Vendée

Industrie

Le leader de la couronne éolienne Defontaine vise les parcs offshores européen

Par Jéromine Doux, le 24 février 2020

Le groupe vendéen Defontaine est le leader de la couronne d’orientation. Il équipe une éolienne sur quatre. Et pour continuer à se développer, le groupe qui réalise 250 millions d’euros de chiffre d’affaires espère se positionner sur les différents parcs éoliens offshore, en Europe.

Eric Jacquemont est le directeur général du groupe Defontaine, basé à La Bruffière, en Vendée.
Eric Jacquemont est le directeur général du groupe Defontaine, basé à La Bruffière, en Vendée. — Photo : Jéromine Doux - JDE

Robotique, automobile, aéronautique, industrie forestière… Le groupe Defontaine évolue dans de nombreux domaines. Mais c’est dans l’éolien qu’il se démarque. Le groupe vendéen de 70 ans est le leader de la couronne d’orientation pour éoliennes. Il s’est positionné sur ce marché dès ses prémices. « Cela fait trente ans que nous y sommes, précise Eric Jacquemont, directeur général du groupe basé à La Bruffière en Vendée, qui emploie 1 500 salariés et réalise 250 millions d’euros de chiffre d’affaires. Aujourd’hui, une éolienne sur quatre est équipée de notre roulement technique de la marque Rollix, qui permet d’orienter la pâle ainsi que la tour. »

30 millions d’euros investis pour se positionner sur les parcs offshore

Désormais, le groupe cible en priorité les parcs en mer. « Il s’agit d’un de nos principaux axes de développement », poursuit le directeur général qui a investi 30 millions d’euros en recherche et développement ainsi que dans son outil de production. « Nous avons agrandi nos bâtiments entre 2017 et 2019 pour augmenter nos capacités de production et ainsi nous positionner sur les différents marchés offshore européens », éclaire Eric Jacquemont, qui cible notamment l’axe Atlantique, avec, en ligne de mire, les parcs de Saint-Nazaire et des Îles d’Yeu et Noirmoutier. Defontaine devrait d’ailleurs équiper 21 éoliennes du parc de Loire-Atlantique.

Aucun parc en France

Mais les difficultés techniques et les retards des parcs français, dus notamment aux recours juridiques, freinent le développement de la société. « Notre site de la Bruffière, en Vendée, a connu un ralentissement cette année. Son chiffre d’affaires est passé de 165 à 150 millions d’euros », confie le dirigeant, pour qui les effets de prix participent de l’instabilité de la filière. « Un de nos ateliers était à l’arrêt au mois de décembre, car les acteurs avaient imaginé que tout serait fabriqué en Chine. » Finalement, la France semble compétitive. Pour autant, elle ne compte toujours aucun parc éolien offshore. Les recours successifs ont bloqué l’avancée de ces projets, qui se sont pourtant multipliés ces dernières années. Six parcs ont été validés par le président de la République en 2018. Ils se situent à Courseulles-sur-Mer dans le Calvados, Saint-Nazaire en Loire-Atlantique, Fécamp et Le Tréport en Seine-Maritime, Saint-Brieuc dans les Côtes-d’Armor et à mi-chemin entre les îles d’Yeu et Noirmoutier en Vendée. Le parc de Saint-Nazaire devrait d’ailleurs être le premier à sortir de l’eau, en 2022. 

Éric Jacquemont et Christelle Morançais, présidente de la Région Pays de la Loire, au sein de l'usine Defontaine de La Bruffière (Vendée).
Éric Jacquemont et Christelle Morançais, présidente de la Région Pays de la Loire, au sein de l'usine Defontaine de La Bruffière (Vendée). - Photo : Jéromine Doux - Le Journal des Entreprises

Dans le reste de l’Europe, pourtant, les parcs éoliens investissent déjà largement les mers et océans. Avec 2 000 éoliennes, le Royaume-Uni est le pays qui compte le plus d’installations en Europe. La Suède, le Danemark, la Belgique, l’Allemagne et les Pays-Bas se situent juste derrière. Sur le continent, le groupe Defontaine travaille d’ailleurs principalement en Angleterre.

La croissance portée par l’éolien en Chine

Mais au niveau mondial, c’est la Chine qui porte la croissance du groupe. « Une éolienne sur deux est construite et installée en Chine », assure le dirigeant du groupe qui dispose d’une usine dans l’empire du milieu et profite également de la bonne dynamique de l’aéronautique. « Nous venons de décrocher un marché à 12 millions d’euros avec MTU Aero Engines, qui fabrique des composants de propulsion aéronautique », se satisfait Eric Jacquemont. Grâce à cela, le groupe Defontaine enregistre quand même une forte croissance. De 235 millions d’euros en 2018, son chiffre d’affaires est passé à 250 millions d’euros en 2019. « Le fait d’être sur différents secteurs nous permet d’être un peu moins sensibles aux évolutions conjoncturelles de chacun des marchés », précise le dirigeant du groupe qui dispose également d’une usine en Tunisie pour l’automobile et d’une quatrième en Espagne.

Et comme le marché de l’automobile, celui de l’éolien est mondialisé. Le groupe a donc dû rapidement s’internationaliser pour percer. « C’est indispensable », insiste Eric Jacquemont, qui réalise aujourd’hui 70 % de son chiffre d’affaires à l’export. « Nous sommes très opportunistes, nous regardons tous les marchés et essayons de voir comment nous pouvons y aller. Notre capacité d’adaptation et d’agilité est notre principal atout », assure-t-il. Grâce à l’export, Defontaine est capable de vendre ses couronnes aux leaders mondiaux de l’éolien que sont General Electric, Siemens Gamesa et Goldwind en Chine. « Au total, nous adressons 1 500 clients dans 63 pays », se satisfait le dirigeant.

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