Saint-Nazaire

BTP

La société Lang Construction est placée en redressement judiciaire

Par Caroline Scribe, le 11 décembre 2018

La société Lang Construction, basée à Saint-Nazaire et spécialisée dans le gros oeuvre, a été placée en redressement judiciaire le 5 décembre dernier. Cette filiale du Groupe Lang est victime d'un ensemble de facteurs conjoncturels qui ont également ébranlé d'autres entreprises du secteur.

Le siège du groupe Lang à Saint-Nazaire.
Le siège du groupe Lang à Saint-Nazaire. — Photo : Caroline Scribe

Les nombreuses grues qui hérissent le paysage nantais recouvrent une conjoncture plus compliquée qu’il n’y paraît pour les entreprises de gros œuvre dans le département. Après l’entreprise de maçonnerie Seribat au Pallet (44), ce sont les sociétés Lang Construction et Teorem Ingénierie qui viennent d’être placées en redressement judiciaire. Ces deux filiales du groupe Lang (140 salariés, 27 M€ de CA en 2017), basées à Saint-Nazaire, sont respectivement spécialisées dans le gros œuvre pour l’une, dans la maîtrise d’œuvre et le bureau d’études et de prix pour l’autre. Lang Construction, qui emploie une soixantaine de salariés a subi une perte nette de 272 600 € en 2017. Son chiffre d’affaires s’établissait à 12,6 M€ en 2017, contre 17,9 M€ sur l’exercice précédent. Teorem emploie pour sa part une dizaine de collaborateurs pour un chiffre d’affaires de 808 000 € en 2017.

«  Effet de ciseau »

Édouard Chambon, président du Groupe Lang, explique cette situation par un «  effet de ciseau. « Le prix des matières premières a beaucoup augmenté, nos marges sont restées très faibles et on ne trouve pas de main d’œuvre Par ailleurs, nous subissons de plus en plus fréquemment des décalages d’opérations, du fait d’aléas techniques ou d’interactions avec les aménageurs, qui sont sources de pénalités et ne nous permettent pas de couvrir nos frais généraux analyse-t-il. Ces problèmes affectent essentiellement la construction de logements. Le gros oeuvre industriel, après un trou d’air entre  2015 et  2017, provoqué par la baisse des investissements industriels, a retrouvé des couleurs en 2018, avec une activité soutenue en génie civil industriel et extensions clé en main. Dans les six mois à venir, l’enjeu pour le dirigeant est donc de réorganiser et de redimensionner la société, dans une perspective de redressement ou de cession. « Notre carnet de commandes qui s'élève potentiellement à 15  M€, nos savoir-faire et notre matériel peuvent intéresser un repreneur de rang national », affirme ainsi Édouard Chambon.

Des activités diversifiées

La mise en redressement judiciaire de Lang Construction n’affecte pas les autres entités du groupe. La société Le Rol, active dans le génie climatique, affiche une visibilité à deux ans de son carnet de commandes. «  Nous connaissons une activité soutenue, avec une rentabilité satisfaisante, un bon équilibre entre la zone littorale et la métropole nantaise, entre logements neufs et réhabilitation, indique le dirigeant. La société de métallerie Metalmade se porte bien elle aussi, tandis que l’entreprise d’étanchéité Waterless, créée début 2018, a un carnet de commandes plein à un an. Les agences immobilières de La Baule et de Saint-Nazaire fonctionnent bien également.

Le siège du groupe Lang à Saint-Nazaire.
Le siège du groupe Lang à Saint-Nazaire. — Photo : Caroline Scribe