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Santé

La PME nantaise Ingenica-LLI invente une machine à désinfecter les masques

Par Cyril Raineau, le 14 décembre 2020

Spécialisé dans les machines mécaniques complexes, Ingenica-LLI a créé un équipement en mesure de désinfecter les masques FFP2 et chirurgicaux.

Steromask fonctionne à partir de lampes UV et permet de prolonger la vie des masques chirurgicaux et FFP2.
La machine à désinfecter les masques de Ingenica-LLI fonctionne à partir de lampes UV. Elle permet de prolonger la vie des masques chirurgicaux et FFP2. — Photo : Ingenica-LLI

Comment rebondir quand la crise du Covid assomme son activité ? Basée dans l’agglomération nantaise, à Saint-Herblain, Ingenica-LLI (ex-Leroux et Lotz Industry) conçoit et commercialise une machine qui désinfecte les masques FFP2 et chirurgicaux. Une centaine a été vendue à ce jour, au prix public de 2 500 euros.

À l’origine, cette PME employant une quinzaine de salariés (5 M€ de CA), filiale depuis août 2019 du groupe parisien Ingenica, conçoit, fabrique et installe des machines mécaniques complexes et de petites usines clés en main, essentiellement pour le secteur de la pétrochimie. Un prix du baril bas en 2019 a réduit les capacités d’investissement de ses clients. La crise du Covid a empiré la situation. « Nous nous sommes retrouvés avec une activité nulle en mars », se souvient le directeur commercial Denis Meunier. L’actionnaire principal du groupe, Olivier Perraud, décide alors de diversifier l’activité, pour pallier la pénurie de masques qui marque la période.

La machine testée en laboratoire

Pour cela, Ingenica va s’appuyer sur une société sœur basée au Canada, dont Olivier Perraud est en partie actionnaire, qui travaille depuis 20 ans sur la désinfection de l’air et maîtrise une technologie autour des UV. Pour prolonger la durée de vie des masques, les lampes UVC de la machine de la PME nantaise désactivent les virus et bactéries contenus dans les masques chirurgicaux et FFP2. « Ils sont neutralisés à la fois sur la surface mais aussi en profondeur, assure Denis Meunier. C’est d’ailleurs là une différence par rapport à des dispositifs que l’on trouve sur des sites marchands : à ma connaissance, nous sommes le seul appareil garantissant par des laboratoires indépendants une désinfection totale ».

Des tests ont été effectués avec l’Anses (Agence nationale de sécurité sanitaire, de l’alimentation, de l’environnement et du travail) et la DGA (direction générale de l’armement) puis par les laboratoires Icare (Saint-Etienne) et Certam (Rouen). Conclusion : « Il est possible de porter quatre fois durant quatre heures les masques FFP2 et de garder le masque chirurgical jusqu’à dix fois quatre heures. »

Traitement de l’air

Le centre de recherche de Renault à Guyencourt (Yvelines) a permis à la PME de fabriquer ses 150 premières machines. Le dispositif n’étant pas médical, il ne s’adresse donc pas aux hôpitaux mais aux professions paramédicales et aux entreprises.

Fort de cette expérience, Ingenica-LLI a poursuivi sa diversification dans la conception d’équipements anti-coronavirus. « À partir de juin, on a commencé à constater qu’il existait un risque de transmission du virus par aérosols. Nous avons alors développé des solutions de désinfection de l’air qui sont des modules de composants que l’on installe dans les tuyauteries d’air conditionné. » Ces modules sont composés là encore de lampes UV couplées avec des miroirs renvoyant les rayons, créant ainsi des « barrières » de lumières pour que le flux d’air soit forcément traité par les UV. Ce procédé a convaincu les Chantiers de l’Atlantique puisqu’un contrat a été signé pour équiper un futur navire de croisière. D’autres contacts sont en cours pour commercialiser cette solution auprès de gestionnaires d’immeubles ou de sociétés spécialisées dans le traitement de l’air.

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