Loire-Atlantique

Industrie

Comment Sercel se diversifie avec son accélérateur de start-up

Par Amandine Dubiez, le 19 décembre 2017

Impacté de plein fouet par la baisse du prix du pétrole, l’équipementier Sercel, tente de se diversifier en ouvrant ses compétences et technologies aux start-up. Objectif : accompagner 20 entreprises par an avec l'accélérateur industriel Axandus, et pourquoi pas co-construire quelques projets. 

Photo : Axandus

« Pour nous, c’est un changement de mentalité, il a fallu l’expliquer aux équipes », explique Jean-Cédric Prouvost, vice-président de Sercel. Depuis septembre, 5 salariés de l'ETI de Carquefou travaillent à temps plein pour de jeunes entreprises. Sercel a lancé dans ses locaux Axandus, l’accélérateur industriel dont le concept est né au sein du groupe EFI Automobile dans l’Ain il y a 3 ans.  

Un chiffre d'affaires qui a chuté de 75% en 3 ans

Ouvrir ses portes aux start-up, c’est une révolution pour l’industriel. Jusqu’ici, la filiale équipement du groupe de recherche pétrolière CGG, s’était plutôt repliée sur elle-même, subissant de plein fouet la baisse du prix du brut. Le spécialiste de la mécatronique en milieu hostile, qui fabrique des équipements pour l’imagerie du sous-sol, a vu son chiffre d’affaires dégringoler de 1 milliard de dollars en 2013 à 255 M$ en 2016. Résultat : une soixantaine de suppressions de postes sur un effectif de 470 collaborateurs à Carquefou, le siège France de l’ETI qui emploie 1 500 personnes dans le monde dont 700 en France. 

Une offre encore rare

Pour se relever, les dirigeants de Sercel sont allés voir ailleurs. « On avait des savoir-faire que l’on voulait partager. On a benchmarké et on a vu que l’offre était encore rare », se rappelle Jean-Cédric Prouvost, le vice-président de Sercel en charge de la stratégie et de la diversification. Il contacte alors Jean-Baptiste Yvon, directeur Business Dévelopement Corporate chez EFI Automobiles, un groupe de 1 600 salariés qui réalise 220 millions d’euros de CA, qui, après une période difficile, a ouvert ses locaux et lancé il y a 3 ans un accélérateur industriel. Depuis, Axandus a accompagné une quarantaine de start-up. 

Objectif : accompagner 20 entreprises par an

A Nantes, le principe est le même qu’à Lyon : Axandus ouvre aux start-up toute la palette de technologies de Sercel, du microsystème électromécanique (MEMS) au camion vibrateur. Il accompagne des projets en phase d’amorçage et d’industrialisation. Sercel se laisse aussi la possibilité de co-construire une entreprise avec l’un des candidats. Le but est de réaliser un million d’euros de chiffre d’affaires d’ici à 3 ans en accompagnant une vingtaine d’entreprises par an. Pour l’heure, trois projets sont intégrés.

Des capteurs, des drones sous marins et des bornes de recharges électriques

D’abord Weenat, la start-up hébergée au Village by CA qui développe des capteurs connectés pour les agriculteurs. Sercel accueille aussi les équipes de All in factory, start-up de la région parisienne créée en 2017 qui a conçu un système de réservation à distance de bornes de recharges pour les véhicules électriques. Enfin, l’industriel accompagne les équipes lyonnaises de Notilo Plus pour le lancement commercial de leur drone sous-marin en 2018.  

Une aide pour fiabiliser les produits

 « On cible des entreprises qui ont déjà une preuve de concept. On les aide soit en amorçage soit dans la phase industrielle. Il faut qu’elles aient au minimum besoin de 1 000 unités par an. On offre une expertise de la conception à l’industrialisation en passant par le prototypage. On peut les aider à réduire le coût, à fiabiliser le produit », précise Thierry Roger, responsable d'Axandus au sein de Sercel. 

Remobiliser en interne

Cet accueil de nouveaux projets a aussi pour but de remobiliser en interne des collaborateurs qui sortent à peine d’une période difficile. « Les équipes sont fières, on en retire beaucoup de satisfaction », souligne Thierry Roger. Concernant les résultats, l’ETI préfère rester prudente pour l’avenir. « On a stabilisé le chiffre d’affaires et on a passé le plus dur », commente simplement Jean-Cédric Prouvost.

Photo : Axandus

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