Eurial : Le Nantais va fusionner avec la branche lait d'Agrial

Par Stéphane Vandangeon, le 01 février 2013

Eurial et la branche lait d'Agrial amorcent un rapprochement qui doit déboucher dans deux ans sur une fusion. Le nouvel ensemble sera le sixième acteur français du lait. Il doit permettre aux deux entreprises de faire face à la disparition des quotas laitiers.

Le Journal des Entreprises, l'économie en régions — Photo : Le Journal des Entreprises

Après des fiançailles ratées dans le Poitou, Eurial devrait finalement trouver sa moitié en Normandie. Le groupe coopératif nantais (1.900 salariés, 900M€ de chiffre d'affaires) vient en effet d'annoncer son projet de fusion avec la branche lait de la coopérative caennaise Agrial (1.700 salariés, 920M€ de chiffre d'affaires). Le nouvel ensemble, qui s'appellera Eurial et dont le siège social sera basé à Nantes, transformera près de deux milliards de litres de lait au sein de dix-neuf usines situées en France et à l'étranger. Il donnera naissance au sixième acteur français du lait, derrière Sodiaal, Bongrain, Danone, Bel et l'intouchable Lactalis (15milliards d'euros de chiffre d'affaires), leader mondial des produits laitiers.

Course à la taille

Pour Olivier Prételat, directeur général d'Eurial, ce projet de fusion est « une grande nouvelle ». Il est vrai qu'Eurial cherchait depuis plusieurs années à s'allier à d'autres coopératives de l'Ouest, à un moment où le secteur se concentre. Il y a trois ans, le groupe nantais était même à deux doigts de fusionner avec Le Glac (devenue depuis Terra Lacta), la coopérative de Charente-Maritime ayant ensuite préféré se rapprocher de Bongrain. La raison de cette longue recherche d'alliance ? « Nous n'avions pas la taille critique, ni l'un, ni l'autre. À moyen terme, cela aurait pu être préjudiciable. Là, nous sommes en train d'acquérir une taille qui nous permet d'envisager le moyen terme », explique Ludovic Spiers, directeur général d'Agrial.

Fin des quotas

Le moyen terme, c'est 2015 et la disparition des quotas laitiers. Les dirigeants d'Agrial et d'Eurial anticipent ainsi une hausse de la production laitière de leurs 5.200 éleveurs adhérents. Rien que chez Eurial, on table sur 120millions de litres de lait supplémentaires à l'horizon 2020, ce qui représente 12 % des volumes actuels du Nantais. Pour écouler cette nouvelle production, « il faut des groupes puissants », assure Jean-Luc Rabillard, président d'Eurial. Avec la fin des quotas, « beaucoup de responsabilités vont être prises dans les entreprises. Donc plus elles seront fortes, plus elles auront les moyens de valoriser les produits de leurs exploitants », poursuit Ludovic Spiers. Cette valorisation passera notamment par l'international, où « la constitution d'une classe moyenne qui a du pouvoir d'achat dans des pays comme la Chine, l'Inde et le Brésil crée un appel d'air », renchérit Olivier Prételat. Eurial réalise d'ores et déjà 23 % de son chiffre d'affaires en dehors de l'Hexagone, en s'appuyant parfois sur des partenaires, comme Laïta, en Allemagne et en Grande-Bretagne, ou 3A en Espagne. Le Nantais composera également avec un plus jeune acteur sur les marchés laitiers internationaux. Coopérative généraliste connue pour ses légumes (marque Florette) et ses cidres (Loïc Raison), Agrial ne s'est en effet vraiment lancée dans la transformation de lait qu'avec des prises de participation au sein de Delice Lait (2011) et de Senagral (2012). De tailles similaires, situées sur des zones géographiques complémentaires, Eurial et Agrial vont asseoir leurs développements futurs autour de trois activités : le fromage de chèvre, une des forces du Nantais avec sa marque Soignon ; les produits laitiers ultra-frais, secteur sur lequel Agrial revendique le quatrième rang français par le biais de Senagral ; les fromages ingrédients, notamment la mozzarella qu'Eurial exporte aux quatre coins du monde depuis Herbignac.

Fusion dans deux ans

Le rapprochement entre les deux entreprises agroalimentaires va d'abord prendre la forme d'un échange de participations. Eurial va entrer à hauteur de 30 % au capital de Filae, la holding lait d'Agrial. Agrial Entreprise en fera de même au sein du groupe coopératif nantais. Dans deux ans, cette alliance capitalistique doit véritablement déboucher sur une fusion. Nécessitant l'aval de l'Autorité de la concurrence, l'opération « n'aura aucun impact sur le plan social », assure Olivier Prételat.

Eurial

(Nantes) Dg : Olivier Prételat 1.900 salariés 900M€ de CA 02 40 68 18 18

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