Loire-Atlantique

Agriculture

La marque des fermiers bio Invitation à la Ferme se déploie en France

Par Didier San Martin, le 13 février 2019

Une trentaine d'exploitations agricoles bio, majoritairement de l'ouest de la France, arborent la jeune marque Invitation à la Ferme. Ses créateurs, des fermiers ligériens, voudraient l'étendre dans toute la France. 

: Jean-Michel Peard, président d'Invitation à la Ferme. Les 23 et 24 février 2019, le réseau sera au salon de l'agriculture, sur le stand de la région des Pays de la Loire.
Agriculteur à Blain, Jean-Michel Peard a créé une SAS qui regroupe une trentaine d'exploitations agricoles françaises. — Photo : Didier San Martin

Aujourd’hui l’Ouest et demain le Nord, l’Est et l’Auvergne… Jean-Michel Peard, fermier à Blain ne se donne pas de limites sur le nombre d’adhérents au réseau qu’il a lancé il y a trois ans. Son but : convaincre des fermes laitières bio de commercialiser leurs yaourts, fromages et produits de la ferme sous la marque Invitation à la ferme. Une marque qu’il a créée avec deux autres fermiers qui ne commercialisent que les produits issus de fermes labellisées bio.

Une marque et un réseau d’entraide

Avant d’être une marque, Invitation à la ferme est un réseau qui aide les éleveurs de vaches ou de brebis à passer au bio. « Il faut compter 18 mois pour qu’une exploitation devienne bio. Notre réseau compte six salariés dont trois sont des ingénieurs qui aident les éleveurs traditionnels à franchir le pas », explique Jean-Michel Peard, président du réseau et par ailleurs gérant de la ferme Peard à Blain (10 personnes, 65 vaches).

Lui avait fait cette même démarche il y a 13 ans. Auparavant, le fermier bio de Blain travaillait dans le service commercial de la firme américaine Mars avant de choisir de changer totalement de vie. « Je venais d’avoir des enfants, je m’interrogeais sur ce que nous allions leur donner à manger, raconte-t-il. Alors, avec mon frère, nous avons repris une ferme que nous avons transformée en bio ».

L’ancien cadre s’est alors vite rendu compte de l’énorme charge de travail qui pèse sur les éleveurs : « Ils doivent s’occuper du cheptel, transformer le lait, assurer les achats, prendre en charge la communication, la vente, la distribution, gérer l’ensemble de la ferme ». Alors, pour faciliter la vie des éleveurs bio, toujours plus nombreux (36 600 producteurs en France en 2017, soit 13 % de plus qu’en 2016), il crée avec deux autres fermiers le réseau « Invitation à la ferme ».

Des fermiers formés au commercial

Ce réseau rassemble 31 exploitations dont la moitié se situe dans l’Ouest. Pour en faire partie, les établissements doivent produire leur propre lait, le transformer sur place en produits ultras frais ou en fromage et les commercialiser en local. Autres conditions : payer une cotisation et être labellisé bio ou entamer une démarche pour le devenir. 21 fermes sont déjà bio et commercialisent leur production sous la marque Invitation à la ferme. Celles qui ne le sont pas encore communiquent, en attendant, sous l’appellation Les P’tits fermiers.

En plus d’aider les paysans à devenir bio, l’autre grande vocation du réseau est de mutualiser les savoir-faire. Il propose ainsi une centrale d’achat qui achète au meilleur prix les ingrédients bio (extrait de vanille, sucre de canne, cacao, préparations de fruits), le matériel de transformation (cuves, conditionneuses…) et les pots de yaourts aux couleurs du réseau.

« Nous proposons également à chaque adhérent une formation commerciale pour qu’il puisse mieux vendre ses produits en magasins spécialisés, en GMS, en grande distribution, dans les Amap et aussi en restauration scolaire, reprend Jean-Michel Peard qui insiste par ailleurs sur la gouvernance du réseau. Nous sommes sous statut SAS. Ici, ce sont les adhérents, regroupés en commissions, qui prennent toutes les décisions ».

: Jean-Michel Peard, président d'Invitation à la Ferme. Les 23 et 24 février 2019, le réseau sera au salon de l'agriculture, sur le stand de la région des Pays de la Loire.
Agriculteur à Blain, Jean-Michel Peard a créé une SAS qui regroupe une trentaine d'exploitations agricoles françaises. — Photo : Didier San Martin

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