Vendée

Biens de consommation

Le spécialiste de l'escargot Royer avance à vitesse grand V grâce à ses cosmétiques

Par Cyril Raineau, le 08 décembre 2021

À la conquête de marchés à l’étranger tout comme de nouveaux distributeurs en France, Royer, basé aux Herbiers (Vendée), envisage de quasi doubler son chiffre d’affaires en 2022. Ses cosmétiques réalisés à partir de bave d’escargot bio sont devenus l’activité principale d’une PME familiale initialement tournée vers les produits de bouche.

Olivier et Sébastien Royer, à la tête de la PME vendéenne, ont repris l’entreprise fondée par leur père et diversifié l’activité avec des cosmétiques à base de bave d’escargot.
Olivier et Sébastien Royer, à la tête de la PME vendéenne, ont repris l’entreprise fondée par leur père et diversifié l’activité avec des cosmétiques à base de bave d’escargot. — Photo : Cyril Raineau

Une croissance qui pourrait atteindre un rythme d’enfer grâce à un animal symbolisant la lenteur. Chaque année, Royer élève aux Herbiers (Vendée) 15 tonnes d’escargots, faisant de cette PME 100 % familiale, "le premier producteur d’escargots bio en France", selon Sébastien Royer, qui, avec son frère Olivier, dirige et détient cette PME 100 % familiale.

La destination finale des gastéropodes, la casserole. Les produits de bouche de la Maison Royer (cassoulet, terrine, mini-bouchées…), vendus essentiellement à des restaurateurs mais aussi des particuliers, aboutissent à 460 000 euros de chiffre d’affaires en 2021. "Nos clients sont les étoilés et autres grands chefs des Pays de la Loire", précise Sébastien Royer. Ce marché, historique (l’entreprise a été créée par le père, Jean-Paul, qui a commencé en 1989 par des œufs d’escargot), a trouvé un rythme de croisière depuis des années qui satisfait les deux frères.

Le Canada et le Qatar en bonne voie

C’est une autre activité qui porte le développement de la PME. Et elle a pour base… la bave des gastéropodes. Royer Cosmétique, qui conçoit des soins, en partenariat avec le laboratoire Science et Nature (Deux-Sèvres) pour la R & D, terminera l’année 2021 sur un chiffre d’affaires de 2,2 millions d’euros. 2022 devrait voir la barre des 4 millions d’euros franchie. "Et l’objectif est d’atteindre 10 millions dans les 5 ans", annonce Sébastien Royer. La PME fonde ses ambitions sur le marché intérieur et l’export.

Elle a ainsi renforcé sa force commerciale en embauchant 8 collaborateurs cette année, doublant les effectifs de l’entreprise. Les produits sont distribués dans 800 points de vente en France (pharmacies, magasins bio, instituts de beauté et centres de thalasso), et "nous souhaiterions en disposer au minimum de 400 supplémentaires l’an prochain", fait savoir le dirigeant. Et alors que l’international ne représentait que 250 000 euros de chiffre d’affaires en 2019, avant le Covid et ses barrières à l’export, Royer Cosmétique porte plus haut que jamais ses espoirs à l’international. "Début 2022, nous devrions être distribués au Canada avec 400 points de vente à la clé. Nous avons également de bons espoirs avec le Qatar." L’entreprise est à ce point rentable "que jusqu’à ce jour, nous avons autofinancé tous nos développements".

Une machine inédite pour chatouiller les escargots

C’est en 2013 que les frères Royer ont souhaité diversifier l’activité et voir plus loin que le marché des restaurateurs. Avec l’appui scientifique d’un docteur en pharmacie, une crème pour le visage voit alors le jour. Aujourd’hui, Royer cosmétique affiche 16 références dont la particularité, pour se singulariser des concurrents qui se prévalent de la même base, est "que la bave utilisée est fraîche, c’est-à-dire que dès qu’elle est extraite, intégrée au produit, n’est pas retravaillée."

"Nous faisons tout ensemble", remarque Sébastien Royer (ici à gauche, aux côtés de son frère Olivier).
"Nous faisons tout ensemble", remarque Sébastien Royer (ici à gauche, aux côtés de son frère Olivier). - Photo : Cyril Raineau

Pour l’extraire des escargots, il a fallu faire preuve d’inventivité. L’un des méthodes est de les chatouiller manuellement. "Mais comme nous utilisons 4,2 tonnes de bave par an, nous avons calculé qu’il aurait fallu 2 500 jours pour parvenir à ce poids". Royer a par conséquent conçu, avec un ingénieur, une installation unique : un grand tapis composé d’alvéoles dans lesquels deux agents placent, sur le dos, les escargots. Au-dessus, une plaque avec des milliers de petits pinceaux qui ont pour fonction de les chatouiller, incitant les gastéropodes à relâcher leur liquide. 70 litres de baves sont ainsi extraits chaque jour de 20 000 escargots bio élevés en plein air en Vendée.

Olivier et Sébastien Royer, à la tête de la PME vendéenne, ont repris l’entreprise fondée par leur père et diversifié l’activité avec des cosmétiques à base de bave d’escargot.
Olivier et Sébastien Royer, à la tête de la PME vendéenne, ont repris l’entreprise fondée par leur père et diversifié l’activité avec des cosmétiques à base de bave d’escargot. — Photo : Cyril Raineau

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