Gérer : À qui verser votre taxe d'apprentissage ?

Par la rédaction, le 06 janvier 2017

Avant le 1e r mars, les entreprises vont devoir s'acquitter de la traditionnelle taxe d'apprentissage. Plutôt que de payer cet impôt à l'aveuglette, autant le verser aux établissements et formations de son choix. Une stratégie qui peut s'avérer payante ! Dossier réalisé par Gilles Cayuela
Le Journal des Entreprises, l'économie en régions — Photo : Le Journal des Entreprises

Comme chaque année, les entreprises vont devoir participer au financement de l'apprentissage et des formations technologiques et professionnelles en s'acquittant, avant le 1e r mars, de la traditionnelle taxe d'apprentissage. « On peut voir cette taxe comme un énième impôt ou s'en servir comme d'un outil au service du développement de son entreprise. Pour cela, il suffit d'orienter les sommes versées », assure Catherine Marin, conseillée du pôle alternance emploi orientation à la direction de la formation de la CCI de Lyon Métropole. En effet, plutôt que de payer cet impôt à l'aveuglette, les entreprises peuvent flécher le montant versé vers des écoles ou des formations de leur choix. Enfin, pas directement !




Des voeux à formuler

Depuis la loi de cohésion sociale, votée en 2006, les entreprises n'ont plus la possibilité de verser en direct leur taxe d'apprentissage à un établissement. Elles peuvent en revanche formuler des voeux d'affectation à leur OCTA (organisme collecteur de taxe d'apprentissage) au moment de remplir leur bordereau de déclaration. « Le problème, c'est que beaucoup d'entreprises et notamment les plus petites ne le font pas et se contentent de faire remplir leur bordereau par leur expert-comptable, sans savoir que la taxe d'apprentissage peut et doit servir à développer la professionnalisation des jeunes et donc de leurs futurs collaborateurs. Souvent, les entreprises prennent ça comme une contrainte et ne voient pas l'utilité de cette taxe », commente Delphine Greco, responsable des relations entreprises etdes partenariats à l'IAE Lyon. Pourtant, en passant d'une posture de payeur à une posture d'investisseur, les entreprises ont tout à y gagner.




Un outil de pilotage

« Pour nous la taxe d'apprentissage est un véritable outil de pilotage de nos relations avec les écoles au service de la création de nos ressources », confie Patrick Peysson, responsable des relations écoles et alternances chez Auchan Retail France. En effet, en choisissant de verser une fraction de sa taxe à un établissement, l'entreprise favorise et renforce ses liens avec cet établissement. Des liens qui lui permettront d'accéder plus facilement à des opérations menées par l'école ou à des recrutements de stagiaires, d'alternants, voire de futurs collaborateurs.




Des arbitrages à faire

Problème, 100 % de la taxe d'apprentissage n'est pas mobilisable comme les entreprises le souhaiteraient. « La loi impose de fait que 51% de de cette taxe soit versée aux Régions. Une part qui a augmenté depuis la réforme de 2015 et qui a réduit par conséquent la partie de taxe mobilisable pour les propres choix de l'entreprise », regrette Patrick Peysson, qui a dû se résoudre à faire des arbitrages. Des arbitrages qui compliquent la vie des entreprises et qui nécessitent donc, plus que jamais, de bien cibler les établissements que l'on souhaite soutenir. « Le versement de la taxe d'apprentissage, c'est aussi un investissement sur l'avenir. On soutient la formation, le développement d'une filière pour se réserver au final des compétences futures dans son métier », conclut Sandrine Camus, responsable du pôle gestion et formation des Compagnons du devoir et de son OCTA Servitaxe.

Le Journal des Entreprises, l'économie en régions — Photo : Le Journal des Entreprises

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