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Interview Femmes Chefs d'Entreprises : « Beaucoup de choses restent à faire pour promouvoir l’entrepreneuriat féminin »

Entretien avec Laurence Vernay, fondatrice et présidente de Femmes Chefs d'Entreprises en Pays de la Loire

Propos recueillis par Amandine Dubiez - 07 novembre 2018

Laurence Vernay est avocate en droit des affaires, dirigeante associée chez TGS France Avocats. En 2014, elle crée avec d’autres dirigeantes une antenne de Femmes Chefs d’Entreprises en Pays de la Loire. Du 15 au 17 novembre, elle s’apprête à accueillir à Nantes le 22e congrès national de ce réseau national qui compte 2 000 adhérentes en France et plus de 150 000 cheffes d’entreprises dans le monde.

Laurence Vernay (au centre), accompagnée de la délégation Pays de la Loire du réseau Femmes Chefs d'Entreprises. — Photo : Studio Garnier

Le Journal des Entreprises : Le Congrès national Femmes Chefs d’Entreprises est organisé à Nantes pour la première fois. Pourquoi avoir choisi la thématique du temps ?

Laurence Vernay : La problématique du temps touche chacun d’entre nous. Elle ouvre la réflexion car le temps peut être vu sous l’angle historique, philosophique, sociologique mais aussi économique et personnel. Pendant ce congrès, on s’intéressera au rapport que l’on a avec le temps. Le philosophe François Jullien expliquera notamment en conférence plénière en quoi le rapport au temps est différent en Orient et en Occident. Des ateliers sont organisés pour parler du temps face aux changements technologiques, du temps dans l’entreprise, du temps au service de la coopération. Y a-t-il une différence au rapport au temps entre hommes et femmes ? Deux cheffes d’entreprises, Isabelle Masson Mandonnaud, dirigeante de Sabé Masson, et Léa Véran, vice-présidente de Biotech Dental Group, témoigneront notamment de leur vie d’entrepreneure et de la portée du temps dans leur prise de décision. 

Après avoir créé le réseau régional il y a 5 ans, vous vous apprêtez à passer le relais. Combien compte-t-il d’adhérentes ?

L. V. : En Pays de la Loire, FCE compte 97 adhérentes en Loire-Atlantique, Vendée et Maine-et-Loire. Nous y retrouvons tous les profils, majoritairement des femmes dirigeantes de TPE ou de PME, comme Christine Denis, dirigeante de Midi et Demi, mais aussi Marie-Chantal Durieux, dirigeante d’un Hyper U, Anne-Sophie Loizeau, présidente des Transports Pressac, Anne-François Pauty, dirigeante de La Louve, mais aussi des avocates, des experts-comptables, des dirigeantes d’hôtels etc. L’objectif est de doubler le nombre d’adhérentes et de créer des délégations par département. Je m’apprête à passer la main mais je resterai active dans ce réseau qui m’a fait grandir dans mon métier de dirigeante. Il y a encore beaucoup de choses à faire pour promouvoir l’entrepreneuriat et la reprise d’entreprises par les femmes. On commence à parler de ce sujet avec la CCI Nantes Saint-Nazaire dont je suis membre associé. On pourrait par exemple mettre en place du mentorat et de l’accompagnement spécifique. 

Il y a de plus en plus de réseaux de femmes qui se créent en Loire-Atlantique et Vendée. Quel est le parti pris de Femmes Chefs d’Entreprises ?

L. V. : Nous sommes le seul réseau qui ne comprend que des cheffes d’entreprises. La vocation première de FCE est d’inciter la prise de responsabilité des femmes dans les mandats patronaux. Nous sommes aussi engagées dans la féminisation des organes de gouvernance des entreprises comme les conseils d’administration. C’est ce qui avait motivé Yvonne-Edmond Foinant à créér ce réseau en 1945. Depuis le 1er janvier 2017, une loi fixe un quota de 40 % des femmes dans les conseils d'administration des entreprises de plus de 500 salariés. Seules 40 % des entreprises sont en conformité avec la loi, seules 16 % pour celles qui sont non cotées. Les femmes n'étaient encore qu'à l'origine de 32 % des créations d'entreprises il y a quatre ans.