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Le chaudronnier CNI cherche un second lieu pour ses pièces métalliques sur mesure

Par Benjamin Robert, le 21 juin 2023

Le chaudronnier nazairien CNI, qui fabrique des pièces métalliques sur mesure notamment pour le naval et l’aéronautique, vient de fêter ses 50 ans d’existence. Avec un carnet de commandes déjà plein jusqu’au premier trimestre 2024, la société cherche une nouvelle nef autour du bassin nazairien pour étendre ses activités.

Richard Thiriet, président, et Pierre Sallenave, directeur général de CNI, souhaitent trouver une nouvelle nef dans les années à venir.
Richard Thiriet, président, et Pierre Sallenave, directeur général de CNI, souhaitent trouver une nouvelle nef dans les années à venir. — Photo : Benjamin Robert

Pour assurer sa pérennité, CNI s’en tient à un maître-mot : la diversification. L’entreprise basée à Montoir-de-Bretagne, et qui réalise des pièces métalliques sur mesure pour ses clients, est actuellement en pleine expansion, au moment de fêter ses 50 ans d’existence. Après un chiffre d’affaires de 11 millions d’euros en 2022, elle vise pour cette année un million d’euros supplémentaires. "Nous avons une visibilité sur nos commandes jusqu’au premier trimestre 2024. Depuis plusieurs années, nous arrivons à dégager une trésorerie plus confortable. Cela nous permet notamment de faire face, comme lorsque début 2022, il y a eu un doublement des prix de nos matières premières", relate Pierre Sallenave, directeur général de CNI. La société, qui compte aujourd’hui plus de 100 salariés avec les contrats d’intérim, voit ses ateliers répartis sous deux nefs de 4 000 m² arriver à saturation. "L’objectif est de trouver un nouveau lieu de 5 000 m² d’ici 2025 ou 2026 avec l’idée de rester autour du bassin nazairien", poursuit Richard Thiriet, président de CNI.

CNI conçoit notamment des plateformes de travail pour l’assemblage des avions.
CNI conçoit notamment des plateformes de travail pour l’assemblage des avions. - Photo : Benjamin Robert

Une diversification vers l’énergie

Depuis de nombreuses années, CNI s’est recentré sur les pièces en acier, aluminium et inox seulement en sur-mesure, afin d’éviter la concurrence étrangère moins chère sur les pièces en série. "Pour chaque nouveau projet, nous partons d’une feuille blanche. Nous réalisons le formage, l’assemblage et les soudures afin de produire des pièces finies. 80 % de notre production quitte nos ateliers par transport exceptionnel", témoigne le directeur général. Historiquement tourné vers l’aéronautique et le naval, le chaudronnier nazairien multiplie aujourd’hui les secteurs. "La naval représente toujours 50 % de nos activités, et l’aéronautique environ 20 %. Nous avons aujourd’hui des clients dans l’éolien, la filière vélique, ou encore des parcs d’attractions qui ont des besoins spécifiques, comme le Puy du Fou". L’entreprise voit ses nouveaux marchés comme une bulle d’oxygène parmi ses clients historiques. "Notre principal axe de croissance repose sur le secteur de l’énergie, auquel pourra aussi contribuer la filière nucléaire suivant la volonté politique des prochaines années", détaille Pierre Sallenave.

L’apprentissage pour pérenniser les savoir-faire

L’entreprise CNI met aussi l’accent sur le volet environnement. "Nous avons tous conscience du problème, et il faut pour cela un mouvement global du secteur. De notre côté, 60 % de notre empreinte carbone provient de nos achats d’acier. Nous établissons un vrai travail avec nos fournisseurs actuellement, afin d’établir le pourcentage de matières premières recyclées", détaille Pierre Sallenave. La société travaille aussi sur sa pérennisation, en misant sur l’apprentissage. "Le sur-mesure nécessite un savoir-faire qu’il faut transmettre. Nous formons pour cela cinq apprentis (niveau CAP, et BTS) en interne chaque année", poursuit Richard Thiriet. "C’est un investissement dans l’humain, mais c’est aussi une nécessité pour notre pérennité, car nous avons besoin de chaudronnier qu’il n’y a plus sur le marché de l’emploi".

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