Vendée

Agroalimentaire

Fleury Michon structure son approvisionnement en charcuterie bio

Par Amandine Dubiez, le 03 décembre 2020

Le vendéen Fleury Michon crée avec le normand Vallégrain un élevage de 300 porcs bio élevés en plein air dans la Sarthe. Le géant agroalimentaire veut encourager le développement de la filière bio française en soutenant les éleveurs dans leur activité. Il poursuit par ailleurs ses efforts pour préserver l’environnement en réduisant l’usage du plastique dans les emballages.

300 truies sont élevées au sein de l'élevage de Therigny dans la Sarthe.
300 truies sont élevées au sein de l'élevage de Therigny dans la Sarthe. — Photo : Fleury-Michon

Via une joint-venture avec le normand Vallégrain (87 M€ de CA, 410 salariés), spécialiste de l’élevage de porcs, le groupe agroalimentaire vendéen Fleury Michon (3 900 salariés, 747 M€ de CA) vient d’investir 2 millions d’euros pour créer un élevage de porcs bio de 23 hectares avec 300 truies à Théligny, dans la Sarthe. Fleury Michon et Vallégrain n’ont pas vocation à créer plusieurs élevages de ce type. Le but est de trouver un modèle économique viable et d’encourager les jeunes éleveurs à prendre le relais et à monter au capital en devenant propriétaire de l’élevage. « On apporte de la visibilité et des débouchés », précise Barbara Bidan, directrice santé et alimentation durable chez Fleury Michon.

Améliorer la rémunération des éleveurs

Car l’offre de porcs bio français manque, constatent les deux acteurs de l’agroalimentaire. Pour créer ses charcuteries de porc bio, Fleury Michon est aujourd’hui contraint de se fournir au Danemark. « Entre 15 et 20 % de notre production pour les jambons de porc bio vient de France », constate Barbara Bidan. Objectif : passer à 25-30 % dès 2021 avec la contribution notamment, du nouvel élevage de Théligny. Cet engagement de Fleury Michon s’inscrit dans sa feuille de route « Aider les hommes à manger mieux chaque jour. »

Le traiteur vendéen veut expérimenter un modèle complémentaire au cahier des charges du bio pour améliorer la qualité de vie et la rémunération des éleveurs, développer le bien-être animal (temps de transport réduit entre l’élevage et l’abattoir) et préserver l’environnement. Dans le même état d’esprit, le groupe basé à Pouzauges a lancé en octobre la nouvelle gamme « Filière Française d’Éleveurs Engagés » pour le jambon de porc. L’offre s’étendra aux autres références charcuterie de porc et volaille d’ici la fin de l’année 2020. Cette gamme élaborée avec ses partenaires Avril et Terrena garantit l’absence de traitements antibiotiques et une alimentation sans OGM composée en majorité de céréales d’origine française.

Réduire l’usage du plastique dans les emballages

Parallèlement, le géant vendéen travaille aussi sur ses emballages en élargissant à quatre recettes sa gamme de barquettes en bois lancée il y a un an. Même si cet emballage n’est pas recyclable, il permet déjà d’économiser le plastique. « Nous avons réduit de 65 tonnes l’utilisation du plastique », constate Barbara Bidan. Dans le même esprit, les petites cassolettes en grès seront désormais remplacées par du verre. Ces changements de conditionnement ont des conséquences industrielles lourdes pour le groupe. « Nous avons dû investir 7 millions d’euros dans un nouvel atelier à Mouilleron-en-Pareds pour les barquettes en bois. Cela nécessite de changer la cuisson, de faire une cuisson ouverte, sans pelliculage », explique Barbara Bidan.

Après une année 2019 difficile, du fait de la hausse des coûts de matière première, Fleury Michon se projette sur cette fin d’année 2020 un peu meilleure, avec des résultats contrastés. Si la baisse du trafic aérien plombe sa nouvelle activité de catering aérien, les bons résultats en GMS (85 % de l’activité du groupe) comblent en partie les pertes.

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