Vendée

Agroalimentaire

En Vendée, France Naissain se passe  du CV pour recruter

Par Cyril Raineau, le 24 septembre 2021

Dans un département au faible taux de chômage, la Vendée, et œuvrant dans un domaine méconnu, la production de naissains d’huîtres, la PME France Naissain se réinvente pour enrichir ses effectifs. Dernière illustration en date, l’utilisation de la méthode de recrutement par simulation.

Première étape pour les candidats avant les exercices, la visite de France Naissain à Bouin en Vendée.
Première étape pour les candidats avant les exercices, la visite de France Naissain à Bouin en Vendée. — Photo : France Naissain

On a beau être leader mondial dans son secteur, la problématique du recrutement n’en est pas moins prégnante. France Naissain élève chaque année 1, 2 milliards de naissains d’huître depuis son site qui est aussi son siège social à Bouin, sur la côte vendéenne, tout comme en Normandie et sur l’île de Jersey. Pour parvenir à étoffer ses effectifs, la PME de 115 salariés et au chiffre d’affaires avoisinant les 12 millions d’euros, puise depuis trois ans autant des idées auprès d’autres filières qu’elle réfléchit à une stratégie propre.

Son premier écueil est un faible taux de chômage dans le département, 6,3 % au premier trimestre 2021. Un constat qui, conjugué à une méconnaissance et une certaine pénibilité des métiers proposés (effort physique, météo, horaires étalés…), rend le vivier de main-d’œuvre assez faible. En 2019, l’entreprise a fait appel à des réfugiés. "Une très belle aventure humaine mais que nous n’avons pu renouveler, étant confrontés à la problématique du logement et des frais de transport, les réfugiés étant logés à la Roche-sur-Yon", remarque Laurence Baillet, directrice générale de France Naissain.

D’abord une réunion collective

En 2020, nouvelle idée. L’entreprise a fait appel à méthode de recrutement par simulation. "En interne, nous avons un savoir-faire métier que nous sommes en capacité de transmettre, remarque la dirigeante. Ayant cette richesse, nous nous sommes dit que nous pouvions rechercher des gens qui disposent de savoir être et d’habilité". Autrement dit, le CV, les diplômes, l’expérience n’ont guère d’utilité. Trois séances de recrutement par simulation ont eu lieu depuis 2020, la dernière en date s’étant déroulée mi-septembre : 20 postes en CDD et CDI étaient à pourvoir dans cinq secteurs : écloserie, nurseries, parcs, prégrossi et la logistique. Illustration de la difficulté de l’entreprise à recruter : sur les quarante-deux candidats inscrits, vingt seulement se sont présentés à la séance de recrutement.

La première phase d’un processus qui s’étire sur un peu plus d’une semaine consiste en une réunion collective coorganisée avec Pôle Emploi. "Le choix a été de la faire sur notre site à Bouin, explique Laurence Baillet. Il est nécessaire que les candidats voient le site, qu’ils constatent l’ambiance qui se dégage de l’entreprise, qu’ils connaissent nos exigences, qu’ils voient dans quel milieu ils sont susceptibles d’évoluer. Car qu’il pleuve, qu’il vente, qu’il fasse froid, nous travaillons."

Quatre heures d’exercices

La deuxième étape consiste en des séances d’évaluation par des ateliers pratiques. S’étalant sur quatre heures, cette succession d’exercices a été construite en lien avec les managers de la PME. "Nous les avons étalonnées avec un panel de nos salariés, ce qui nous a permis d’établir un seuil de réussite". Opération de manutention, mise en situation, mais aussi question sur la règle de trois, la conversion en kg… "À travers ces exercices, nous mesurons le savoir être, la sociabilité, certaines capacités comme comprendre et respecter une consigne, la dextérité au niveau par exemple des épaules et poignets, le sens de l’observation…". La dernière phase du processus de recrutement consiste en un entretien classique de motivation.

À l’aune des trois session de recrutement par simulation effectuées depuis 2020 grâce auxquelles au moins 19 personnes ont été recrutées, la directrice de France Naissain est convaincue du bien-fondé du recours à la MRS. À ceci, une raison essentielle : "Nous sommes dans le concret". 

Première étape pour les candidats avant les exercices, la visite de France Naissain à Bouin en Vendée.
Première étape pour les candidats avant les exercices, la visite de France Naissain à Bouin en Vendée. — Photo : France Naissain

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