Industrie

Le groupe nantais Madic investit dans une nouvelle usine à Bordeaux et dans la station-service du futur 

Par Caroline Scribe, le 01 avril 2021

Le groupe familial nantais Madic est lauréat du plan de relance pour son projet de développement de la station-service du futur, connectée et multi-énergies. En 2021, l’entreprise investit 20 millions d’euros dans une nouvelle usine en Gironde et 10 millions d’euros dans la R & D.

Le groupe Madic conçoit et fabrique des équipements multi-énergies et multipaiements pour les stations-service.
Le groupe Madic conçoit et fabrique des équipements multi-énergies et multipaiements pour les stations-service. — Photo : Madic

Concevoir et développer la station-service connectée du futur, tel est le projet qui a valu au groupe nantais Madic (220 millions d’euros de chiffre d’affaires, 1 300 salariés) d’être lauréat du plan de relance du gouvernement. Il illustre la trajectoire de l’entreprise créée en 1971 par Christian Blossier et un associé. À partir de son métier historique, la conception de stations-service, Madic s’est développé autour de trois axes stratégiques : les énergies automobiles et les stations de lavage, les paiements numériques sans surveillance pour des sites isolés (par ings, stations-service…) et l’optimisation du parcours client (conseils marketing, technologies numériques, datamarketing…). "Nous maximisons l’efficience des points de vente en concevant l’accompagnement du client tout au long de son parcours, dans les stations-service et les lieux dédiés à l’automobile, mais également dans les banques, les assurances, les centres commerciaux…", détaille Christian Blossier, président du groupe. Madic gère ainsi les 4 000 concessions automobiles du groupe PSA dans le monde et indique avoir été contacté par Toyota. Le groupe nantais a pris pied dans le monde bancaire en rachetant, en 2011, la société bordelaise Mirane, spécialisée dans la communication par digital media ou l'installation et la gestion d'écrans sur site et fournisseur historique des réseaux bancaires. "Nous avions envisagé de créer nous-même cette activité de toute pièce mais, devant la complexité, nous avons opté pour le rachat de Mirane ", note Christian Blossier. Depuis, Madic en a engrangé une quinzaine de réseaux bancaires dans son portefeuille clients.

Christian Blossier, cofondateur et président du groupe nantais Madic.
Christian Blossier, cofondateur et président du groupe nantais Madic. - Photo : Madic

Quinze opérations de croissance externe

Après avoir grandi pendant vingt ans par croissance organique, l’entreprise, à l’image de ce qu’elle a fait pour s’implanter dans le monde bancaire, a procédé à une quinzaine d’opérations de croissance externe depuis les années 1990, en rachetant, soit des entreprises en difficulté, soit des entreprises de trop petite taille pour pouvoir prétendre à des marchés importants. "Chaque croissance externe que nous faisons répond à un triple objectif : améliorer notre couverture géographique, compléter nos technologies ou nous donner accès à de nouveaux marchés. Chaque entreprise rachetée possède une expertise pointue, complémentaire de celle des autres. Chacune d’entre elles apporte une pierre importante à l’édifice commun", décrypte Christian Blossier. Cet édifice prend aujourd’hui la forme d’une holding qui chapeaute 18 filiales, organisées autour de trois branches d’activité : l’industrie, les services et le digital. Le groupe est détenu à 100 % par la famille Blossier. Il emploie 1 300 salariés (dont 150 à Nantes) répartis dans 36 sites, en France mais aussi à l’étranger. Madic est, en effet, implanté en Belgique, au Royaume-Uni, en Italie, en Espagne, en Algérie et au Mexique. Le groupe réalise un chiffre d’affaires de 220 millions d’euros, dont 25 % à l’export.

Station-service connectée

Toutes ces briques de savoir-faire, accumulées au fil des années, sont mises en œuvre dans le projet de "station-service du futur". Celle-ci sera multi-énergies et délivrera, outre les carburants classiques, de l’électricité, de l’hydrogène et des bio carburants. Multi-paiements, elle permettra de payer en espèces, par carte bancaire, sans contact et, demain, par paiement biométrique. Elle sera, enfin connectée, grâce à des équipements communicants. "Les stations-service vont se robotiser. Leur exploitation sera plus agile. Les objets connectés permettront aux exploitants d’être plus réactifs pour faire face, par exemple, à des pannes techniques ou des pollutions. Grâce à la maintenance prédictive, les matériels seront 100 % disponibles en permanence, dégageant une meilleure rentabilité ", décrypte Christian Blossier. 

Une nouvelle usine 4.0

Le développement de ce nouveau type de station-service s’accompagne d’investissements massifs. Madic va injecter 20 millions d’euros dans la construction d’un nouvel outil de production 4.0 de 18 000 m² à Saint-André-de-Cubzac, près de Bordeaux, où le groupe dispose déjà d’un site de 8 000 m². 50 à 100 personnes seront recrutées pour faire fonctionner la nouvelle usine qui commencera, fin 2021, à produire des distributeurs de carburants classiques, des bornes de recharge électriques, des distributeurs d’hydrogène, ainsi que des automates de paiement nouvelle génération (biométriques et par téléphone). "Tous ces produits sont concentrés dans ce que l’on appelle des nano-stations. Ces blocs, fabriqués en usine et intégrant l’ensemble des technologies que nous développons, pourront être implantés sur des sites en plug and play, avec à la clé un gain de temps sur l’installation", décrit le dirigeant qui se félicite de cocher toutes les cases du plan de relance : relocalisation industrielle, décarbonation des énergies et création d’emplois. Madic bénéficiera, à ce titre, d'une aide de l'Etat de 800 000 euros pour construire son usine. Une subvention d'environ 1,5 million d'euros, proportionnelle et subordonnée au montant investi en recherche et développement, complètera cette enveloppe.

10 millions d’euros en R & D

En effet, 10 millions d’euros seront également affectés en R&D sur le site de Nantes, en 2021. En adéquation avec ses axes de développement stratégiques, Madic travaille sur les nouvelles énergies automobiles, les moyens de paiement dématérialisés, la station de lavage de demain, comprenant notamment des solutions pour traiter et recycler l’eau de lavage, et, enfin les objets connectés.

Pour renforcer son portefeuille de technologies dans ce domaine, Madic a fait l’acquisition, début 2021, de la société belge Micrelec (50 salariés, 5 millions d’euros de chiffre d’affaires), spécialisée dans l’intégration, l’installation et la maintenance de solutions d’automatisation pour stations-service et magasins. "Micrelec fabrique des concentrateurs de données numériques qui permettent d’accéder immédiatement et à distance aux informations et d’interagir. Micrelec nous apporte la brique de concentration d’objets connectés qui nous manquait", précise Christian Blossier.

Acteur international

Madic, tout en opérant sur un marché de niche, entend ainsi s’imposer comme un acteur international majeur sur les segments des énergies alternatives, des automates de paiement sans présence et la collecte de données pour développer le potentiel commercial des stations-service et autres points de vente. "Toutes nos croissances externes ont été couronnées de succès, car nous avons intégré l’ensemble de ces opérations dans notre stratégie de développement durable, elle-même articulée autour de nos trois valeurs clés : le respect de l’humain, de l’entreprise et de la planète", se félicite le président de Madic, qui n’envisage toutefois pas, dans l’immédiat, de nouvelles acquisitions, mais plutôt une phase de consolidation de deux à trois ans.

Le groupe Madic conçoit et fabrique des équipements multi-énergies et multipaiements pour les stations-service.
Le groupe Madic conçoit et fabrique des équipements multi-énergies et multipaiements pour les stations-service. — Photo : Madic

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