Nantes

Environnement

Le concepteur de purificateur d’eau Fonto de Vivo se tourne vers les particuliers

Par Cyril Raineau, le 14 novembre 2022

Comment rendre l’eau accessible à tous en totale autonomie ? La TPE nantaise Fonto de Vivo répond à cette question grâce à un purificateur qui a fait ses preuves dans 25 pays. Alors qu’elle ne s’adressait jusqu’à présent qu’aux ONG, elle s’oriente désormais vers le grand public. Avec pour ambition un déploiement au moins à l’échelle européenne.

David Monnier, fondateur de Fonto de Vivo : "Ce n’est pas nous qui nous sommes tournés vers les particuliers, mais les particuliers qui sont venus vers nous."
David Monnier, fondateur de Fonto de Vivo : "Ce n’est pas nous qui nous sommes tournés vers les particuliers, mais les particuliers qui sont venus vers nous." — Photo : Cyril Raineau

C’est un objet qui ne pèse que 2 kg pour 42 cm de hauteur, mais qui peut sauver des vies. Fonto de Vivo (sept collaborateurs, chiffre d’affaires non communiqué) a conçu un purificateur d’eau à vocation humanitaire.

Depuis 2017 et sa création, la TPE nantaise s’est fixé pour mission d’assurer l’accès à l’eau potable quel que soit le point du globe où l’on se situe. Alors qu’elle s’adressait aux ONG uniquement, depuis cet été les particuliers sont aussi concernés. Sécheresse estivale, guerre en Ukraine, message du gouvernement sur les risques de pénurie : autant de facteurs qui font prendre conscience que l’eau est un bien partagé certes, mais rare. Du reste, "ce n’est pas nous qui sommes allés vers les particuliers mais eux qui sont venus vers nous", constate David Monnier, fondateur de Fonto de Vivo et coassocié avec Anthony Cailleau. Un exemple récent illustre son propos : lors du salon du Made in France début novembre à Paris, "certains sont venus à notre rencontre rien que pour se procurer notre purificateur".

Sur le premier mois de commercialisation, septembre, un millier a été vendu. "Je pense que ce produit va se démocratiser, projette le dirigeant, il deviendra un équipement comme un autre, au même titre qu’une alarme ou qu’un détecteur de fumée".

Un déploiement dans les enseignes de bricolage

Que ce soit pour boire son eau de puits ou celle d’un étang ou d’une rivière toute proche, Orisa, c’est le nom du purificateur, est commercialisé via le site internet de la TPE. Il est aussi présent sur C-Discount. "L’idée est désormais d’être sur d’autres plateformes en ligne, poursuit David Monnier, en France comme en Europe. Nous souhaitons également commercialiser le purificateur dans des enseignes de bricolage, dans l’idéal à compter du premier trimestre 2023." Si cette expérience en France s’avère concluante, la marche suivante est de se déployer en Outre-Mer et en Europe. "Ce gain de notoriété à l’international permettra de développer notre réseau de distributeurs à l’étranger, ce qui facilitera, pour les ONG, leur approvisionnement plutôt que de se fournir directement auprès de nous."

Les organisations non gouvernementales comme la Croix Rouge ou Médecins sans Frontières, qui ont travaillé avec Fonto de Vivo à la conception du purificateur, sont les clients historiques de la TPE. Aider les populations dans le besoin, c’est même la raison d’être de la TPE dont le fondateur David Monnier a œuvré 15 ans dans l’humanitaire.

20 000 litres d’eau purifiés

Orisa a originellement été créé pour répondre aux situations d’urgence. Le purificateur filtre les virus et bactéries pour éviter toutes les contaminations biologiques et les maladies, sans avoir recours à l’énergie ou à la chimie. Il s’utilise de manière autonome, en pompant l’eau. "Il purifie celle de surface, douce et exempte de pollution chimique dangereuse", précise David Monnier qui boit l’eau de la Loire comme celle de la Seine ou de la Sèvre nantaise en la passant par le "tamis" Orisa.

Un seul purificateur permet d’obtenir 20 000 litres d’eau potable, soit une durée de vie de 2 à 5 ans en fonction la taille de la famille. Seule la membrane est ensuite à changer. À ce jour, 10 000 ont été commercialisés dans 25 pays. Fonto de Vivo fait assembler son produit à l’usine de MTO plastics située à Aizenay en Vendée. "Nous sommes en capacité d’en produire 100 000 par an, remarque David Monnier. C’est du reste notre objectif de commercialisation à une échéance que, pour l’instant, j’ignore". Mais qui se rapproche au fil des ventes auprès des particuliers.

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