Loire-Atlantique

Agriculture

Cheminant invente la serre qui fait pousser les concombres en hiver

Par Amandine Dubiez, le 08 octobre 2019

Le maraîcher installé à Carquefou a créé une nouvelle serre capable de produire des concombres toute l’année. L’innovation permettrait de contrer la concurrence étrangère mais aussi d’augmenter l’activité de la PME familiale.

Dans la serre semi-fermée éclairée avec des leds, l’air est recyclé et sous pression afin de limiter l’entrée d’insectes ravageurs.
Dans la serre semi-fermée éclairée avec des leds, l’air est recyclé et sous pression afin de limiter l’entrée d’insectes ravageurs. — Photo : Groupe Cheminant

Un immense halo rose émerge au milieu de la zone d’activités de Carquefou, à côté du rond-point de la Belle-Étoile. C’est là que le groupe Cheminant (12,5 M€ de CA, 85 salariés) teste un tout nouveau concept de serre qui permettrait de produire des concombres toute l’année. L’enjeu pour la PME familiale qui produit 10 millions de concombres par an mais aussi 3 500 tonnes de tomates, est de contrer la concurrence espagnole qui alimente les rayons des grandes surfaces en hiver quand les exploitations françaises sont en veilleuse, faute d’avoir assez de lumière pour produire.

L’innovation double le rendement

C’est Antoine, le fils de Laurent Cheminant, fondateur de la PME, qui a eu l’idée de créer cette serre inédite pour laquelle il a remporté le premier prix régional de Jeunes Talents en Maraîchage. « J’ai eu l’idée lors de stages que j’ai réalisé à l’étranger pendant mes études », explique celui qui est devenu il y a 18 mois responsable de la production mais aussi associé aux côtés de son père et de sa sœur, après des études d’ingénieur agronome à l’ESA d’Angers. « Il s’agit d’un assemblage de technologies existantes : une serre semi-fermée où l’air est recyclé et sous pression afin de limiter l’entrée d’insectes ravageurs. Elle est éclairée avec des leds pour reproduire la lumière naturelle ». Le bilan, après un premier test cet hiver sur deux hectares, est très encourageant : la technologie permet de doubler le rendement habituel. « Avec une serre classique, nous produisons 130 à 140 concombres par mètre carré et par an, avec la serre high-tech, le rendement double à 300 concombres », constate Antoine Cheminant.

L’innovation pourrait bien faire décoller l’activité du maraîcher qui envisage avec ses nouvelles serres, de cultiver des nouvelles variétés de tomates en plein hiver et même de se lancer dans de nouvelles productions. « Aujourd’hui, nous exploitons 11 hectares de serres de concombres et tomates et nous disposons encore de 9 hectares pour nous agrandir », explique Antoine Cheminant. Il se donne cinq ans pour doubler la surface de production, avec le plus de nouvelles serres high-tech possibles.

Partage d’expérience chez Océane

« Il y a un enjeu stratégique derrière », explique le dirigeant. En lissant la production toute l’année, le but est aussi de contrer les difficultés de recrutement et de capter de la main d’œuvre de qualité. Car le métier de maraîcher demande de plus en plus de compétences techniques afin de produire sans aucun pesticide tout en recyclant les apports d’eau, comme le fait la PME de Carquefou depuis plusieurs années. Température, humidité, etc. : les maraîchers ont constamment les yeux rivés sur les écrans pour déchiffrer toutes les données qui proviennent des capteurs installés dans les serres. « Demain, la plante nous parlera grâce à des capteurs intégrés », prédit Antoine Cheminant.

En attendant, il partage ses innovations avec les 70 producteurs de la coopérative Oceane (180 M€ de CA). Antoine Cheminant est en effet entré au conseil d’administration du groupe de la Chevrolière il y a quelques mois. Ensemble, ces maraîchers réfléchissent actuellement à promouvoir leur production, locale et sans pesticide, auprès des consommateurs.

Dans la serre semi-fermée éclairée avec des leds, l’air est recyclé et sous pression afin de limiter l’entrée d’insectes ravageurs.
Dans la serre semi-fermée éclairée avec des leds, l’air est recyclé et sous pression afin de limiter l’entrée d’insectes ravageurs. — Photo : Groupe Cheminant

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