Agroalimentaire

La soif de grandir du brasseur vendéen Newbeers

Par Cyril Raineau, le 13 décembre 2021

Voici un peu plus d’un an, la brasserie Mélusine à Chanverrie (Vendée), l’un des dix plus importants brasseurs artisanaux de France, faisait l’acquisition de Parisis en Île-de-France, formant le groupe familial Newbeers. Alors que des investissements sont programmés pour amplifier la production de bière, des projets de reprises d’autres sites en France mûrissent.

Laurent Boiteau, dirigeant de la brasserie Mélusine : "Nous souhaitons former un petit groupe de taille raisonnable."
Laurent Boiteau, dirigeant de la brasserie Mélusine : "Nous souhaitons former un petit groupe de taille raisonnable." — Photo : Cyril Raineau

Quand une opportunité donne goût à d’autres projets. Forte de 14 références sur un créneau où chacun cherche à se démarquer par la qualité, la brasserie Mélusine à Chanverrie en Vendée, se situe de par son poids dans le top dix des brasseurs artisanaux de l’Hexagone (4,5 M€ de CA au 30 septembre 2021 pour 17 500 hectolitres écoulés, 15 salariés). Elle reprenait il y a un peu plus d’un an Parisis en Île-de-France (5 collaborateurs, 3 200 hectolitres vendus, 8 références de bière). Rien n’était alors prémédité. "On nous avait fait savoir que cette brasserie était à vendre, c’était une opportunité", se souvient Laurent Boiteau. Lui dirige le groupe au capital majoritairement familial né de ce rapprochement et nommé Newbeers. Un groupe qui dispose d’une force commerciale de sept salariés et qui a des velléités d’extension.

Le retour des touristes bénéficie à la brasserie

Car la reprise de Parisis étant une satisfaction pour le dirigeant, des idées germent. De 1,1 million d’euros de chiffre d’affaires au 30 septembre 2021, la brasserie parisienne devrait atteindre 1,5 million d’euros en 2022. Un déménagement du site actuel d’Épinay-sous-Sénart (Essonne) vers la commune de Combs-la-Ville (Seine-et-Marne) couplé à l’achat de matériel neuf, demandant un investissement total de 3,7 millions d’euros, entraînera une augmentation de la production de bière. En parallèle, "nous recherchons d’autres brasseries en France, autour de quatre ou cinq, pour constituer un groupe de taille raisonnable", fait savoir Laurent Boiteau. Si des pistes existent, il est selon lui prématuré d’en dévoiler les lieux précis. Et pas question de rechercher par la suite davantage d’opportunités, "nous souhaitons conserver ce côté artisanal et qualitatif", insiste le dirigeant.

C’est cette réputation qui assoit le succès de la brasserie historique du groupe, Mélusine. En 2021, son activité a accéléré de 23 % après une année 2020 déjà en progression. "Avant le Covid, nous étions distribués pour une moitié via la filière CHR, cafés hôtels-restaurants, et pour l’autre moitié par l’intermédiaire des caves, associations (Mélusine est la bière officielle du festival Hellfest, NDLR), les réseaux bios et les grandes et moyennes surfaces. Puis, nous avons basculé avec 40 % de notre marché à destination de ces dernières et de 10 à 20 % des CHR, même si l’on revient petit à petit vers les proportions d’avant crise", précise Laurent Boiteau.

Selon le dirigeant, la mode autour de la bière est loin d’être l’élément principal expliquant la croissance de Mélusine. "Il y a dix ans, un Français en consommait en moyenne 30 litres par an, aujourd’hui c’est 33 litres, la hausse n’est pas significative. En revanche, les consommateurs sont de plus en plus à la recherche de la qualité. Par ailleurs, nous avons bénéficié d’une très belle saison, avec une forte affluence des touristes français sur les côtes." 50 % de la production de la brasserie vendéenne est écoulée en Pays de la Loire.

Des investissements pour produire davantage

Et l’élan de Mélusine n’est nullement freiné par l’explosion du nombre de brasseries artisanales. "Nous étions seuls en Vendée voici treize ans, il existe aujourd’hui une trentaine de brasseurs, sourit Laurent Boiteau. Mais ce ne sont pas des concurrents, qui pour nous sont les grands groupes." Les brasseries artisanales représentent "8 % du marché français", précise-t-il.

Cette croissance doublée d’une tendance de consommation qui devrait se poursuivre a incité la brasserie Mélusine à investir. 1,5 million d’euros sont engagés pour, en 2022, faire passer la capacité de production à 40 000 hectolitres par an tout en faisant fac au pic de saison. Avec une conséquence sur le chiffre d’affaires qui, de 4,5 millions d’euros au 30 septembre 2021, devrait grimper, selon les projections du dirigeant, à 5,2 millions d’euros au prochain exercice.

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