Saint-Nazaire

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Gestal veut devenir un acteur national du service à l'industrie

Par Caroline Scribe, le 08 juillet 2022

Reprise en 2019 par le fonds institutionnel FCDE, la société familiale Gestal fait sa mue. Après avoir doublé son chiffre d’affaires, l’entreprise nazairienne veut poursuivre sa croissance pour atteindre une taille critique lui permettant de devenir un acteur national des services à l’industrie.

Olivier Aldrin, le nouveau président directeur général de la société Gestal.
Olivier Aldrin, le nouveau président directeur général de la société Gestal. — Photo : P.GERARD - Patrick GERARD

C’est une nouvelle étape qui s’ouvre pour la société Gestal. Familiale depuis sa création en 1946, l’entreprise spécialisée dans les services à l’industrie, installée à Saint-André-des-Eaux près de Saint-Nazaire, est passée, en 2019, sous le contrôle du fonds d’investissement institutionnel français FCDE qui accompagne le développement de PME à fort potentiel de croissance. Alain et Patrick Allaire, les fils du fondateur et anciens dirigeants, conservent toutefois une participation minoritaire. La direction de Gestal a été confiée, début 2021, à Olivier Aldrin, précédemment président du groupe d’ingénierie Expleo, avec une feuille de route simple : transformer la société familiale régionale en un acteur national de référence dans son secteur. Gestal assure des prestations de travaux et de maintenance industrielle en électricité, tuyauterie, serrurerie, chaudronnerie, etc. Depuis plus de 70 ans, Gestal a ainsi participé à la construction de presque tous les paquebots sortis des Chantiers de l’Atlantique, mais est aussi intervenu pour le compte d’Airbus, de Naval Group ou encore de General Electric.

Doublement de taille en deux ans

De fait, Gestal a doublé de taille entre 2019 et 2021. Sur cette période, son chiffre d’affaires est passé de 53 à une centaine de millions d’euros, pour 700 salariés (dont environ 450 en Loire-Atlantique). Ce développement a été porté aussi bien par la croissance organique, avec une activité peu impactée par la crise sanitaire, que par des acquisitions. Gestal a, en effet, repris deux sociétés depuis le début de l’année. La PME a d’abord fait l’acquisition de la société TIS (Tuyauterie Industrielle Soudure), située près de Castres, en Occitanie et spécialisée dans la tuyauterie, la soudure de précision, la serrurerie et la chaudronnerie. Employant une trentaine de collaborateurs pour un chiffre d’affaires de 4, 5 millions d’euros, TIS réalise des travaux neufs et de la maintenance industrielle pour des secteurs, tels que l’industrie pharmaceutique, chimique, l’agroalimentaire, l’hygiène et les énergies. La société a comme références de grands groupes, comme Pierre Fabre, Labeyrie, Engie, Boehringer Ingelheim ou encore Andros.

En mai, Gestal a également racheté RCT Industrie (50 salariés, 10 M€ de CA), implanté dans la région de Bordeaux et spécialisé en chaudronnerie industrielle de haute pression et notamment dans les environnements sous-pression. RCT Industrie compte parmi ses clients des grands comptes de l’industrie papetière, de l’énergie, de la chimie et de la pétrochimie.

Diversifications

Ces croissances externes s’inscrivent dans une stratégie de diversification géographique et métier. "Nous cherchons à étendre notre maillage du territoire, notamment, en nous rapprochant de nos grands clients. C’est le sens de notre implantation en Occitanie près d’Airbus. Nous avons également pour objectif de nous implanter dans des secteurs d’activité où nous sommes encore peu présents, comme l’agroalimentaire ou encore l’industrie pharmaceutique et chimique", commente Olivier Aldrin. Outre la résilience aux crises qui frappent par cycle la navale, l’aéronautique ou l’automobile, l’enjeu pour Gestal est d’atteindre une taille critique lui permettant d’accompagner les grands comptes dans leur développement en France, mais aussi à l’étranger. "C’est pourquoi, après avoir doublé de taille, nous visons un chiffre d’affaires de 150 millions d’euros assez rapidement. Pour tenir cet objectif, nous allons procéder à de nouvelles croissances externes, en ciblant plus particulièrement des entreprises réalisant un chiffre d’affaires de plus de 10 millions d’euros, établies en dehors de la Loire-Atlantique et du Sud-Ouest. Nous voulons également nous structurer pour éviter les crises de croissance et améliorer nos process de recrutement pour être en mesure de servir nos clients un peu partout", annonce le président, directeur général de Gestal.

Filiale au Canada

Cette volonté d’accompagner ses clients en dehors des frontières hexagonales devrait se traduire dans les années à venir par un développement européen. "Devenir un acteur européen des services à l’industrie constitue l’étape suivante. Le défi est de devenir un acteur de référence sans perdre les valeurs, la qualité des prestations et l’agilité liées à notre caractère de PME familiale", précise Olivier Aldrin, qui vise même plus loin. Gestal ouvrira au cours de l’été une filiale à Montréal pour accompagner certains clients historiques, dont Airbus, sur le continent nord-américain que le dirigeant de Gestal connaît bien. La PME a, par ailleurs, ouvert il y a quelques années une filiale en Roumanie pour se procurer les profils introuvables en France.

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