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Les drones de Sterblue décollent grâce à l’accélérateur américain Y Combinator

Par Amandine Dubiez, le 23 mai 2019

Sterblue est l’une des seules start-up françaises passées en 2018 par Y Combinator, le prestigieux accélérateur de la Silicon Valley qui avait repéré Airbnb et Dropbox. Une expérience qui a permis à la jeune pousse nantaise, qui automatise les inspections par drone, de lever en moins de trois mois 2 millions de dollars.

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Nicolas Draber, directeur des opérations, Geoffrey Vancassel, directeur général, et Vincent Lecrubier, directeur technique de Sterblue. — Photo : Sterblue

Une partie des quinze salariés de l’équipe de Sterblue vient de déménager de l’IMT Atlantique pour rejoindre le centre-ville de Nantes. Geoffrey Vancassel, le PDG, est, lui, resté à San Fransisco avec un commercial américain. C’est lui qui est chargé de suivre le dernier gros contrat de Sterblue signé avec Pacific Gas and Electric Company, le fournisseur d'électricité de la Californie.

La première compagnie électrique des États-Unis a fait appel à la start-up nantaise Sterblue pour automatiser l’inspection par drone de ses installations électriques, à l’origine des incendies qui ont dévasté la Californie fin 2018. « Nous avons développé un logiciel qui permet de piloter un drone et un autre qui, grâce à l’intelligence artificielle, analyse les images prises des installations », explique Nicolas Draber, un des cofondateurs de Sterblue. La solution est déjà utilisée par Enedis et son homologue allemand Innogy. Elle permet d’automatiser les inspections de réseaux de plus de 10 000 km. L’idée des trois anciens ingénieurs d’Airbus s’est concrétisée à Nantes, où ils ont créé Sterblue en 2016.

Un ancien conseiller de Barack Obama investit

Aujourd’hui, l’avenir de Sterblue est dans la Silicon Valley. C’est là que la start-up a levé 2 millions de dollars fin 2018 auprès de fonds tels que The Westly Group, créé par Steve Westly, ancien conseiller de Barack Obama. Une levée de fonds qui s’est concrétisée après un pitch de deux minutes devant 700 investisseurs à l’issue de son passage par l’un des accélérateurs les plus prestigieux du monde, le Y Combinator, connu pour avoir fait émerger Airbnb, Dropbox ou Reddit. L’incubateur a investi 150 000 dollars dans ce projet. « Nous avons postulé trois fois avant d’être sélectionné. On savait que cela nous apporterait un bel effet levier. Aux États-Unis, pour entreprendre, il faut avoir fait Stanford, le MIT ou le Y Combinator », commente Nicolas Draber. Sterblue réalise 400 000 euros de chiffre d'affaires en 2018 et ambitionne d’atteindre le million en 2019 grâce aux contacts noués au sein de l'incubateur et aux nouvelles méthodes de travail apprises outre-Atlantique.

Des coachs ambitieux

Les trois fondateurs de Sterblue ont été coachés de manière intensive pendant trois mois. Ils étaient suivis par Michael Seibel, PDG de Y Combinator, mais aussi par le fondateur de Twitch et celui des montres connectés Pebble. Dès le premier rendez-vous, les coachs leur demandent d’augmenter leur chiffre d’affaires de 50 % tous les mois. « Ils voulaient par exemple que l’on commence les inspections sans demander d’autorisation et que l’on présente ensuite les résultats aux prospects pour les convaincre ». Autre défi lancé : « Si vous deviez être valorisé un milliard de dollars, quel serait votre produit ? », leur demandent-ils. La réponse : créer un Google Maps des infrastructures des clients sur lequel ils pourraient zoomer avec une résolution millimétrée pour suivre en temps réel l’état de leurs installations. C’est ce projet que Sterblue teste actuellement auprès de fournisseurs électriques et opérateurs d'éolienne en Allemagne, Portugal, Irlande et Arabie Saoudite. 

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Nicolas Draber, directeur des opérations, Geoffrey Vancassel, directeur général, et Vincent Lecrubier, directeur technique de Sterblue. — Photo : Sterblue

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