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La start-up nantaise Stimul’in veut améliorer le quotidien des seniors fragilisés

Par Cyril Raineau, le 28 septembre 2022

Stimul’in n’en est qu’à ses balbutiements : la solution digitale de la start-up nantaise est déployée depuis seulement mars 2022. Mais avec cette application destinée à améliorer la qualité de vie des personnes souffrant d’Alzheimer et à soutenir leur famille comme les professionnels de santé, elle affiche une ambition à l’international.

Amélie Poutier, fondatrice de Stimul’in : "Le cœur de notre concept, c’est l’ultrapersonnalisation."
Amélie Poutier, fondatrice de Stimul’in : "Le cœur de notre concept, c’est l’ultrapersonnalisation." — Photo : Cyril Raineau

La créatrice

Elle cherchait une réponse à deux questions. La Nantaise âgée de 38 ans Amélie Poutier pense les avoir trouver en fondant en juillet 2021 Stimul’in, start-up aujourd’hui accompagnée par Atlantpole, à Nantes. La première renvoyait à une quête de sens. Après 15 ans d’expérience dans l’industrie et les services, le dernier poste en date étant un poste de consultante en innovation et digital à Capgemini, elle décide de mettre un terme à son CDI. Sa deuxième interrogation lui fait tourner son regard vers Le Mans, où vivent son beau-père, touché par une maladie apparentée à Alzheimer, et sa belle-mère qui endosse le rôle d’aidante. À distance, elle cherche les moyens de les aider. "Je me suis alors dit que c’était peut-être le bon moment pour utiliser mes compétences dans le digital et l’innovation."

Le concept

Stimul’in, qui comprend "trois collaborateurs et demi", développe une application web disponible sur smartphone, tablette et ordinateur, pour s’attaquer aux symptômes psycho comportementaux liés à la maladie d’Alzheimer et à celles apparentées. En premier lieu, l’apathie, l’anxiété et la dépression, "des symptômes peut-être peu visibles mais très pénalisants et usants pour la personne malade et sa famille."

L’application, pensée avec des neuropsychiatres, ergothérapeutes et gériatres, propose aux familles ou aux professionnels qui accompagnent les patients à télécharger des photos et vidéos pour les transformer en activité "intelligente, stimulante et apaisante." Il s’agit pour l’instant de puzzles (à titre d’exemple créés à partir de photos de mariage) et de quiz (associer un titre à une image).

Le cœur du concept de la start-up est la personnalisation des activités. La famille importe donc le contenu (photo et ou vidéo), le transforme en exercice et aide son proche à le réaliser. Les professionnels de leur côté vont, en plus, pouvoir suivre des indicateurs de performance cognitive et modifier le niveau de difficulté. En parallèle, Stimul’in met à disposition une vingtaine d’exercices thématiques.

L’application, qui fonctionne sur abonnement pour les particuliers et les structures d’accompagnement, s’adresse aux personnes atteintes de troubles neurocognitifs (Alzheimer et maladie apparentée essentiellement), à leur la famille et aux professionnels de santé ou du secteur médicosocial (aides soignants spécialisés en gérontologie, neuropsychologues, orthophonistes et ergothérapeutes). Lancée en mars 2022, elle recense une centaine d’utilisateurs.

Les perspectives

Après les puzzles et les quiz, une vingtaine d’exercices sont en attente de développement. "L’idée est de proposer des modèles personnalisables basés notamment sur des mécaniques d’association et d’exclusions d’images, de mots et de chiffres… L’enrichissement de la solution vise à aller plus loin dans le concept de personnalisation", souligne la fondatrice. Pour la véritable première année de commercialisation Amélie Poutier table sur 3 500 utilisateurs en 2023. Une levée de fonds est envisagée pour 2023 dont le montant n’est pas encore défini. La rentabilité est quant à elle souhaitée pour 2024 (avec, à cette échéance, un chiffre d’affaires envisagé de 500 000 euros) ou 2025. Au-delà, "l’idée est d’équiper d’ici 5 ans de 15 à 20 % des Ehpad." Surtout, à plus long terme, l’ambition est internationale : selon la présidente de la start-up, 50 millions de personnes sont atteintes dans le monde d’Alzheimer ou d’une maladie apparentée.

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