Nantes

Biotech

Le nantais Attonuclei veut révolutionner les tests Covid grâce à la biochimie quantique

Par Caroline Scribe, le 01 décembre 2022

Attonuclei, centre de recherche nantais indépendant spécialisé dans les nanotechnologies, a mis au point une nouvelle génération de tests pour dépister le Covid-19, grâce à un réactif de biochimie quantique. Il cherche 7,5 millions d’euros pour l’industrialiser.

Le professeur Han Athalin a fondé Attonuclei, une des rares sociétés au monde produisant et fonctionnalisant des quantum dots.
Le professeur Han Athalin a fondé Attonuclei, une des rares sociétés au monde produisant et fonctionnalisant des quantum dots. — Photo : Attonuclei

Fondé par Han Athalin à Nantes, en 2010, Attonuclei (10 salariés, 4,5 M€ de CA en 2019) est l’une des rares sociétés au monde, capable de produire des "quantum dots" ou atomes artificiels et de les fonctionnaliser pour leur conférer de nouvelles propriétés en milieu industriel, notamment dans les domaines de la nanobiotechnologie, de la nanoélectronique et des nanomatériaux. Depuis deux ans, le centre de R & D nantais a investi 3,5 millions d’euros sur fonds propres pour développer une nouvelle génération de tests du Covid-19, fondés sur un réactif de biochimie quantique (RBQ). "Nous avons lancé ce projet de recherche le jour même de l’annonce du confinement par le président Macron, en nous appuyant sur notre maîtrise de la technologie de biochimie quantique. Le RBQ est un nouveau complexe 100 % synthétique qui ne fait pas appel à l’exploitation animale", explique le professeur Han Athalin, titulaire d’une habilitation en physique quantique. Présentés comme rapides et adaptés au dépistage de masse, ces réactifs se veulent aussi fiables que les tests PCR. Outre la biomolécule quantique, Attonuclei a développé la "cassette" contenant le test, pour proposer une solution complète et intégrée.

Souveraineté nationale

Le projet s’inscrit dans une perspective de reconquête de la souveraineté nationale. "98 % des tests utilisés en Europe utilisent des matières premières provenant de Chine. Si, demain, un problème géopolitique venait couper cet approvisionnement, il n’y aurait plus de dépistage possible. C’est pourquoi, nous avons investi 3,5 millions d’euros, sans aucune aide publique, pour rendre à la France et à l’Europe leur souveraineté dans ce domaine", insiste Han Athalin. Après avoir déposé deux brevets, Attonuclei prépare actuellement la phase d’industrialisation de sa molécule innovante.

Industrialisation

L’entreprise souhaite, en effet, aménager un nouveau site de production à Nantes et créer une dizaine d’emplois scientifiques pour développer son projet. "Nous pouvons positionner notre matière première en numéro un mondial grâce à son exploitabilité et produire rapidement un chiffre d’affaires de plus de 30 millions d’euros", avance le professeur. La condition préalable à cette industrialisation est d’obtenir les financements nécessaires. Dans cette perspective, la société nantaise a sollicité le programme France 2030 à hauteur de 7,5 millions d’euros. "Les technologies que nous avons développées sont validées scientifiquement. Nous espérons ardemment une réponse positive à notre demande. J’ai acquis la nationalité française par le mérite, Attonuclei est classée PPST (protection du potentiel technique et scientifique de la nation) et je souhaite rester en France. Mais, clairement, si je n’obtiens pas ces financements, je quitterai le pays. Nous avons été classés en 2020 dans le top 10 des entreprises européennes de matériaux avancés par la revue américaine Manufacturing Technology Insights. Cela nous a donné de la visibilité et les sollicitations ne manquent pas", avertit Han Athalin, qui envisage d’utiliser une molécule issue de la biochimie quantique pour créer ultérieurement le principe actif d’un médicament contre le Covid19.

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