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Interview Coronavirus : « Il ne faut pas croire qu'il suffit d'appuyer sur un bouton pour déployer le télétravail »

Entretien avec Philippe Saurel, président d'EWD Group, et Emmanuel Derrien, fondateur d'Enjoy Your Business

Propos recueillis par Caroline Scribe - 19 mars 2020

Avec l'épidémie de coronavirus, le groupe EWD (32 collaborateurs, 4,1 M€ de CA), basé dans l'agglomération nantaise et spécialisé dans la collaboration en entreprise et la relation client, a multiplié le déploiement de solutions de travail à distance chez ses clients. Une organisation pas toujours simple à mettre en oeuvre pour les entreprises néophytes en la matière. L'occasion pour Philippe Saurel, président d'EWD Group, et pour Emmanuel Derrien, fondateur d'Enjoy Your Business (une filiale d'EWD), de rappeler quelques bonnes pratiques.

Philippe Saurel, président d'EWD Group.
Philippe Saurel, président d'EWD Group. — Photo : William Jezequel

Avez-vous constaté une augmentation du télétravail en lien avec l’épidémie de Covid-19 ?

Philippe Saurel : Oui, complètement. Jusqu’ici beaucoup d’employeurs étaient réticents vis-à-vis du travail à distance, par manque de confiance envers leurs salariés, crainte d’un manque d’assiduité… Mais, avec l’épidémie de coronavirus, les entreprises ont brutalement été confrontées à la problématique d’assurer la continuité de services. Et pour un certain nombre d’entre elles, cela passe par des solutions de télétravail. Sur les dix derniers jours, nous avons multiplié par cinq le volume d’audioconférences mises en place pour nos clients et créé plusieurs milliers d’accès en visioconférences. Cette crise majeure précipite beaucoup d’entreprises dans un mode de travail qu’elles n’avaient pas anticipé. Or, cela peut être compliqué de découvrir le télétravail dans l’urgence, car il y a quelques bonnes pratiques à respecter.

Justement quels sont les bons usages du télétravail ?

Emmanuel Derrien, fondateur d'Enjoy Your Business (EWD Group).
Emmanuel Derrien, fondateur d'Enjoy Your Business (EWD Group). - Photo : EWD Group

Emmanuel Derrien : Il ne faut pas croire qu’il suffit d’appuyer sur un bouton pour déployer le télétravail. Le premier pilier du travail à distance, c’est l’organisation. Il faut que les personnes en télétravail aient la capacité de gérer les priorités et de savoir les exécuter. Cela signifie savoir quoi faire de leurs journées et s’y tenir. Pour cela, il est utile d’avoir des rituels, comme en entreprise. La seconde chose importante, c’est de maintenir la relation à l’autre et animer le travail à distance. À titre d’exemple, au sein du groupe EWD, nous faisons en sorte d’avoir au moins un échange visuel par jour avec chaque collaborateur en télétravail, c’est-à-dire l’ensemble de nos salariés depuis le début de la semaine. Ce travail relationnel est essentiel, sous peine de voir s’instaurer un malentendu entre le dirigeant qui se dit qu’il a mis des outils de télétravail à la disposition de ses salariés et donc que cela va fonctionner, et des collaborateurs en souffrance par manque d’accompagnement. L’acculturation au travail à distance ne vient pas du jour au lendemain.

Quels outils les entreprises peuvent-elles utiliser pour maintenir ce lien ?

Philippe Saurel : Une fois que l’on a compris que le travail à distance, ce n’est pas d’abord la technique, le digital permet beaucoup de choses. Il existe deux sortes d’outils. Les premiers permettent aux télétravailleurs de continuer à échanger entre eux, de créer du lien : chat, conférences audio à plusieurs, vidéoconférences… La possibilité de se voir, autorisée par le haut débit, est intéressante pour préserver le lien au sein de l’entreprise. Voir des visages, des sourires, cela permet de détecter si un collaborateur ne va pas bien. Ce n’est pas toujours le cas d’un appel téléphonique et encore moins d’un échange de mails. Les autres outils sont des outils collaboratifs, dédiés à la gestion de projet. Ils permettent de structurer le travail à distance. Il en existe des centaines. Il faut prendre les bons sans se perdre dans la technique et sans oublier que le télétravail, cela s’organise et cela s’anime.

Philippe Saurel, président d'EWD Group.
Philippe Saurel, président d'EWD Group. — Photo : William Jezequel

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