Vendée

Services

Codes Rousseau accélère sur le numérique

Par Cyril Raineau, le 17 novembre 2020

Application améliorée pour suivre à distance les cours du code de la route, nouvelle technologie pour le réviser en utilisant les assistants vocaux, simulateur de conduite perfectionné : la PME vendéenne Codes Rousseau est passée à la vitesse supérieure en 2020.

Les Codes Rousseau ont développé une application pour suivre à distance à plusieurs les leçons du code de la route.
Codes Rousseau a développé une application pour suivre à distance à plusieurs les leçons du code de la route. — Photo : Codes Rousseau

Suivre l’évolution de Codes Rousseau, c’est un peu comme donner un coup d’œil dans le rétro pour se souvenir des avancées technologiques au fil des années. La société d’édition spécialisée dans la sécurité routière située aux Sables D’Olonne (92 salariés, 13,8 M€ de CA en 2019) née voici plus de 80 ans, est bien évidemment fidèle au papier, et ses fameux livres pour apprendre et réviser le code de la route sont toujours d’actualité. Mais l’éditeur a dû s’adapter aux évolutions des modes d’apprentissage.

La diapositive est arrivée dans les années 70, la VHS lui a succédé dans les années 80, dépassée par le Cd-Rom, puis le DVD. Avant que les Codes Rousseau ne prennent le virage du numérique voici une dizaine d’années. « Notre produit de code en ligne a été lancé en 2009, se souvient le président Michel Goepp, il permettait de réviser sur le Net  en complément de l'entraînement à l'auto-école. » À l’époque, ces dernières voyaient cette innovation d’un œil plutôt défavorable. Avant d’être convaincues que « ça n’empêchait pas les élèves d’aller suivre des cours sur place pour recevoir des conseils, les auto-écoles se sont rendu compte que l’enseignement en ligne était un complément au leur ».

Le premier confinement a été l’occasion de donner un coup d’accélérateur. Depuis 6 ans, l’éditeur a lancé une application baptisée My Rousseau, laquelle a évolué en 2020 pour intégrer une solution de visio-conférence. Elle permet aux auto-écoles de mettre en place des classes virtuelles, les formateurs assurant les cours à distance. « Ce que nous avons développé pendant le confinement, poursuit le président, est un moyen de diffuser les cours par le biais de dispositifs de réunion à distance telle que Zoom ou JITSI. » Ainsi, plusieurs élèves suivent en même temps un cours depuis leur domicile. « Cet outil est parti pour durer au-delà du nouveau confinement, estime Michel Goepp. Une salle de code n’est pas forcément très grande et des élèves n’ont pas toujours le temps de se déplacer. Désormais, il est possible de constituer des classes de 30-40 élèves et les auto-écoles ont l’opportunité de conserver le contact avec ces élèves sans les obliger à venir en salle ».

Autre nouveauté développée en 2020, « toujours dans l’idée de s’adapter aux évolutions des technologies et des modes d’apprentissage », une application vocale pour réviser le code fonctionnant avec les assistants vocaux Alexa d’Amazon et Google Assistant. L’application est effective depuis juillet.

Un nouveau simulateur de conduite

Les adaptations sur le numérique vont de pair avec une autre évolution, celle du simulateur de conduite. Oscar 1 a été lancé en 2014. Il a évolué pour devenir Oscar 2, plus performant. L’élève se retrouve assis comme s’il était dans une voiture et l’image 3D est générée de manière aléatoire au fur et à mesure de sa conduite. « Les simulateurs permettent d’optimiser les marges des auto-écoles, remarque Michel Goepp. Une leçon y revient à moins chère qu’une heure de conduite. Par ailleurs, c’est un outil très utile dans les grandes agglomérations où il est compliqué durant les premières heures de conduite de trouver des lieux calmes pour apprendre les techniques de base. Enfin, un simulateur n’émet pas de CO2. » Entre septembre date du lancement et décembre, 70 se sont vendus.

Michel Goepp, PDG de Codes Rousseau.
Michel Goepp, PDG de Codes Rousseau. - Photo : Codes Rousseau

Une satisfaction pour la PME. Et pourtant, 2020 pour les auto-écoles et par ricochet pour Codes Rousseau n’a rien d’une ligne droite. « Les auto-écoles étant fermées du 15 mars au 11 mai, nous avons eu deux mois sans activité, se souvient le dirigeant et nous étions inquiets. Mais dès la reprise, le marché a été particulièrement fort, au point que fin octobre, nous étions un peu en avance sur notre tableau de marche. »

Reste que « ce reconfinement obscurcit la reprise d'activité », poursuit Michel Goepp pointant « une incohérence. » : « Les auto-écoles sont fermées mais il est possible de passer son examen. La première semaine, très bien, mais au bout de la deuxième, les auto-écoles ne vont pas présenter de candidat… Qui va vouloir passer son permis sans avoir pris de leçon depuis deux semaines ? Cette décision a été prise par des gens qui sont éloignés de la réalité du terrain ».

Cette incertitude sur le chiffre d’affaires de 2020 due au reconfinement ne remet nullement en cause le déménagement de l’entreprise « prévu de longue date pour des raisons pratiques, notre site actuel n’étant plus vraiment adapté à notre activité. » Pour un montant que les Codes Rousseau ne souhaitent pas encore divulguer, la PME érigera un nouveau bâtiment qu’elle occupera fin 2022 ou début 2023 sur la zone Numerimer d’Olonne-sur-Mer. « Car ici, sont regroupées des entreprises du monde numérique, une nouvelle école d’ingénieurs en informatique s’y ouvre… Il sera par conséquent bénéfique que note équipe de développement soit baignée dans ce milieu digital. »

Les Codes Rousseau ont développé une application pour suivre à distance à plusieurs les leçons du code de la route.
Codes Rousseau a développé une application pour suivre à distance à plusieurs les leçons du code de la route. — Photo : Codes Rousseau

Poursuivez votre lecture

-30% sur l’offre premium

Abonnez-vous Recevez le magazine imprimé
tous les mois

Voir les offres d'abonnement

Newsletter

Inscrivez-vous pour recevoir la version gratuite de nos newsletters dans votre boîte mail