Nantes

Attractivité

Arbre aux hérons : des chefs d’entreprise veulent replanter le projet

Par Caroline Scribe, le 20 septembre 2022

Alors que la maire de Nantes Johanna Rolland a décidé de mettre un terme au projet touristique d’Arbre aux hérons, des chefs d’entreprise se mobilisent pour le relancer.

Le projet de l’Arbre aux hérons a été abandonné par la Maire de Nantes, Johanna Rolland.
Le projet de l’Arbre aux hérons a été abandonné par la Maire de Nantes, Johanna Rolland. — Photo : La Machine

La maire de Nantes et présidente de la Métropole Johanna Rolland a annoncé jeudi dernier, 15 septembre, qu’elle mettait un terme au projet de l’Arbre aux hérons. L’attraction - une structure métallique végétalisée géante -, qui devait ouvrir en 2027 carrière Misery, à Chantenay, s’inscrivait dans la ligne du Grand Éléphant et du Carrousel des Mondes Marins. Elle devait contribuer à l’attractivité de Nantes et à son rayonnement international. L’abandon du chantier est justifié par son budget, trop lourd à supporter par la collectivité, à un moment où d’autres priorités s’imposent dans l’actualité. D’un coût initial estimé à 35 millions d’euros, puis augmenté à 52 millions d’euros, le coût de l’Arbre aux hérons s’est alourdi en raison de la hausse du prix des matières premières et de l’obligation de procéder à des appels d’offres publics. "Cette augmentation considérable du coût du projet doit être regardée à l’aune des urgences écologiques et sociales, a justifié Johanna Rolland. Le choix que nous faisons est celui de la raison."

Absence de concertation

Un choix qui passe mal auprès des chefs d’entreprise engagés dans le projet. En effet, le financement du projet était réparti entre Nantes Métropole pour un tiers du financement, par les autres collectivités et l’État pour un deuxième tiers. Un fonds de dotation constitué d’entreprises et de particuliers devait apporter le dernier tiers. 45 entreprises (parmi lesquelles Maisons du monde, Mismo, Idéa, Wirquin, Maison Berjac, Cetih, Charier, Crédit Mutuel) avaient ainsi déjà contribué à hauteur de 3 millions d’euros au projet. "L’équipe du fonds de dotation et les mécènes regrettent infiniment que ce grand projet, audacieux, porteur d’avenir pour Nantes et qui permettait un positionnement international de notre ville, soit abandonné à ce stade. Et ce sans aucune discussion, concertation préalable ou recherche de solutions autour des nouveaux sujets de réglementation, économiques et budgétaires, invoqués par Johanna Rolland pour justifier sa décision", déplore ainsi, dans un communiqué, Carine Chesneau, présidente du Fonds de dotation Arbre aux Hérons et Jardin, qui s’inquiète, par ailleurs, des conséquences juridiques, financières et fiscales de cet abandon. Même condamnation de l’absence de concertation de la part d’Olivier Baret, dirigeant de la société SFCMM, qui a construit et assemblé les éléments de la branche prototype de l’Arbre aux Hérons il y a quatre ans. "Si je peux comprendre la décision politique, je trouve irrespectueux l’absence de concertation et déplore ce nouvel abandon d’un projet ambitieux pour Nantes", avance le dirigeant de la PME nantaise.

Relancer le projet ?

Le projet pourrait-il rebondir ? On y réfléchit et on se mobilise en ce sens dans le milieu entrepreneurial. "Ce projet est magnifique et sera à Nantes ce que la Tour Eiffel est à Paris. Réunion dans les prochains jours pour travailler à un modèle pour continuer le projet", annonce ainsi Yann Trichard, président de la CCI et président du groupe informatique Syd, qui propose aux chefs d’entreprise "motivés, intéressés, passionnés" de partager idées et contacts. "Malgré de nouveaux impôts et 9 % de hausse de la taxe foncière sur la Métropole, c’était probablement la seule décision raisonnable. Ce n’est pas à l’argent public de porter ces projets mais aux entreprises privées en coopération avec les territoires. Bref le XXIe siècle en synthèse. Nantes doit aller de l’avant…", écrit pour sa part Yoann Chouin-Joubert, président du groupe Réalités, dans un post sur LinkedIn. Le défi est à la hauteur des 35 mètres qu’aurait dû atteindre l’Arbre aux hérons.

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