Nantes

Énergie

Farwind Energy veut produire du carburant vert à partir de navires hydro-éoliens

Par Caroline Scribe, le 01 octobre 2020

Produire du carburant renouvelable grâce à des navires propulsés par le vent et équipés d’une hydrolienne de grande puissance, tel est le projet porté par Farwind Energy. La start-up, née au sein de l’École Centrale de Nantes, a pour ambition de lancer un démonstrateur en 2024 après avoir levé 18 millions d’euros.

Farwind Energy veut produire de l'énergie renouvelable grâce à des navires drones hydro-éoliens.
Farwind Energy veut produire de l'énergie renouvelable grâce à des catamarans géants équipés d'une hydrolienne. — Photo : Farwind Energy

« On produit aujourd’hui seulement 5 % de carburant vert dans le monde. Si l’on veut atteindre l’objectif de 70 % en 2050, on ne peut pas miser uniquement sur les agrocarburants. D’où l’idée de développer une nouvelle filière à partir de la ressource éolienne en haute mer, en s’affranchissant des problématiques de raccordement et d’ancrage que suscite l’éolien flottant et posé », explique Arnaud Poitou. Le président de Farwind Energy est l’ancien directeur de l’École Centrale de Nantes, où la start-up est née des travaux de recherche d’Aurélien Babarit et Félix Gorintin, associés au projet.

Des flottilles de navires drones hydro-éoliens

Le concept de Farwind repose sur un navire, long d’une centaine de mètres et pesant 1 000 tonnes, propulsé par le vent grâce à des rotors de 35 mètres de haut. Une hydrolienne de grande puissance, installée sous le navire, transforme la vitesse de celui-ci en électricité pour une puissance d’environ 2 MW par bateau. Une centrale chimique embarquée convertit cette électricité en carburant renouvelable : méthanol, ammoniac (présenté comme le carburant du futur pour la marine) ou encore essence de synthèse, selon le procédé employé. À long terme, le carburant produit sera collecté, puis acheminé vers des ports pour y être vendu. Pendant une phase intermédiaire, l’électricité produite pourrait être stockée dans des batteries pour alimenter des territoires non raccordés, en particulier des îles comme la Corse, la Guadeloupe ou encore la Nouvelle-Calédonie. « Il s’agit d’une innovation de rupture qui cible plein de marchés potentiels. Celui des îles non raccordées pèse à lui seul 60 milliards d’euros. À plus long terme, notre technologie pourrait intéresser les énergéticiens souhaitant substituer des carburants renouvelables aux carburants d’origine fossile. Et puis, il y a une filière industrielle à créer autour de cette activité, notamment dans les Pays de la Loire. La construction de 50 bateaux de ce type par an fournirait du travail pour 5 000 personnes dans la navale », calcule Arnaud Poitou.

Lancement d’un démonstrateur en 2024

S’ils sont accompagnés par des navires de surveillance faisant également office de tankers, les " Farwinders " sont des drones, c’est-à-dire qu’ils sont dépourvus d’équipage, un atout au regard de la rentabilité du projet. De même, le développement d’un logiciel de routage doit leur permettre d’aller chercher le vent là où il est et d’atteindre un facteur de charge de l’ordre de 80 %. « Ce qui est 4 fois plus élevé que les éoliennes à terre et constitue un élément clé de la viabilité économique du projet », précise Arnaud Poitou. Pour l’heure, la jeune entreprise dispose, comme preuve de concept, d’un petit catamaran de 6 mètres voguant sur l’Erdre. L’objectif est de lancer la construction d’un démonstrateur à l’échelle 1 en 2022 pour une mise à l’eau en 2024. Pour la financer, Farwind Energy doit rassembler 18 millions d’euros provenant pour moitié d’une levée de fonds, pour moitié d’aides et de programmes de recherche publics.

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