Industrie

Geps Techno : La TPE face aux géants de l'industrie

Par Simon Janvier, le 05 avril 2013

Énergie Sur le marché des énergies marines trusté par les géants de l'industrie, la TPE nazairienne Geps Techno développe un concept de plate-forme multi-énergies.
Le Journal des Entreprises
Le Journal des Entreprises — Photo : Le Journal des Entreprises

Le marché émergent des énergies marines renouvelables (EMR) aiguise l'appétit des plus grands industriels et énergéticiens tels que DCNS, Alstom, STX, Rollix, EDF ou Areva. Dans ce monde de géants émerge pourtant un ovni : la start-up nazairienne Geps Techno. Créée par Jean-Luc Longeroche et Philippe Magaldi, deux anciens cadres de STX, Geps Techno développe le projet M-Liner. Objectif, concevoir et réaliser une plate-forme maritime multi-énergies associant éolien, solaire, hydrolien et houlomoteur afin de pouvoir alimenter en électricité des îles ou des bases offshore. L'ensemble mesurerait 270 mètres de long et produirait 50 à 60 MW. La complexité du programme réside notamment dans la combinaison de sources d'énergie n'ayant ni les mêmes fréquences, ni les mêmes puissances.




Cinq brevets

Geps Techno s'est notamment penché sur l'houlomoteur, qui devrait représenter plus de la moitié de l'énergie de la plate-forme. « Il n'existe pas grand-chose dans le domaine. Nous avons donc développé notre propre système et l'avons fait tester par l'Ifremer pendant quatre mois à Brest. Les premiers bilans sont concluants », indique Jean-Luc Longeroche, président de Geps. Et pour optimiser le rendement de ces différentes sources d'énergie, Geps Techno revendique un nouveau système innovant. Pour l'éolien, la TPE de six salariés a fait breveter un modèle à axe vertical. En deux ans, la société a déposé cinq brevets dans le domaine des EMR. Pour l'hydrolien et le solaire, Geps Techno cherche à nouer des partenariats avec des industriels. Et, à terme, Geps pourrait même intégrer une nouvelle source d'énergie avec l'énergie thermique des mers.




« Pas peur du ridicule »

Sur de tels niveaux de technologies, comment une start-up peut-elle concurrencer des géants industriels ? « On a les inconvénients et les avantages d'une start-up. Là où un gros industriel n'a pas le droit de se tromper, nous oui. On n'a pas peur du ridicule. Ce qui fait que l'on développe et que l'on teste plus vite. Pour l'houlomoteur, on a directement testé en mer et pas dans un bassin car nous n'en avons pas les moyens », indique Jean-Luc Longeroche. Dans les prochains mois, Geps prévoit de mettre à l'eau une plate-forme prototype de cinq à dix mètres de long. Pour mener ses développements, Geps Techno a opéré un premier tour de table de 400.000 € en love money, et en finalise un second de 500.000 €. La société est soutenue par le pôle EMC2, bénéficie d'un financement d'Oséo et de la Région et s'appuie sur des partenariats industriels avec STX et Mécasoud. À horizon 2015, Geps Techno envisage de mettre à l'eau un prototype M-Liner de 50 mètres de long qui devrait alors nécessiter une troisième levée de fonds, cette fois de trois à quatre millions d'euros ! L'avenir de Geps sera t-il alors d'être racheté par un industriel ? « Ce n'est pas le but. Aujourd'hui, on veut aller le plus loin possible dans nos développements », ajoute Jean-Luc Longeroche. Dans cette optique, la start-up prévoit deux nouveaux recrutements d'ingénieurs.

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