Pays de la Loire

Réseaux économiques

La pénurie de main-d’œuvre et le coût de l’énergie déstabilisent les entreprises ligériennes

Par Cyril Raineau, le 05 octobre 2022

S’il fallait encore confirmer que la hausse vertigineuse du prix de l’énergie et le manque de personnel pèsent sur les entreprises de la région, les dernières enquêtes de la Banque de France Pays de la Loire et de la CCI Nantes - Saint-Nazaire menées respectivement auprès de plus d’un millier de dirigeants sont là pour le prouver.

Malgré la hausse du coût de l’énergie, les dirigeants des Pays de la Loire maintiennent leurs investissements.
Malgré la hausse du coût de l’énergie, les dirigeants des Pays de la Loire maintiennent leurs investissements. — Photo : Pixabay

Comment s’articuleront les mois qui viennent pour les entreprises des Pays de la Loire ? Pour répondre à cette vaste question, la Banque de France régionale et la CCI Nantes - Saint-Nazaire ont interrogé plus d’un millier de dirigeants du territoire. Le résultat de ces études menées indépendamment l’une de l’autre a été dévoilé mercredi 5 octobre depuis les locaux de la CCI.

Les mois s’égrènent et d’une enquête sur l’autre, la question du recrutement demeure prégnante. La part des entreprises ligériennes du bâtiment qui déclarent avoir des problèmes pour embaucher se situe "à un très haut niveau depuis un an, remarque Flavienne Chadelaud, directrice de la Banque de France du Maine-et-Loire. Trois quarts ne parviennent pas à recruter comme elles le souhaiteraient". Pour les services marchands et les industries, "la tendance est à la croissance. Il y a un an, une entreprise sur deux se déclarait en difficulté sur le sujet, en août la proportion est montée à deux sur trois." Le sujet est d’autant plus préoccupant que, comme le constate la CCI Nantes- Saint-Nazaire, "88 % des entreprises stabilisent leur effectif ou envisagent de recruter en CDI."

Coût de l’énergie : une entreprise sur deux baisse ses marges

Autre problématique remontée par les dirigeants : le coût de l’énergie. "97 % des entreprises subissent un impact", constate l’enquête de la chambre consulaire. En conséquence, une sur deux diminue ses marges, 18 % augmentent leur prix de vente. Yann Trichard, président de la CCI, est revenu sur ce point noir qu’il a abordé avec Emmanuel Macron lorsque ce dernier a visité le parc éolien offshore de Saint-Nazaire fin septembre : "La seule question que je lui ai posée était sur l’énergie. Il m’a répondu que des énergéticiens, pour certains, profitaient d’une situation complexe." Et Yann Trichard de conseiller "de ne pas s’engager sur des contrats à terme avec des augmentations multipliées par cinq, neuf, onze… Nous devons réagir collectivement pour faire en sorte que par notre comportement d’achat, il n’y ait pas de hausses structurelles qui ne sont pas justifiées dans leur totalité. Il faut attendre, quitte à accuser des augmentations ponctuelles, avant que le prix se stabilise. Et si le coût de l’énergie devenait trop élevé, l’État interviendrait obligatoirement car on détruirait massivement de l’emploi."

Des investissements confirmés

Malgré le contexte énergétique et la pénurie de main-d’œuvre, selon l’enquête de la Banque de France, 91 % des industriels conservent leur plan d’investissement comme ils l’avaient envisagé. La part est de 94,3 % pour les professionnels des services marchands et de 88,3 % pour les patrons du bâtiment. Leur carnet de commandes étant étoffé, "les dirigeants veulent produire plus", résume Flavienne Chadelaud. Laquelle ajoute un autre facteur : "Pour faire face aux difficultés de recruter, ils investissent pour gagner en productivité."

"Nous avons été agréablement surpris que les chefs d’entreprise maintiennent leur investissement, analyse Hassiba Kaabêche, directrice de la Banque de France Pays de la Loire. L’investissement, c’est la clé de l’avenir." Yann Trichard se félicite lui aussi de ce retour positif relevé par les différentes enquêtes. "Malgré les incertitudes, avec le principal problème qu’est l’énergie, la tendance est qu’on continue de recruter et qu’on investit dans l’appareil productif. Ce sont les deux moteurs de l’économie ligérienne."

Croissance attendue

En Loire-Atlantique, 38 % des chefs d’entreprise prévoient une stabilité de leur chiffre d’affaires sur les trois prochains mois, un quart envisage une hausse. Plus globalement sur l’ensemble des Pays de la Loire, comme l’observe Flavienne Chadelaud," nous constatons une reprise de l’activité en août et le rebond semble se confirmer en septembre, avec un troisième trimestre qui serait orienté à la hausse. Cette dernière serait faible certes, mais ce serait une croissance."

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