Vendée

Agroalimentaire

La Boulangère accentue son virage "vert"

Par Cyril Raineau, le 19 juillet 2021

Leader sur le marché français des pains et viennoiseries bio préemballés, La Boulangère repense ses approvisionnements en matières premières pour davantage se tourner vers des producteurs locaux. L’ETI vendéenne développe également des emballages écoresponsables.

La gamme bio représente 40 % du chiffre d’affaires de l'industriel agroalimentaire vendéen La Boulangère.
La gamme bio représente 40 % du chiffre d’affaires de l'industriel agroalimentaire vendéen La Boulangère. — Photo : Thomas Raffoux

Voici ving ans, en 2001, La Boulangère commercialisait son premier pain de mie "bio". "Pendant une décennie, le marché du bio, de niche, est resté assez calme, mais ensuite tout le monde s’y est intéressé", se souvient Christophe Aillet, directeur général de l’ETI spécialisée dans la fabrication de pain et viennoiseries préemballées (350 millions d'euros de chiffre d'affaires dont 40 % à l'export, 2 200 collaborateurs dont 1 400 en Vendée), qui siège aux Essarts, au nord de la Roche-sur-Yon.

Revendiquant autant le statut de précurseur sur le pain et la viennoiserie préemballés bio que la place de leader en France avec 52 % de parts de marché (55 % pour le pain, 41 % la viennoiserie), La Boulangère entend s’appuyer sur ces atouts pour "conserver (son) avance", annonce le dirigeant de cette filiale du groupe rennais Norac. Afin de garder sa couronne, l'industriel multiplie les projets sur la gamme bio, notamment dans ses quatre sites de fabrication vendéens de La Chaize-le-Vicomte, Les Herbiers, Mortagne-sur-Sèvre et Sainte-Hermine (les trois autres usines françaises sont situées en Côte-d'Or, Seine-et-Marne et Seine-Maritime).

Des approvisionnements de plus en plus locaux

La gamme bio représente aujourd’hui 40 % du chiffre d’affaires France de l’ETI et constitue un levier de croissance efficace (7 % en moyenne chaque année). "Aujourd'hui, nous voulons aller plus loin en faisant du bio augmenté", lance Christophe Aillet. "Cela signifie que nous souhaitons nous approvisionner au maximum avec des matières premières locales", appuie-t-il.

Depuis 2018, La Boulangère utilise en effet pour tous ses produits bio de la farine de blé et des œufs labellisés Agri-Ethique France, un label de commerce équitable garantissant des prix et des volumes d’achats aux agriculteurs français. En janvier 2021, l'industriel a fait le choix de substituer l’huile de colza qui provenait de pays du pourtour de la Mer Noire par une huile bio issue de graines de tournesol cultivées à moins de 200 km de ses sites de fabrication vendéens. Une nouveauté "qui n’a pas nécessité d’investissement particulier", selon Christophe Aillet, mais du travail de recherche. Lequel a été mené en collaboration avec la coopérative agricole vendéenne la Cavac (1,03 milliard d’euros de chiffre d’affaires en 2020) pour que soit créée une filière spécifique.

Autre illustration de la démarche "bio augmenté" de La Boulangère : pour trois références de viennoiserie, le lait frais bio produit à la laiterie familiale La Lémance, presque voisine du siège social de La Boulangère, remplace le lait en poudre utilisé par l'industriel. Christophe Aillet en convient, "il reste deux matières à travailler, le chocolat, pour lequel nous nous fournissons en Afrique de l’Ouest, et le sucre de canne, pour lequel nous nous approvisionnons en Amérique du Sud". Et de souligner : "La volonté existe de nous fournir localement, mais l’industrialisation est une autre question."

Christophe Aillet, directeur de La Boulangère, veut s'approvisionner de plus en plus en matières premières locales.
Christophe Aillet, directeur de La Boulangère, veut s'approvisionner de plus en plus en matières premières locales. - Photo : Thomas Raffoux

Vers des emballages 100% "verts"

En parallèle, La Boulangère multiplie les efforts pour améliorer les emballages de ses produits. Sur les 24 références bio, à peine 20 % des conditionnements sont aujourd’hui en plastique recyclable. Un travail commun de R & D entre l’ETI et ses fournisseurs conduit à ce qu’à partir de novembre 2021, 70 % des emballages seront recyclables, puis 97 % en juin 2022. "Les sachets seront composés en matériau polyéthylène qui conserve certes un peu moins le produit, mais qui dispose de filières de recyclage en France", décrit Christophe Aillet.

Sur la problématique de l’emballage, La Boulangère songe à aller au-delà. Ses produits dits snacking (notamment des viennoiseries-goûter pour enfants) sont emballés dans deux plastiques. Depuis juin, un premier produit est commercialisé avec un suremballage en papier, totalement exempt de plastique, fermé avec de la colle végétale et imprimé avec des encres à eau. Toute la gamme La Boulangère bio pourrait suivre. "Nous travaillons depuis quelques années avec une start-up bretonne, dont je tais volontairement le nom, pour développer un conditionnement souple 100 % vert, composé de matériaux biosourcés", complète Christophe Aillet.

Dans sa démarche de préservation de l’environnement, La Boulangère a entamé en 2017 un basculement vers une fourniture en électricité verte. 45 gigawattheures, soit la quantité d'électricité utilisée pour la production de ses produits à marque La Boulangère, ont été achetés en électricité verte d’origine française (éolienne, hydraulique, photovoltaïque). L'ETI vendéenne reverse également 1 % du chiffre d’affaires généré par sa gamme bio à des associations environnementales qui œuvrent à la préservation de la biodiversité, la qualité de l’eau et dans l’agriculture durable.

La gamme bio représente 40 % du chiffre d’affaires de l'industriel agroalimentaire vendéen La Boulangère.
La gamme bio représente 40 % du chiffre d’affaires de l'industriel agroalimentaire vendéen La Boulangère. — Photo : Thomas Raffoux

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