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IELO : Les chefs d'entreprises planchent sur la reconquête des lieux de pouvoir

Par Caroline Scribe, le 03 mars 2017

Le think tank IELO, créé à l'automne dernier, a organisé en février sa première journée de réflexion. Une dizaine de chefs d'entreprise, accompagnés par un expert, ont ainsi planché sur la reconquête des lieux de pouvoir par les entrepreneurs. Récit.

Le Journal des Entreprises
Le Journal des Entreprises — Photo : Le Journal des Entreprises

« Dans une perspective de reconquête, comment faire de l'entrisme dans les lieux de pouvoir », c'est le thème de la première journée de réflexion, organisée par l'institut IELO (Institut Entrepreneurs et Leaders d'Opinion). Pour plancher sur le sujet sont réunis un expert et une dizaine de chefs d'entreprise, qui pour la plupart, outre leur fonction de dirigeant, exercent un mandat dans un organisme paritaire (CPAM, Organisation Internationale du Travail, Médecine du travail...).

« Nous sommes des loosers »

« Nous sommes des loosers. Depuis 40 ans, nous n'avons pas réussi à imposer nos points de vue, ni aux gouvernements successifs, ni aux partenaires sociaux. Depuis 40 ans, la voix de l'entreprise n'est pas écoutée. C'est un échec. Il faut l'assumer et changer de stratégie en essayant de prendre le pouvoir plutôt que de seulement chercher à l'influencer », lance d'entrée de jeu Vincent Charpin, fondateur de IELO et président du Medef Pays de la Loire. Le cadre de la réflexion est posé. Reste à définir ce qu'est l'entrisme. L'expert s'en charge. « Pour une organisation, l'entrisme est le fait de rentrer masqué dans un lieu de pouvoir afin de s'en emparer. Cette stratégie a été largement utilisée par les Trotskistes pour infiltrer les partis et les mouvements ouvriers ». Les chefs d'entreprise présents se montrent plutôt réticents à l'idée de reprendre à leur compte la pratique trotskiste. « Nous voulons agir dans la transparence et non de façon occulte », précisent-ils. Au fil des contributions et des débats sont recensés les atouts et les faiblesses de l'entreprise.

Points fortes et points faibles de l'entreprise

Points forts : 60 % des Français jugent l'entreprise plus utile à la société que l'État ; TPE et PME, à la différence des grands groupes, jouissent d'une bonne image dans l'opinion. Points faibles : la part des entrepreneurs siégeant à l'Assemblée Nationale ne cesse de reculer (elle est actuellement de 6 % contre 30 à 40 % sous la IIIe République), le taux de participation aux élections consulaires décline régulièrement. Surtout, la faiblesse des marges des entreprises ne permet pas à leurs dirigeants de dégager beaucoup de temps et de moyens pour l'action politique. Beaucoup déplorent la situation de faiblesse dans laquelle ils se trouvent face aux syndicats qui rémunèrent et forment des permanents, souvent mieux armés que les dirigeants dans les négociations.

Quatre axes d'action

Au terme de la journée, trois pistes d'action prioritaires se dégagent. La première est de constituer une gouvernance « politique » unifiée des entrepreneurs et de leurs institutions au niveau des Pays de la Loire. Cette entité permettrait aux chefs d'entreprise de s'exprimer d'une seule voix et de coordonner leurs actions. Cette gouvernance pourrait prendre la forme d'un « Directoire régional de l'entreprise » composé des principales organisations syndicales patronales, paritaires et consulaires. Elle s'appuierait sur le travail d'experts pour produire des dossiers solides et documentés. La deuxième idée forte vise à favoriser l'investissement politique des entrepreneurs dans les instances parlementaires, les organisations politiques et les collectivités territoriales. Concernant les mandats politiques, une proposition fait l'unanimité. Il faudrait créer un statut de l'élu permettant, par exemple, via un fonds de financement, de rémunérer des managers de transition pour suppléer le dirigeant dans la gestion de son entreprise le temps de son mandat. Autre idée, créer un système d'indemnisation pour compenser les pertes de revenus du dirigeant dues à ses absences.

Un statut du dirigeant élu

Le troisième acte d'action consiste à proposer aux décideurs politiques de la région un pacte économique reprenant les enjeux de la TRIA (Troisième Révolution Industrielle et Agricole), en privilégiant le droit à l'expérimentation régionale sur des problématiques comme la révolution numérique... afin de contourner les contraintes parisiennes. Le dernier volet d'action concerne l'amélioration de l'image de l'entreprise par la reconquête de l'opinion publique. Cet objectif passe par une stratégie médiatique impliquant, notamment, une meilleure utilisation des réseaux sociaux pour cibler les jeunes. Ce thème sera plus largement développé lors de la prochaine journée de réflexion de IELO, intitulée « Comment reconquérir les médias ? »

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