Loire-Atlantique

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Comment Soloc est devenu un des leaders européens du matériel de travaux publics

Par Amandine Dubiez, le 28 février 2019

L’entreprise de Vigneux-de-Bretagne qui loue des raboteuses pour l’entretien des routes a racheté cinq concurrents en deux ans, devenant ainsi leader européen sur son secteur. La PME devenue une ETI de plus de 500 salariés se réorganise pour assumer sa position de n° 1.

Soloc compte 270 raboteuses de ce type, soit deux fois plus que le n°2 français.
Soloc compte 270 raboteuses de ce type, soit deux fois plus que le n°2 français. — Photo : Soloc Rabotage

Cinq rachats en deux ans, c’est le plan de route que s’était fixé Soloc. En 2018, le loueur de fraiseuses routières, ces machines qui enlèvent l’enrobé des routes, en a même repris deux : le n° 5 français Technovia près de Paris, (7 M€ de CA, 50 salariés) en mars et Objectif (25 personnes, 4 M€ de CA) à Lyon en décembre 2018.

Sur le secteur du rabotage, les parts de marché s’évaluent en fonction du nombre de fraiseuses routières. Plus de raboteuses, c’est plus d’interventions et plus de chiffre d'affaires. C’est ce qui fait de Soloc le leader européen sur ce marché avec 270 machines. Elle les loue aux grandes entreprises des travaux publics. « C’est un métier très saisonnier et aléatoire. Nous n’avons pas vraiment de carnet de commandes », explique Michel Chauvet, président de Soloc. L'entreprise de Vigneux-de-Bretagne est aussi très dépendante des politiques qui décident de l’entretien des routes.

Réorganisation en interne

C’est pour sortir de cette dépendance que Soloc commence à tracer sa route à l’export. En 2017, elle a racheté le leader du marché espagnol, et repris aussi un concurrent belge, devenant ainsi le n°1 du rabotage en Europe. Et Soloc, aussi présente en Roumanie depuis 10 ans, ne compte pas ralentir la cadence. Michel Chauvet reste donc à l’affût des opportunités de reprise.

Parallèlement, la PME, devenue en quelques mois une ETI de 550 salariés, doit assumer sa position de n°1. « C’est au leader d’être la référence sur le marché, c’est ce que l’on va faire en 2019 en consolidant le bateau », explique Michel Chauvet. Soloc vise les 85 M€ de CA, après 80 M€ en 2018, en croissance de 19 % en un an.

« Consolider » passera par une nouvelle organisation en interne. Le président a nommé un directeur général, Cyrille Rose, et un directeur commercial France, Bruno Decant, pour l’aider à gérer les agences, elles-mêmes réorganisées depuis deux ans. « Avec tous les rachats, il faut harmoniser les procédés », constate celui qui compte 22 ans d’ancienneté chez Soloc, dont 12 en tant qu’actionnaire aux côtés de cinq autres investisseurs d’Orléans.

Création d’un syndicat et d’une école

Le recrutement est une question de survie pour Soloc, qui doit former de A à Z ses employés. À force d’écumer Pôle Emploi, Le Bon Coin et de miser sur le bouche-à-oreille, l'entreprise s’est donc organisée pour monter sa propre école. Soloc a créé il y a cinq ans, un syndicat avec ses concurrents, l’Agence Française du Fraisage Routier. Ensemble, ils ont investi pour lancer en février 2018 un certificat de qualification professionnelle (CQP) « conducteur de fraiseuse routière ». Une dizaine de personnes y sont formées. Pas encore assez pour répondre aux besoins. « Nous recrutons entre 40 et 50 personnes par an, mais du fait des départs, il n'en reste qu'une quinzaine à la fin de l’année », constate le dirigeant de Soloc.

Un turn-over qui s’explique par l’exigence de ce métier méconnu. L'activité demande de la réactivité pour répondre aux commandes de dernière minute. Sur le terrain, les raboteurs sont aussi les premiers ambassadeurs de Soloc. Chaque nouvelle recrue passe ainsi trois semaines au siège de l’entreprise pour bien y intégrer les valeurs de la maison.

Soloc compte 270 raboteuses de ce type, soit deux fois plus que le n°2 français.
Soloc compte 270 raboteuses de ce type, soit deux fois plus que le n°2 français. — Photo : Soloc Rabotage