Eco Energy : Le spécialiste du solaire agricole lève 4M€

Par la rédaction, le 06 novembre 2009

La start-up Eco Energy connaît un emballement de son activité depuis qu'encouragée par un signe du destin, elle s'est positionnée sur le photovoltaïque agricole. Sa croissance est portée par une toute récente levée de fonds de 4M€. Par Sébastien Payonne
Le Journal des Entreprises, l'économie en régions — Photo : Le Journal des Entreprises

En levant 4M€ le mois dernier auprès de Naxicap Partners, Agregator Capital et Vatel Capital, Eco Energy, la start-up photovoltaïque orvaltaise d'Éric Lecoq, prouve qu'elle semble née sous une bonne étoile, la même qui lui avait déjà sourit il y a deux ans. Le coup de pouce prend alors la forme d'un petit module photovoltaïque, glissé par erreur dans le matériel de démonstration que Cédric Lecoq avait sollicité auprès d'un partenaire allemand pour équiper son stand lors de l'édition 2007 du Space, le salon agricole du grand Ouest. À l'époque, cet ingénieur en physique - alors également dirigeant actionnaire de la PME vitréenne Perrinel (courant fort, courant faible, chauffagisme, 45 salariés, 3M€ de CA) - s'intéresse bien au soleil, mais pas pour transformer son rayonnement en électricité. Eco Energy, la jeune pousse qu'il a créée en 2005 en parallèle de Perrinel, offre plutôt au monde agricole d'utiliser le solaire à des fins thermiques. Sa cible? Les éleveurs de veaux hors sol, à qui il propose de dégager des économies en chauffant grâce au soleil l'eau permettant de diluer la poudre de lait nécessaire à l'alimentation de leurs troupeaux. Autant dire que le module photovoltaïque incongru est relégué dans un coin du stand. Ce qui ne l'empêche pas d'être à l'origine d'une foule de questions, de nombreux agriculteurs souhaitant transformer la toiture des bâtiments en support de production électrique, revendue ensuite à EDF avec la perspective de tarifs de rachat attractifs.




Le déclic du Space 2007

«À la fin du salon, 80 visiteurs avaient formulé des projets identifiés dans le domaine photovoltaïque», se rappelle Éric Lecoq, qui décide alors de décortiquer le fonctionnement du photovoltaïque agricole. Tout y passe: spécificité des bâtiments et de leurs toitures fibro, dégradation et vieillissement des installations liés aux rejets des bêtes, sourcing, analyse de la chaîne de validation relative au financement d'un projet photovoltaïque... Un travail de trois mois qui se solde au début 2008 par une offre de conception et d'installation taillée pour le monde agricole. «À l'époque, le photovoltaïque agricole est à l'origine de pas mal d'échecs. Certains prestataires mettent la clef sous la porte après avoir encaissé des chèques d'acompte, les solutions proposées ne sont pas adaptées... les exploitants agricoles et leurs banquiers sont difficiles à convaincre», souligne Éric Lecoq. Pour contourner l'écueil et maximiser ses efforts commerciaux, l'entrepreneur choisit alors de concentrer son travail d'évangélisation auprès de prescripteurs de poids: les coopératives. Très vite, la Normande Agrial et la Bretonne Coopagri font de la jeune société leur partenaire exclusif. Et lui renvoient des projets qualifiés, viables et motivés, puisqu'Eco Energy a pris le soin de former les interlocuteurs du monde coopératifs aux problématiques de l'électricité solaire.




70M€ de CA en 2010

Très vite, l'activité s'emballe, comme en témoigne un CA passé de 93.000€ à 1,87M€ entre2007 et2008. Car les perspectives sont énormes. «Il n'est pas irraisonné de viser les 70M€ de CA consolidé en 2010», assure Éric Lecoq. Seul problème: ayant choisi pour rassurer ses clients d'être payée à la livraison des travaux, la start-up doit - envol oblige - faire face à d'importants besoins de fonds de roulement. Et recherche donc des financements extérieurs pour accompagner sa croissance, d'autant plus qu'Éric Lecoq souhaite développer l'activité - jusque-là limitée au grand Ouest - sur d'autres zones géographiques. L'an passé, l'entrepreneur se dégage donc de la gestion opérationnelle de Perinnel, dont il reste actionnaire, et crée La Compagnie du Soleil, une holding, à laquelle il associe Philippe Legorjus, ancien patron du GIGN devenu business angel et entrepreneur. C'est elle qui bénéficiera des 4M€ levés le mois passé et qui chapeautera quatre SAS filiales à 100%, dans l'Ouest, le Centre, le Sud et la Corse. De quoi porter les effectifs actuels à une cinquantaine de salariés (commerciaux, installateurs, bureau d'études,etc.). Ils étaient deux à l'origine. Preuve qu'on pousse plutôt bien sous les rayons du soleil.

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