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La start-up Dinettes met les petits plats dans les grands pour les restaurateurs

Par Cyril Raineau, le 17 février 2021

Née à Paris et installée à Nantes depuis l’été dernier, la start-up Dinettes, qui développe des comptoirs de vente à emporter, a souffert en 2020 des effets de la crise économique. Son second souffle pourrait entre autres provenir des nouveaux modes de consommation des clients de restaurants.

Les chariots de Dinettes ici à Roland-Garros.
Les chariots de Dinettes ici à Roland-Garros. — Photo : Dinettes

Dinettes voudrait voir plus grand mais le Covid a freiné sa croissance. La start-up a été fondée à Paris en 2016, où elle a été incubée aux Arts et Métiers, par deux anciens élèves de l’École de design de Nantes. Benjamin Charles et Simon Joyaux, seuls aux commandes de leur entreprise, ont fait le choix de revenir à Nantes l’été dernier. Tous deux conçoivent des stands, kiosques, chariots ambulants et autres comptoirs à destination de la restauration, de l’hôtellerie, des commerces, de l’événementiel… Le catalogue de Dinettes renferme entre 150 et 200 références. La fabrication est sous-traitée à des entreprises de la région, notamment de Vendée.

Au Louvre Abu Dabi et à Roland-Garros

Face au concurrent Hedimag, société familiale d’Hazebrouck (Nord) d’une trentaine de salariés (5 M€ de CA) proposant une gamme de véhicules type camions, semi-remorques ou triporteurs, la start-up nantaise mise sur le haut de gamme et la personnalisation de ses comptoirs. " Cette société travaille beaucoup avec des grands formats, précise Benjamin Charles, nous nous sommes dans du plus compact. Nous sommes d’ailleurs proches de l’industrie du mobilier -j’étais moi-même auparavant designer chez Habitat- avec l’idée d’inscrire notre offre dans un environnement intérieur ou extérieur design. "

C’est ainsi qu’à titre d’exemples, cinq chariots cafés-snacking ont pris la direction du Louvre Abou Dabi (Émirats arabes unis) grâce à un contrat signé avec le groupe Barrière. Ou bien que d’autres kiosques ont été destinés au tournoi de Roland-Garros, là encore pour du snacking.

Un stand mobile pour de la location

La start-up a vécu une délicate année 2020. Le chiffre d’affaires 2019 de 600 000 euros devrait être divisé par deux (il n’est pas encore établi précisément). L’événementiel, le deuxième marché de Dinettes, ayant été mis à terre par la crise sanitaire, la start-up en a subi les conséquences. La restauration a elle aussi énormément souffert, l’un des autres débouchés de la jeune pousse. Dinettes est parvenu à limiter la casse grâce à la restauration collective, " environ 50 % de notre chiffre d’affaires ". La start-up travaille avec des spécialistes de ce secteur comme Elior qui fournissent de grandes entreprises. Or, avec la crise sanitaire et les gestes barrières qu’elle impose, ces dernières ont fermé leurs cantines et selfs pour leurs salariés. Résultat : " Nos stands sont arrivés par exemple Chez Facebook France ou l’Oréal ", remarque Benjamin Charles.

Simon Joyau et Benjamin Charles, cofondateurs de Dinettes.
Simon Joyau et Benjamin Charles, cofondateurs de Dinettes. - Photo : Dinettes

Une tendance qui se poursuit et dont l’idée infuse chez les restaurateurs classiques, source potentielle de croissance pour Dinettes. " Nous avons eu quelques contacts récemment avec certains qui pourraient faire appel à nous, les habitudes de consommation ayant évolué ". Les particuliers (et donc parfois salariés) se sont habitués aux menus et plats à emporter. Autre levier possible de développement, la location, qui représentait environ 10 % du chiffre d’affaires 2019. " Nous avons par exemple créé un stand mobile qui tient sur moins d’un m2 qui, une fois déployé, mesure 2,5 m sur 1 m."

Le cofondateur de Dinettes assure que sa société, pour laquelle il n’a jamais souhaité lancer de levée de fonds, est rentable depuis ses débuts. L’est-elle encore à l’aune de la crise de 2020 ? La réponse tient en son modèle : " Nous commençons à travailler seulement à partir du moment où nous avons une commande, nous faisons tout pour que le produit se vende et après seulement nous le produisons.".

Les chariots de Dinettes ici à Roland-Garros.
Les chariots de Dinettes ici à Roland-Garros. — Photo : Dinettes

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