territoriales et les établissements scolaires qui souhaitent que les enfants aient accès à ces outils. "Nous venons de remporter un appel à projet de la Ville de Nantes, témoigne Marion Berthaut. Dix nouvelles classes de primaires vont avoir accès à nos livres." Dans le cadre du plan de relance, et du "socle numérique", l’État peut soutenir entre autres la diffusion de ce type d'outils ressources auprès des écoles.

Franchise technologique

Mobidys, plateforme numérique Sondido pour les élèves dyslexiques de primaires.
Mobidys, plateforme numérique Sondido pour les élèves dyslexiques de primaires. - Photo : David Pouilloux

Aujourd’hui, 120 000 élèves, en France, bénéficient de ces outils. "Nous serons rentables à partir de 250 000 élèves, assure la dirigeante. Dans notre pays, 12 millions d’élèves sont sur les tranches d’âge primaire, collège et lycée. Et 100 % des profs ont des élèves dyslexiques dans leur classe."

Pour le développement de Mobidys à l’international, Marion Berthaut parie sur un système de franchise technologique. Ce dernier verrait des partenaires affiliés (orthophonistes, éditeurs, chefs d’entreprise) qui paieraient la technologie mais seraient autonomes sur le plan entrepreneurial et commercial. "Il s’agit de répliquer notre modèle économique, d’exporter notre technologie qui sera exploitée localement, dit-elle. Notre déploiement au Canada nous permettra de valider cette formule à l’export."

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