Naval

Des paquebots au gaz naturel, une opportunité pour le terminal méthanier de Montoir-de-Bretagne

Par Amandine Dubiez, le 06 juin 2017

Le croisiériste MSC Croisières a confirmé la commande aux chantiers STX de quatre paquebots propulsés par gaz naturel liquéfié. De plus en plus de paquebots et simples bateaux se convertissent au GNL. Une opportunité pour le terminal méthanier de Montoir-de-Bretagne.

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Le Journal des Entreprises — Photo : Le Journal des Entreprises

Le croisiériste italo-suisse a confirmé la nouvelle, par la voix d’Emmanuel Macron ce mercredi 31 mai. MSC Croisières commande aux chantiers navals de Saint-Nazaire quatre paquebots World Class qui fonctionneront au gaz naturel liquéfié. Ils seront livrables entre 2022 et 2026. MSC n’est pas le seul croisiériste à virer de bord vers le GNL. C’est aussi le cas de Costa Croisières.

Du remorqueur aux navires de plaisance, tous les bateaux commencent à s’y mettre

La raison est avant tout économique : les cours peu élevés du GNL encouragent la conversion de flottes de bateaux à ce carburant plus vertueux. Ce choix permet aussi de répondre au renforcement de la règlementation sur les émissions polluantes, le GNL ne rejette pas d’azote et d’oxydes de soufre et beaucoup moins de C02. Ce changement de mode de carburant pourra être une opportunité pour le terminal méthanier de Montoir-de-Bretagne. « Beaucoup de bateaux envisagent de fonctionner au gaz naturel. Il faudra les approvisionner, créer des stations GNL, voire même un micro-méthanier. Nous sommes en train de réfléchir à la question, mais rien ne sera concret avant 2020 », explique Jean-Michel Maillet, directeur général du site gazier.

En 2018, des immenses brises-glace venus de Sibérie

Pour l’heure, le terminal méthanier a d’autres urgences à gérer. Il doit se préparer à accueillir les maxi méthaniers russes, des brises-glace venus du nord de la Sibérie, remplis de gaz naturel liquéfié. Elengy, gestionnaire du site, a en effet signé un contrat avec l’opérateur russe Novatek gas& power jusqu’en 2035 au moins. Ces immenses méthaniers de 315 mètres de long ne devraient accoster que 24h à Montoir-de-Bretagne, le temps de transborder le gaz naturel liquéfié sur d’autres méthaniers plus flexibles. Pour raccourcir au maximum le temps de transbordement et accueillir dans les meilleures conditions ces brise-glaces russes, Elengy investit encore cette année sur son site ligérien. « On a rénové l’appointement, changer la taille des tuyaux pour accueillir des méthaniers très lourds », détaille Jean-Michel Maillet.

Dépendant du bon vouloir des navires méthaniers, le terminal a soigné son accueil et son image pour rester attractif face à la trentaine de terminaux méthaniers concurrents qui existent en Europe. « Nous sommes devenus un hub du GNL », résume Jean-Michel Maillet. Elengy a investi, de 2008 à 2013, 165 millions d’euros pour rénover le terminal afin d’accueillir à la fois les méthaniers mais aussi de décharger sur les camions citernes, de recharger et même de transborder le chargement entre méthaniers. « Nous avons été les premiers au monde à le faire en 2013 », se souvient Jean Michel Maillet. C’est cette innovation qui a attiré le regard des Russes et fait retrouver le sourire aux gérants du site.
« En 2011 et 2012, nous étions dans le creux de la vague, avec seulement 20 méthaniers accueillis », se rappelle le directeur général du site. L’année dernière le terminal en a accueilli 37. Et bientôt peut-être plus de 50 en 2018 grâce au contrat russe. En 2016, le site gazier a chargé plus de 1.700 camions-citernes soit 40% de plus qu’en 2015. « On devrait atteindre les 2.000 camions en 2017 », prédit Jean Michel Maillet. Le site gazier livre dans tout le grand ouest, du Poitou-Charente à la Normandie.

Elengy, à Montoir-de-Bretagne, emploie une centaine de personnes. La filiale d’ENGIE réalise au total un chiffre d’affaires de 322 millions d’euros en 2016 pour l’ensemble des 3 terminaux méthaniers qu’elle exploite (Montoir-de-Bretagne sur la façade atlantique, Fos Tonkin et Fos Cavaou sur la façade méditerranéenne) dans le cadre des contrats régulés.

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