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Code Rousseau veut sauver les auto-écoles

Par Adrien Borga, le 05 mars 2018

Face aux start-up qui veulent dépoussiérer le modèle économique de l'apprentissage du code de la route et de la conduite, Code Rousseau prépare pour septembre 2018 un plan de digitalisation pour aider les auto-écoles à reprendre la main sur un secteur en voie d'uberisation.

Michel Goepp veut faire prendre le virage du numérique aux autos-écoles. — Photo : Adrien Borga Le Journal des entreprises

« Soit nous réagissions, soit nous mourrions lentement. Le marché à trop bougé pour qu'on ne réagisse pas. » Le constat de Michel Goepp, président de Code Rousseau, est lucide. Il sait que s'il ne fait rien face aux nouveaux acteurs numériques comme En voiture Simone, Ornikar ou encore Permigo, qui représentent déjà 10% du marché, le fossé sera un jour insurmontable pour les auto-écoles. Code Rousseau en souffrirait aussi, lui qui vend à 8 500 d'entre-elles, soit la moitié du secteur, ses fameux manuels papiers et numériques (DVD et Internet) pour apprendre le Code de la route. La PME de 87 salariés réalise avec elles 75% de son chiffre d'affaires. Il s'élève à 13,2 M€ en 2017 et 14 M€ en 2016. Pour les auto-écoles, comme pour Code Rousseau, les facteurs d'inquiétudes ne manquent pas : des start-up qui cassent les prix pour les cours de code, mais aussi de conduite avec des moniteurs indépendants, la libéralisation des centres d'examens ou encore la dématérialisation de la demande de permis.

Des solutions digitales clé en main

Mais la PME de Château-d'Olonne a un plan de route pour leur faire prendre un nouveau départ. Elle travaille à la mise en place d'un outil de digitalisation appelé Club Rousseau qui fonctionnera sur le mode du partenariat sous forme d'abonnement. Il sera lancé en septembre 2018. « De fournisseur, nous passons à partenaire des auto-écoles. Nous allons tenter de leur redonner du flux. Nous sommes légitimes à faire ça grâce à notre notoriété, notre expérience et notre capacité d'investissement. Pour ce projet nous investissons 400 000 € dont 100 000 pour une étude préalable et 300 000 pour la mise en place. Ce n'est pas si cher. Deux salariés ont été recrutés pour cette occasion », indique le président de Code Rousseau. En place depuis 1997, le patron ne semble pas inquiet. « Notre chiffre d'affaires de 2017 a baissé par rapport à celui de 2016, mais nous avons réalisé la même marge. Ce n'est pas quand on est directement confronté au problème qu'il faut réagir, mais avant. Nous sommes en capacité d'investir pour ce projet, donc nous le faisons.»

Rompre l'isolement des auto-écoles

En échange du prix de l'abonnement, les auto-écoles accéderont à des ressources et des services mis en place par Code Rousseau. La PME compte sur son savoir-faire et sa notoriété puisqu'elle forme déjà 380 000 candidats par an grâce à ses supports online qu'elle vend aux auto-écoles. Code Rousseau pilotera le service client, la communication, la veille juridique, et organisera même des réunions régionales pour que les patrons des auto-écoles soient moins isolés. Une vraie prise en charge pour ces dirigeants qui n'ont pas toujours les moyens d'assurer eux-mêmes ces services.

Le portail internet facilite aussi le parcours de leurs clients. Sur un même site, l'internaute peut faire ses cours de code en ligne puis s'inscrire naturellement pour la conduite dans l'auto-école partenaire la plus proche. C'est Code Rousseau qui se chargera d'encaisser et de rétrocéder les montants payés aux auto-écoles. « Nous assurons même un fonds de garantie pour les clients si l'auto-école venait à avoir des problèmes financiers. En échanges elles devront être transparentes sur les tarifs et sur les avis », annonce le dirigeant. Elles auront alors toutes les cartes en main, selon lui, pour faire caler les start-up. Elles qui peinent encore à trouver un modèle économique viable pour proposer à leurs clients des cours de conduite. 

Exploiter une faiblesse du modèle dématérialisé

En s'alliant avec les acteurs de terrain que sont les auto-écoles, Code Rousseau veut redonner de l'énergie à leurs patrons parfois dépassés par les changements réglementaires et des pratiques des clients. « Il en reste 8 000 indépendantes. Si elles ne bougent pas rapidement, elles sont condamnées », prédit Michel Goepp.

« Les auto-écoles ont vu leurs marges fondre. Elles n'ont jamais su justifier le prix de leurs services et le revaloriser. Aujourd'hui 100 000 élèves passent par les sites Internet. Si on peut en récupérer entre 20 000 et 30 000 ce sera une bonne chose. Soyons réalistes, on ne ramènera pas tous les élèves vers les auto-écoles. Mais on peut leur donner des armes pour que le combat soit moins inégal. Et si ça ne marche pas, nous essaierons de trouver une solution différente. »

Michel Goepp veut faire prendre le virage du numérique aux autos-écoles. — Photo : Adrien Borga Le Journal des entreprises

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