Loire-Atlantique

Distribution

Coronavirus : masques, gel hydroalcoolique, thermomètres... chez Girod Medical, les commandes explosent

Par Amandine Dubiez, le 05 mars 2020

La PME Girod Medical, basée à Carquefou, près de Nantes, recense 9 000 commandes en attente de flacons de gel hydroalcoolique, de masques de protection et de thermomètres sans contact. Si elle parvient à honorer toutes les commandes, elle verra son chiffre d’affaires passer de 4 à 16 millions d’euros.

La future usine aura une capacité de production de 45 millions de masques FFP2 (photo) et chirurgicaux par an.
Les stocks de masques de protection respiratoire de type FFP2 de la PME nantaise Girod Medical sont réquisitionnés jusqu’au 31 mai. — Photo : Stefano Ferrario - Pixabay - CC0

Cela a commencé par des commandes inhabituelles le 23 janvier. C’est précisément le jour où la ville chinoise de Wuhan, épicentre de l’épidémie de coronavirus, et 12 autres grandes villes du pays, ont été mises en quarantaine. « On recevait des dizaines de commandes de 500 boîtes de 50 masques, beaucoup en provenance du quartier chinois de Paris », indique Étienne Labiche, gérant de Girod Medical, une PME de neuf salariés basée à Carquefou, près de Nantes. Des commandes venant de particuliers, ce qui est plutôt inhabituel pour cette entreprise qui vend ses 70 000 références en matériel médical essentiellement aux professionnels (300 000 clients en France et en Europe).

Depuis la mi-février, Girod Medical a épuisé tout son stock de masques de protection. Émanant des entreprises, mais aussi des mutuelles, de Paris à Hong Kong, les commandes de masques, de thermomètres sans contact et de gel hydroalcoolique s’accumulent. « Nous avons 9 000 commandes en attente, soit sept fois plus que d’habitude », indique le gérant de la PME. Si les commandes sont d’habitude expédiées en 24 heures, le site web de Girod Medical annonce en ce moment des délais de livraison de 15 à 30 jours selon les produits.

Des stocks de masques réquisitionnés par le gouvernement

Concernant les masques, Girod Medical a même interdiction d’en vendre depuis le 4 mars et la publication du décret sur la réquisition des stocks de masques de protection respiratoire de type FFP2 jusqu’au 31 mai. « Je n’ai plus le droit de recevoir de nouvelles commandes », s’inquiète Étienne Labiche. « 98 % des fabricants de masques sont chinois. Tous les fournisseurs européens ont été dévalisés. Aujourd’hui, il existe un marché de ventes de masque parallèle où les prix sont multipliés par 40 », constate le dirigeant. Le prix des gels hydroalcooliques, lui, ne s’envole pas. « On en reçoit mais au compte-gouttes. Ce matin, j’aurais dû recevoir une palette de 3 000 unités et je n’en ai reçu que 40 », constate-t-il.

Théoriquement, si les 9 000 commandes sont honorées, le chiffre d’affaires de Girod Medical pourrait passer de 4 millions d’euros actuellement à 16 millions d'euros. « En 2010, au moment de la grippe H1N1, notre chiffre d’affaires était passé de 1 à 11 millions d’euros », se souvient Étienne Labiche. La PME a donc l’habitude de gérer ce genre de rush. « Tout est automatisé, nous sommes donc préparés à une montée en charge des infrastructures », indique le gérant.

La future usine aura une capacité de production de 45 millions de masques FFP2 (photo) et chirurgicaux par an.
Les stocks de masques de protection respiratoire de type FFP2 de la PME nantaise Girod Medical sont réquisitionnés jusqu’au 31 mai. — Photo : Stefano Ferrario - Pixabay - CC0

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