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La PME vendéenne SRDi lance une borne intelligente pour récolter les cartouches d'encre

Par Cyril Raineau, le 14 avril 2021

SRDi vient de donner naissance à une borne dotée d’une intelligence artificielle pour recueillir des cartouches d’encre usagées. Lesquelles constituent la "matière première" de la PME vendéenne qui les recycle avant leur distribution.

Les particuliers sont incités à déposer leur cartouche usagée dans la borne qui leur délivrera un bon d’achat en retour.
Les particuliers sont incités à déposer leur cartouche usagée dans la borne qui leur délivrera un bon d’achat en retour. — Photo : SRDI

Après deux années de R & D et environ un million d’euros d’investissement, SRDi a conçu une borne intelligente de collecte de cartouches d’encre. Déployée dans les grandes surfaces, elle incite les particuliers à y déposer leurs cartouches usagées en recevant en retour un bon d’achat allant de 10 centimes à 3 euros à utiliser dans l’enseigne où elle se situe.

La conception de Wisee, tel est son nom, découle de plusieurs constats faits par SRDi au cours de ces dernières années. La PME vendéenne d’une centaine de salariés, basée à La Boissière-des-Landes, avait une capacité de distribution supérieure à sa capacité de production. Conséquence : ce spécialiste de la collecte, de la fabrication et de la distribution de cartouches d’encre était en mesure de développer son chiffre d’affaires (33 millions d’euros en 2020) mais était bloqué à cause de la pénurie de matière première. En l’occurrence, de cartouches d’encre usagées à recycler.

Autre critère qui a conduit SRDi à penser cette innovation : "nos bornes classiques où les gens déposaient leur cartouche étaient de plus en plus volées ou pillées", remarque le directeur du développement Jean-François Jacques. Enfin, l’aspect environnemental est entré en considération dans la réflexion. "Sur 77 millions de cartouches vendues en France, 18 millions seulement sont collectées, remarque-t-il. Alors que dans des cartouches, il y a du cuivre, du plastique… Il fallait sensibiliser la population aux bonnes pratiques."

Une centaine en phase de déploiement

Son premier réflexe a été de chercher une solution existante répondant aux besoins de SRDi. "Je me suis renseigné au Japon, en Chine, aux États-Unis mais aucune n’existait. J’ai alors dit à notre PDG Pierre-Marie Coutand : cette borne nous allons la créer." En septembre, le prototype est au point. Et depuis un mois, une centaine de Wisee est en phase de déploiement sur toute la France.

Pierre-Marie Coutand, PDG de SRDi, fondateur de l’entreprise en 2005.
Pierre-Marie Coutand, PDG de SRDi, fondateur de l’entreprise en 2005. - Photo : Bruno Levy

La borne est dotée d’une intelligence artificielle en mesure de reconnaître qu’il s’agit d’une vraie cartouche qui est déposée et non un quelconque objet. Elle analyse aussi sa recyclabilité. "C’est une mini-usine, complète Jean-François Jacques, même s’il n’y a pas d’étiquette sur la cartouche, elle la reconnaîtra." Sa fabrication est confiée à une entreprise située dans les Pays de la Loire.

Pas de gain avec la borne

La PME vendéenne loue la borne à la grande surface. "Nous ne gagnons pas d’argent avec, c’est un moyen de récupérer les cartouches", dit-il. Et de préciser au sujet des ambitions de SRDi sur Wisee qu’il "n’y a pas de limite au déploiement, si une mairie par exemple souhaite en disposer en proposant des bons d’achat dans des commerces locaux, c’est possible".

Le réseau de SRDi comprend 1 500 partenaires en France (grande distribution, professionnels du déchet, associations comme la Ligue contre le cancer ou le Téléthon…) et recycle près de 5 millions de cartouches chaque année. En parallèle, la PME développe une gamme d’accessoires multimédias (clés USB, écouteurs et enceintes Bluetooth, câbles téléphoniques…). "Sur les 33 millions d’euros de chiffre d’affaires, nous tendons vers l’équilibre en termes d’activité entre ces deux marchés", indique le PDG Pierre-Marie Coutand, créateur de l’entreprise en 2005.

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